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 Strauss Kahn et le "matériel" féminin

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Misfit Cat
Déesse parmi les déesses
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MessageSujet: Strauss Kahn et le "matériel" féminin   Mar 22 Mai - 19:49

Strauss Kahn et le "matériel" féminin

Libertin, Dominique Strauss Kahn ? Certainement pas, estime la philosophe italienne Michela Marzano : le contenu de ses SMS et les témoignages d'escort girls qu'il a fréquentées dans l'affaire du Carlton révèlent un homme brutal qui confond "chose" et "femme".

30.03.2012 | Michela Marzano | La Repubblica

Qui est vraiment Dominique Strauss-Kahn ? Après des mois de conjectures et d’interprétations, les premiers éléments objectifs pour comprendre l’anthropologie de cet homme font surface. À en croire les procès-verbaux de sa garde à vue, la conception que DSK se fait des rapports sexuels n’est pas tout à fait la même que celle des libertins, contrairement à ce qu’il a toujours affirmé.

Les femmes, plus que de simples "objets de désir" ne sont pour lui que des "bouts de viande". Mis en examen pour proxénétisme dans le cadre de l’affaire sur les parties fines à l’hôtel Carlton de Lille, l’ancien directeur du Fonds monétaire international a affirmé "n'avoir jamais eu la moindre conscience que certaines femmes rencontrées" pouvaient être des prostituées. Mais les procès-verbaux laissent entrevoir une autre vérité, faite de milliers de SMS et de périphrases où l’on parle de mystérieux "cadeaux". Une vérité faite de "copines", de "filles" et de "petites" qui se transforment, comme par magie, en "matériel". "Veux-tu (peux-tu) venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi (et du matériel) le 4 juillet ?" ou encore "Qui auras-tu dans tes bagages ?". Les escort-girls ne manquaient pas, dans les fêtes et les rencontres organisées par Strauss-Kahn et Fabrice Paszkowski [un industriel et ami de Strauss-Kahn]. Au point qu’il aurait été trop long de toutes les désigner par leur prénom. Il suffit de trouver un bon synonyme. L’important est de se faire comprendre.

DSK l’a admis lui-même le 21 mars, lors de son audition : "Le mot matériel désigne une personne de sexe féminin". Avant de poursuivre pour expliquer que "le vocabulaire de ces SMS n'est effectivement pas très sophistiqué. Mais lorsqu'il y a plusieurs personnes, c'est plus rapide d'employer un mot qu'une liste de prénoms". Parfois, les mots sortent au hasard, on n’y fait plus trop attention. On se dit que la seule chose qui compte vraiment, ce sont les faits, les actes, les comportements. Pourtant, la parole n’est rien d’autre qu’un acte qui contribue à construire le monde dans lequel nous vivons à travers le caractère performatif du langage. C’est pourquoi les mots sont si importants dans ces SMS. Quelle valeur peut-on accorder à la sensibilité, à l’avis ou à la dignité d’une personne qui n’est qu’une "chose", un "instrument" à utiliser au plaisir ?

Lorsque Kant expliquait qu’il existe une différence fondamentale entre les personnes et les choses – les êtres humains ont une dignité, les objets un prix –, il voulait en fin de compte souligner le fait qu’on ne peut se comporter vis-à-vis d’une personne comme on le fait habituellement avec une marchandise. Les êtres humains ne sont pas interchangeables, ils ont chacun une valeur intrinsèque qui interdit de les traiter comme du matériel. Mais peut-être que pour DSK, l’instrumentalisation des femmes ne pose pas de problème. Il a de plus affirmé, devant les magistrats lillois le 26 mars, que ces "soirées de couples (...) qui souhaitent avoir une activité sexuelle collective" n’étaient qu’une manière d’assumer ses choix de vie libertins : "En ce qui me concerne, je n'interroge pas les gens sur leur vie privée". Le problème est que cette histoire n’est pas une affaire de vie privée. Le "libertinage" n’a rien à voir avec des "rapports tarifés".

Les messages que Strauss-Kahn a envoyés pour organiser les déplacements des escort-girls entre Lille, Paris, Bruxelles et Washington sont incroyablement nombreux. Tout comme les propos recueillis par les magistrats auprès de certaines de ces jeunes femmes. "C'était de l'abattage", dit Inès. "De la pure consommation sexuelle", ajoute Marion. Un jour, elle a essayé de refuser, en vain, ce que lui demandait de faire DSK. Un autre homme lui a alors attrapé les poignets "avec chacune de ses deux mains pour [l]'empêcher de bouger" : "C'est rare de trouver des gens qui manquent de respect comme l'[a] fait DSK".

L’ancien directeur du FMI continue pourtant de nier en bloc le recours à la force ou la violence : "Il n'y a jamais eu de relation contrainte ou imposée". La défense de l’homme politique est toujours la même, comme à l’époque du Sofitel. Sauf que dans le cas présent, les SMS sont plus qu’éloquents. À force de considérer les femmes comme du "matériel", on finit par ce convaincre que tout ce qu’on veut faire d’elles (ou avec elles) est légal. Parce que la seule chose qui compte alors est de satisfaire ses pulsions. L’autre, en tant qu’être vivant, n’existe pas. Ce n’est qu’un accessoire que l’on peut glisser dans sa valise et emporter où l’on veut.

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