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 Clinton, Royal, candidatures et féminisme.

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Misfit Cat
Déesse parmi les déesses
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MessageSujet: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Jeu 7 Fév - 16:01

Je réponds au post de Mauvaise Herbe dans un autre topic.

Je cite :


Citation :
J'aimerais savoir ce que vous inspire la campagne américaine, il semblerait qu'Hillary Clinton profite du soutien de nombre de groupes féministes et que contrairement à Ségolène Royal le vote des femmes en sa faveur soit significatif. Qu'en pensez vous?



Pour te répondre Mauvaise herbe, je ne pense pas que les féministes, ni les femmes, soutiennent largement la candidature d'Hillary. Certaines diront qu'il est de mauvaise genre (...) aux Etats-Unis de soutenir une femme parce qu'elle est femme. Mais je pense qu'il y a beaucoup de similitude entre les réactions que suscitent cette campagne et celle de Ségolène. Même désistement (partiel) des féministes car les méthodes employées par les candidates n'ont pas grand chose de féministe selon elles et que leurs convictions en matière de féminisme savent être très relatives selon les circonstances auxquelles les candidates sont confrontées. Ce qui n'empêche pas Hillary d'être traitée de ‘harpie féministe’, de 'féminazie' par ceux qui la jugent, de leur côté, être trop féministe...
Je pense qu'une bonne majorité la considère comme féministe. Il suffit de peu pour être féministe selon la majorité. Wink

Même désistement des femmes qui ont du mal à s'identifier à un modèle positif de femme ayant 'réussi' et voulant accéder à un poste élevé. Etrangement, le moment où le soutien à Hillary a été le plus fort, c'était lors de l'histoire Lewinski. Les femmes défendent les femmes lorsqu'elles sont en position de victimes.

Par contre, ces mêmes femmes, si elles sont noires, n'ont aucun problème à apporter leur soutien à Obama parce qu'il est noir (cf l'exemple médiatique du soutien d'Oprah Winfrey à Obama). Sous couvert du prétexte qu'il est incorrect intellectuellement d'affirmer ouvertement son soutien à une femme, se cache cette bonne vieille honte et peur du féminisme... Les sondages montrent que les femmes démocrates ayant un diplôme universitaire ne la soutiennent pas. Les cols bleus, si.

Même lynchage médiatique et politique tout à fait sexiste... On épluche son passé, ses relations, et les termes machistes fusent, hormis ceux cités plus haut : sorcière, chienne, salope etc...

Les stratégies de campagne d'Hillary et de B.Obama sont différentes. Hillary tente de s'adresser à une centaine d'Amériques, à ce peuple dans toute sa diversité.

Le problème comme en France, c'est que le peuple américain appelle à de grands changements, de grandes réformes menés par une figure de proue (ça ne vous rappelle rien ?) qui valorise l'unité de tous dans une nouvelle approche. Et c'est justement le message que fait passer Obama. L'intérêt de sa candidature réside aussi dans le fait qu'il se place dans une perspective post raciale (et là on peut parler d'égalité, d'intégration, de la réalisation d'un peuple en entier qui a su dépasser son histoire, un mythe, pardon, un thème extrêmement porteur aux Etats-Unis) et qu'à côté, une perspective post féministe (égalité hommes-femmes, c'est encore d'actualité ça ?), fait/ferait bien rigoler tout le monde... Elle a donc tout avantage à rester une politicienne avant toute chose, ce qu'elle fait, je pense. Elle ne se définit d'ailleurs pas comme une féministe. Mais pour l'avoir rencontrée et avoir entendu son discours, je ne sais pas... C'est une femme intelligente qui sait où elle évolue. Je reste dubitative à son sujet.

Voilà une petite analyse perso, forcément très partielle.

Une autre petite chose étrange qui m'interroge : le fait que ces deux femmes (Hillary, Ségolène) n'ont jamais tenté de se rencontrer. Je serais curieuse de connaître les motivations de l'une et de l'autre.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Jeu 7 Fév - 21:34

Ségolène souhaitait rencontrer Hillary... Mais cette dernière aurait refusé, sans doute craignait-elle certaines assimilations, possiblement gênantes pour sa campagne. Depuis il semblerait que SR soutienne Obama (?)

Et d'ailleurs l'ensemble de la presse nationale française semble soutenir elle même Obama et effectivement les arguments contre Hillary ne sont pas sans rappeler ceux invoqués il n'y a pas si longtemps contre Ségolène. Je suis moins informée pour ce qui concerne la presse américaine.

"je ne pense pas que les féministes, ni les femmes, soutiennent largement la candidature d'Hillary"

La presse parle volontiers d'un vote "homme blanc" pour Obama il est impensable d'évoquer aussi explicitement le vote "femme blanche" pour Hillary. Pourtant il me semblait que contrairement à SR, le vote des femmes était plus significatif avec Hillary. Mais je connais très mal le contexte politique américain, je me contente de répéter ce que j'entends dans la presse. Et mon expérience pendant la campagne de Ségolène Royal (j'ai investi cette campagne avec beaucoup d'enthousiasme) m'aura au moins permis d'affûter ma lucidité quant à l'ampleur du sexisme crasse que légitime pour beaucoup, ces ambitions de grenouille... ;-)

" Certaines diront qu'il est de mauvaise genre (...) aux Etats-Unis de soutenir une femme parce qu'elle est femme. "

Cet argument fut largement invoqué par la gauche française pendant la campagne. Pour ma part j'ai largement défendu le fait que parce qu'elle était une femme, qui plus est une femme de gauche, j'avais deux fois plus de raisons de la soutenir, bref, je n'vais pas refaire la campagne mais en effet ce qui semble naturel pour la population noire est perçu comme outrancier pour la population des femmes, qu'en serait-il si Obama était une femme noire?
(Certain(e)s invoquent même l'idée que les démocrates ont propulsé la candidature d'Obama pour gêner celle d'Hillary)

"Même désistement (partiel) des féministes car les méthodes employées par les candidates n'ont pas grand chose de féministe selon elles"

Oui alors là... Entre Caroline Fourest (pour ne pas la nommer) et d'autres comme Marie Victoire Louis... L'une parlant de féminisme victimaire et l'autre de féminisme lacunaire (en bref) je n'ai toujours pas compris l'intérêt féministe de leur démarche, l'intérêt pour les femmes? S'il s'agissait de discréditer au près des femmes la seule candidature féminine susceptible d'être élue au plus haut poste de l'état (hypothèse révolutionnaire) pour faciliter les ambitions de ses deux adversaires politiques, sans doute selon elles plus favorables à l'amélioration de la condition féminine, elles se sont montrées très efficaces. Certaines d'entre elles préferaient la candidature de Bayrou (le bon patriarche, je me souviens de son évocation de ses qualités d'homme) sous prétexte que SR n'était pas assez féministe, quelle hypocrisie! Celles là sont pour moi depuis complètement discréditées, il y avait bien deux camps pendant la campagne et les horreurs sexistes entendues contre elle... contre toutes les femmes, justifiaient à elles seules que nous fassions corps autour d'elle. j'abrège.


"Les femmes défendent les femmes lorsqu'elles sont en position de victimes."

C'est hélas vrai. Je me souviens de la réflexion d'un journaliste politique, il me semble, qui disait : le problème de Ségolène Royal, c'est qu'elle est une belle femme..." J'ai entendu pendant la campagne des réflexions venant de la bouche de femmes particulièrement éloquentes sur la violence que sa seule apparence provoquait en elles, ces comportements furent pour moi les plus difficiles à comprendre, l'attitude de certaines femmes était des plus violentes.


Enfin "Je reste dubitative à son sujet." Pourquoi dubitative? Et surtout dubitative par rapport à quoi?

Merci de m'avoir répondu ;-)
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Jeu 7 Fév - 22:26

"La presse parle volontiers d'un vote "homme
blanc" pour Obama il est impensable d'évoquer aussi explicitement le
vote "femme blanche" pour Hillary"

Le vote "homme noir" n'est même pas évoqué tant il parait evident! On parle plus volontiers de "vote noir"... ici pas de distinction de sexe, seule la couleur justifie cette mobilisation. plus tôt, lorsque le doute résidait quant à la capacité d'Obama de rassembler le plus largement parmi la population noire, d'aucuns s'indignaient de ce manque d'enthousiasme, considérant qu'Obama devait être logiquement le candidat des noirs. Les mêmes qui s'offusquent de l'eventualité d'un vote féminin!...
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Jeu 7 Fév - 23:56

Pour finir enfin, j'espère de tout mon coeur qu'Hillary remportera ces élections! Si je peux éprouver quelques réserves quant à son engagement féministe, elle représente pour moi un symbole fort, j'ai beaucoup de mal, encore aujourd'hui à supporter ce que je considère comme la victoire de l'immoralité en France, à admettre le couronnement de la beaufitude misogyne et je me garde de parler de politique, et ce que j'entends, ce que je perçois en France de cette campagne américaine m'inspire peine et indignation. Obama a déclaré aimer les manières de l'homme politique sarkozy... Voilà de quoi renforcer mon opinion. Voilà, la perspective qu'une femme puisse gouverner la plus grande puissance mondiale, pour commencer, avant de repenser le concept même de "pouvoir" et sa structure patriarcale, c'est déja révolutionnaire.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 0:39

Bonsoir,
à 100% d'accord avec Mauvaise herbe. Smile

je rajouterai pour ma part :
La possible débacle du camp démocrate qui dû alors à un déni du leadership d'une femme à la maison blanche, orchestré par son propre camp ...
On rejoint ici les a prioris sexistes implicites et explicites de la camapgne Française.
Tout ça me fait vraiment mal au coeur
D'autre aprt j'ai lu rapidement qq rticles en anglais sur elle du point de vue féministe US

En résumé elle est perçue depuis toujours globalement comme féministe par l'ensemble des Américains
"Les femmes doivent faire leur propres choix" etc
et de façon plutôt positive, elle a toujours défendu les droits des femmes. Ok, on va pouvoir appeller ça un féminisme de base ... mais féminisme tout de même !
Par contre les féministes militantes lui reprochent très sévèrement de ne pas avoir quitté Clinton au moment de l'affaire Levinsky, argumentent qu'en restant avec un mari harceleur, violeur (perso j'avais juste le souvenir d'un mec qui a trompé sa femme, pas d'une histoire de viol ... )
elle rentrait de plein fouet dans le shéma de la femme victime et soumise.
D'autre part elle est perçue par ces mêmes féministes comme trop engluée dans le pouvoir de washington ( ce qui rejoint les Obamatistes qui disent que Clinton n'apporte aucun changement, Washington, Lobbying etc)

compliqué tout ça ...

Moi je me dis juste que : une femme au pouvoir et ce sont tous les racismes et le sexisme qui peuvent enfin avoir leur chance d'évoluer positivement.
Le trip uniquement post-racial élude bien entendu encore une fois le combat des femmes.

Demain j'achète deux lance flammes ... ;-)
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Chaton
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 0:59

Comme bien souvent la femme est "l'ennemie" de la femme...

Si cela n'avait pas été le cas le patriarcat à lui seul n'aurait pas réussi à faire taire et je dirais même "retourner" l'avancée qu'il y a eu pour les femmes dans les années 70-80.

Dans le quotidien, on peut voir que bien souvent les plus acharnés des anti-féministes sont des femmes, que les hommes ont bien manipulé...la peur certes...mais de quoi bon sang...d'avoir une identité propre !!!
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 1:24

bienvenue wildo!
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 2:10

Je n'ai pas le temps de rebondir sur vos propos ce soir, mais, le hasard faisant bien les choses, Sisyphe vient justement de publier un article à ce sujet, je vous le poste avant de revenir.

Voilà qui m'éclaire sur des points qui restaient obscurs.

A bientôt.

Hillary Clinton, le sexisme et les femmes

par Élaine Audet




"Les droits des femmes sont des droits humains", affirmait Hillary Rodham Clinton lors de son célèbre discours à la Conférence des Nations Unies sur les femmes à Pékin en 1995. Il y a consensus sur sa volonté d’améliorer l’existence des femmes et des enfants, de lutter contre les diverses formes d’inégalité et de violence qu’elles subissent dont la pauvreté endémique, de créer un système de santé universel, son action constante auprès des enfants défavorisés et sa lutte déterminée pour l’octroi de subventions substantielles pour l’éducation universitaire des filles. On louange son intelligence, sa force, son endurance, son expérience et sa capacité d’exercer le pouvoir, mais on hésite pourtant à voter pour elle parce que, à l’instar de tous les candidats, sauf Obama, elle a voté pour l’invasion de l’Irak, a appuyé la politique d’Israël sur la Palestine, la guerre au Liban et, récemment, le durcissement des mesures contre l’Iran.

On aurait aimé, comme femme et progressiste, qu’elle ait le courage de se tenir debout face au complexe militaro-industriel et à la peur entretenue par l’administration Bush et à sa définition démagogique du patriotisme et des intérêts du peuple américain. Les critiques les plus dures viennent surtout des misogynes et des femmes. C’est sans doute à sa capacité de rallier les femmes et de neutraliser les attaques misogynes qu’elle devra sa victoire ou sa défaite, en tenant compte que son programme diffère peu de celui d’Obama, que ce soit sur la défense de l’économie de marché et de l’entreprise, le libre-échange, la santé, l’aide sociale, la politique étrangère, l’immigration, l’écologie, le mariage gay (contre le mariage et pour l’union civile) ou sur le consentement unanime de tous les candidats au maintien de la peine de mort. Tous les deux veulent réparer le gâchis causé par l’administration Bush, mieux répartir les revenus et lutter pour diminuer l’effet de serre, promouvoir un développement durable et des emplois "verts". C’est sur sa connaissance exceptionnelle des affaires de l’État, son sens de la politique et son engagement envers les femmes que Hillary Clinton se démarque le plus des autres candidats.

La discrimination sexuelle

Depuis trente-cinq ans, l’actuelle sénatrice de New York lutte pour les droits des femmes. Dans son discours à la conférence de Pékin, elle affirmait :


"Quand des nouveaux-nés se voient refuser la nourriture, sont noyés ou étouffés, quand on leur brise les reins parce qu’ils sont nés filles, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand les femmes et les filles sont contraintes à l’esclavage ou à la prostitution, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand les femmes sont aspergées d’essence et brûlées vives parce qu’on juge leur dot insuffisante, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand des femmes sont violées dans leur communauté, quand des milliers d’entre elles le sont par volonté politique ou comme butin de guerre, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand, dans le monde entier, la principale cause de décès chez les femmes de quatorze à quarante-quatre ans est la violence à laquelle elles sont soumises dans leur propre foyer, de la part des membres de leur propre famille, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand des jeunes filles subissent des mutilations génitales, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Quand des femmes n’ont pas le droit de déterminer quelle sera l’étendue de leur propre famille et se voient imposer un avortement ou une stérilisation forcée, on a affaire à une violation des droits de l’homme. Si l’on doit retenir un message de cette conférence, c’est que les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes... et que les droits des femmes sont, une bonne fois pour toutes, des droits de l’homme" (1).

Sur la question de l’avortement, elle a toujours été pro-choix et favorable à ce que l’assurance-maladie couvre la contraception, que l’éducation sexuelle soit bien financée et donnée par des professionnel-les de la santé, que la pilule du lendemain soit disponible sans ordonnance dans les pharmacies. Durant son séjour à la Maison Blanche, elle a contribué à l’adoption du Family and Medical Leave Act.

Son engagement dans la lutte contre la violence sexuelle ne s’est jamais démenti et n’a fait que se radicaliser au fil des années. Avec la procureure générale Janet Reno, elle a participé en 1995 à la création du Bureau sur la violence envers les femmes au sein du Département de la Justice. Aux États-Unis, on considère qu’une fille sur trois sera victime de violence physique de la part de son conjoint au cours de sa vie. Hillary Clinton a appuyé la législation visant à renouveler la loi contre la violence envers les femmes (Violence Against Women Act) afin de rendre plus sévères les peines d’emprisonnement pour les batteurs de femmes récidivistes, de mettre sur pied des stratégies de prévention, de renforcer les centres d’aide aux victimes de viol et d’améliorer la collaboration entre tous les services engagés dans la lutte contre la violence conjugale.

Hillary Clinton s’oppose sans équivoque à la légalisation de la prostitution : "Je crois personnellement que c’est avilissant pour les femmes. J’ai travaillé pour l’abolition de la prostitution et j’ai certainement pris une position très ferme contre le fait que, dans de nombreux pays, des fillettes et des femmes sont forcées d’être prostituées. [...] Quand je serai présidente, je me prononcerai évidemment contre la prostitution et essaierai de persuader les femmes que - même dans un système réglementé - ce n’est pas une bonne façon d’essayer de gagner sa vie. Il faut créer d’autres emplois pour les femmes qui cherchent une façon satisfaisante de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles" (2).
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 2:11

Comme avocate, sénatrice, et lors de son séjour à la Maison Blanche, Hillary Clinton a aussi dénoncé l’écart salarial de 23 cents par dollar entre les hommes et les femmes, et davantage pour les Afro-américaines. Son projet de Paycheck Fairness Act vise à renforcer les pénalités associées à la discrimination salariale, assurer que le gouvernement fédéral relève ses normes et augmente la surveillance des employeurs. Elle a aussi travaillé pour accroître l’accès des femmes au crédit et à l’entrepreneurship.

Le sexisme

Cette excellente feuille de route, qui prouve que la sénatrice Clinton est fort capable d’assumer les plus hautes tâches, semble avoir exacerbé le dépit des misogynes de toutes allégeances et des deux sexes. Au lieu de critiquer ses réalisations, on s’attaque à sa personnalité, à son apparence, et à ses liens personnels de la façon la plus mesquine possible. On critique sa coiffure, son allure masculine ou trop féminine, les tailleurs-pantalons qu’elle porte durant la campagne, ses cuisses, ses rides, son agressivité.

On publie une mauvaise photo de Clinton en demandant qui a envie de voir la progression des rides sur le visage de la future présidente ? D’autres décident de publier d’elle des images pornos, on invente même un casse-noisettes avec le visage et le corps d’Hillary dont les cuisses servent à broyer les noix, un jeu vidéo qui met en scène des prostituées avec son visage. Bernard Henri-Lévy imagine Hillary "dans le bureau oral". Le sexisme n’a pas de frontière, comme on le voit. On ravive l’image du vagin denté. "Repasse ma chemise", peut-on lire sur les pancartes brandies par des hommes lors d’une assemblée de H. Clinton. Quelle aurait été la réaction médiatique si on avait affiché devant Obama : "Cire mes chaussures" ?

Quand Hillary Clinton affirme que la politique présidentielle est un "club réservé aux hommes", un professeur d’université réagit aussitôt en affirmant qu’elle venait de démontrer sa "sottise". Devant le front uni des candidats démocrates masculins et leurs attaques virulentes contre Clinton, une de ses partisanes, Geraldine A. Ferraro, candidate à la vice-présidence en 1984, constate que "c’est bien vu dans ce pays d’être sexiste". Cependant, le résultat n’a pas été l’effrondrement d’Hillary, mais la démonstration, une fois de plus, de sa force face aux critiques et à l’intimidation.

On lui reproche de jouer la carte du genre, de mettre de l’avant le fait que ce serait extraordinaire qu’une première femme soit élue à la présidence du pays. Mais personne ne blâme Obama et ses partisan-es de miser sur l’avancée incroyable que constituerait l’élection d’un Noir à la présidence. La barre est toujours plus haute quand il s’agit d’une femme et tous les coups sont permis pour défendre la suprématie masculine. Pauline Marois au Québec et Ségolène Royal en France ont aussi fait l’expérience du old boys’ club et de l’hymne à la jeunesse et au changement !

Mais c’est surtout, après sa défaite en Ohio, à la suite de son moment d’émotion, qu’on a entendu les commentaires les plus sexistes. Le candidat John Edwards s’est même demandé si l’émotivité de Clinton lui permettrait d’exercer les fonctions de commandeur en chef. S’est-on jamais interrogé sur les capacités d’un simple acteur de second ordre comme Ronald Reagan d’exercer ce rôle, alors que la force de caractère et l’expérience politique de la sénatrice Clinton auraient dû la mettre à l’abri de telles remarques.

Certains verront dans la manifestation de ses sentiments une simple ruse de sa part pour attendrir l’électorat féminin et diront que sa victoire au New Hampshire, grâce au vote des femmes, leur donne raison. D’autres répètent qu’elle n’est qu’une femme comme les autres accrochée aux basques de son mari qu’elle n’a pas eu le courage de quitter après l’affaire Lewinski. Camille Paglia, qui ne manque jamais une occasion d’exprimer son anti-féminisme, traitera Clinton de féminazie (comme les masculinistes traitent les féministes). Rien de moins ! Comme quoi certaines femmes savent s’illustrer même dans la misogynie.

D’un même souffle, on lui reproche d’être froide, antipathique et carriériste. Trop émotive ou pas assez. Rien de ce qu’elle fait ne peut les satisfaire, même si elle a gagné haut la main deux élections au sénat dans l’État de New York, même si les analystes lui reconnaissent une intelligence et une détermination hors de l’ordinaire. On a même créé un site spécialement pour l’attaquer, intitulé Citizen United Not Timid ou C.U.N.T. (CON). Réduire une femme à son sexe ou à son corps n’est pas nouveau, un des grands hebdomadaires français a mis en page couverture, pour le centenaire de Simone de Beauvoir, une photo de la philosophe nue. Ces insultes misogynes contre la candidate démocrate sont en réalité des attaques contre toutes les femmes et ont pour but, comme la violence sexuelle, de les remettre à leur place.

En bout de ligne, on reproche à Hillary Clinton de ne pas ressembler à l’image stéréotypée de LA femme. Elle est indépendante, active, ambitieuse et, comme son héroïne Eleonor Roosevelt, elle n’a jamais été le simple valoir de son mari président. Ses adversaires ne comprennent pas qu’elle accepte l’aide de ce dernier dans sa campagne, alors qu’il ne fait que lui rendre ce qu’elle a fait pour lui lors de ses propres campagnes et durant ses deux mandats à la présidence. Quelles que soient les failles de ce couple, il semble exister entre Hillary et Bill Clinton une égalité qu’on retrouve rarement dans le milieu politique et l’ensemble de la société. N’est-ce pas la peur que les femmes acquièrent de plus en plus l’autonomie et la confiance en soi d’Hillary - qualifiée d’arrogance par certains - qui provoque ce dépit hargneux ?

Les femmes

Dans cette campagne, on peut constater à quel point certaines femmes sont intransigeantes et impitoyables envers Hillary Clinton. C’est la perfection ou la poubelle. Plusieurs femmes la jugent à l’aune de leurs propres engagements, réussites, échecs, désirs, blessures. Beaucoup refusent d’admettre l’importance que l’élection d’une femme comme elle à la présidence aurait pour toutes les femmes.

Pourquoi les femmes ne l’évaluent-elles pas sur l’ensemble de ses réalisations et de son programme actuel au lieu de la réduire à son seul vote pour l’invasion en Irak, il y a six ans, et à ses liens avec son mari ? N’y a-t-il pas une sorte d’irrationalité et de sexisme bien intégré à rejeter une personne aussi qualifiée que H. Rodham Clinton pour son apparence, parce qu’on ne la trouve pas sympathique (likable) ou qu’elle manquerait de charisme ?

Dans son autobiographie, "Mon histoire", Hillary Clinton raconte que la politique élimine petit à petit toute spontanéité parce qu’il faut toujours penser comment chaque geste ou chaque déclaration sera perçue et quelles en seront les conséquences. Il ne s’agit plus d’émettre une opinion ni d’être simplement naturelle, mais d’être à la hauteur des engagements qu’on a pris.

Pour la féministe Gloria Steinem, "le genre est probablement l’élément le plus restrictif de la vie américaine, qu’il s’agisse de déterminer qui doit être dans la cuisine et qui peut être à la Maison Blanche. Ce pays est en bas de liste des pays qui élisent des femmes et, selon une étude, il polarise les rôles sexuels plus que la moyenne des démocraties." Elle explique que si on ne prend pas la barrière du genre au sérieux, c’est "parce que tout ce qui concerne les hommes semble plus sérieux que quoi que ce soit en rapport "seulement" avec la moitié féminine de l’humanité, parce que les enfants continuent à être élevés principalement par des femmes (c’est le moins que l’on puisse dire), alors les hommes ont l’impression de retourner en enfance quand ils ont affaire à une femme forte (3)."

Steinem votera pour la sénatrice de New York "parce qu’elle a de l’expérience dans l’organisation communautaire, parce qu’elle a aussi plus d’années de pratique au sénat, un entraînement sans précédent de huit ans à la Maison Blanche, aucune virilité à prouver, la possibilité de faire jaillir par son exemple un immense réservoir de talents dans ce pays, et parce qu’elle a eu le courage de briser le tabou sur l’émotion en politique".

Il y en a qui invoquent l’exemple de Margaret Thatcher pour rejeter la candidature d’Hillary Clinton à la présidence et justifier leur préférence pour Barrack Obama. Est-ce à dire qu’on ne devrait plus voter pour un homme parce qu’il y a eu George W. Bush ? La sénatrice de New York a montré l’intérêt prioritaire qu’elle accorde à la lutte contre les inégalités sociales et la discrimination sexuelle. Elle a toujours su s’entourer de femmes de valeur et promouvoir l’accès au pouvoir de ses semblables. Comme elle l’a dit devant un auditoire de 1000 jeunes femmes enthousiastes à son Alma Mater de Wellesley : "Il y a toujours de la peur en nous, mais nous n’avons pas le temps de nous en occuper, pas maintenant. Alors, relevons nos manches et mettons-nous au travail ensemble. Nous sommes prêtes à faire éclater le plus haut plafond de verre (4)."

Beaucoup de femmes ont répondu à cet appel d’Hillary Clinton. Elle peut compter sur l’appui de la plus grande organisation de femmes aux États-Unis, NOW, et de féministes de différents courants de pensée comme Robin Morgan, Gloria Steinem, Susan Faludi, Katha Pollitt, Erica Jong, et d’autres moins connues. Dans un article passionné, Robin Morgan, auteure de Sisterhood is Powerful et de The Anatomy of Freedom, écrit :"Les femmes âgées sont le groupe qui ne devient pas plus conservateur avec l’âge - et nous sommes la génération des radicales qui ont dit : ’Les femmes bien élevées font rarement l’histoire’. Adieu, nous ne partirons pas gentiment après un beau bonsoir et quel que soit l’homme qui nous le souhaite. Nous sommes les femmes qui ont changé la réalité des États-Unis. Et même si nous ne sommes jamais parties, tenez-vous bien, nous sommes de retour (5)."

Notes

1. Hillary Clinton, Mon histoire, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2003.
2. Anjeanette Damon, "Clinton : On prostitution, sports betting and the politics of a rock star", RGJ.com, 29 avril 2007.
3. Gloria Steinem, "Sexism, Racism : Which Is More Taboo ?", New York Times, 14 janvier 2008.
4. Susan Faludi, "Hillary Auditions to Be a Feminist John Wayne", Alternet, 15 novembre 2007.
5. Robin Morgan," Goodbye To All That (#2)", Women Media Center, 2 février 2008.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 4 février 2008.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 2:19

Merci beaucoup pour cet article.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 8 Fév - 7:13

Oui merci à toi Misfit. Très instructif, nombre de points abordés dans ce texte corrobore ton analyse mais pour ma part j'avais quelque peu sous estimé l'ampleur des dégats... J'ignorais que la campagne contre elle était à ce point violente, j'ignorais combien il y avait similitude avec les attaques formulées contre Ségolène Royal. Enfin je ne connaissais pas ses déclarations à propos de la condition féminine.
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 2:00

Il est difficile d'obtenir des informations complètes de ce côté-ci de l'Atlantique si ne l'on cherche pas l'information soi-même et même dans ces cas-là, difficile d'obtenir des informations objectives car on ne peut vraiment choisir le média que l'on aimerait lire. J'ai justement essayé de trouver des articles intéressants sur internet mais les journalistes ont rarement un point de vue indépendant.

Je restais donc dubitative sur la portée exacte des valeurs féministes D'Hillary car je savais que les médias auxquels j'avais eu accès pouvaient biaiser mon analyse de la situation politique durant ces quelques dernières années (étant coupée de contacts plus directs et plus authentiques que ceux que j'aurais pu avoir auparavant).

Je ne savais pas que Ségolène avait émis le souhait de rencontrer Hillary (mes infos étaient fausses Wink ) mais je suis d'accord avec toi, Mauvaise herbe, sur les motivations que tu invoques.

Mon opinion sur Ségolène a un peu évolué depuis la campagne mais je pense que j'aurais tout de même voté comme je l'ai fait. La soutenir au deuxième tour, mais ne pas lui donner mon premier vote de préférence (même si là, on ne peut parler que de préférence, ou de 'par défaut'). J'ai toutefois conscience de la portée qu'aurait l'élection d'une femme à ce niveau du gouvernement, de l'avancée que cela représenterait et je sais pertinemment bien que mon idéal de femme au gouvernement n'est que l'utopie d'un monde lesbien qui ne pourrait établir demeure dans ce pays avant quelques millénaires lunaires...

Je serais très curieuse d'avoir le point de vue de Caroline Fourest à ce sujet, si tu as encore le lien, c'est une femme que je respecte dans ce que j'ai pu voir, entendre ou lire d'elle.

Par contre, en ce qui concerne le vote noir, il est bel et bien évoqué ouvertement aux Etats-Unis. Je ne sais pas vraiment si c'est le cas des politiques (je n'ai pas suivi les discours...) mais ça l'est dans le milieu médiatique.

Je ne savais pas qu'Obama était un fervent admirateur de notre ami Sarko... On devrait diffuser largement l'info, non ? Mr. Green Enfin, si toutefois les électeurs américains regardaient autre chose que CNN ou Fox News car certains ne savent pas encore que la France est un pays d'Europe ni sur quel continent elle se situe...

Wildo, je suis d'accord avec ton analyse de la perception d'Hillary en tant que féministe. Je suis d'accord avec les féministes, modérées ou non, qui affirment qu'elle est un peu engluée dans le pouvoir de Washington, en même temps il faut savoir être réaliste, si elle peut prétendre avoir accès à ce niveau de poste, elle n'a eu d'autre choix que d'intégrer les rouages du système, à minima (pas d'utopie sur ce point). Quant aux autres affirmations (le viol, n'importe quoi, quelles féministes ont balancé ça, tu sais ? Je serais curieuse de le savoir), elles ont fait de dangereux amalgames. Si elles avaient été des gouines radicales elles sauraient qu'il existe d'autres formes de couples que le couple monogame marié ayant quatre beaux enfants (blancs c'est mieux) et restant fidèle jusqu'à la mort des deux êtres élus... Rolling Eyes C'est une force que de savoir envisager le couple autrement, ou de le faire durer en dehors et en dépit des schémas établis. Je pense qu'il lui a fallu de la force pour pouvoir garder la tête haute (et son couple) dans cette histoire malgré... il n'y a pas de mots pour qualifier ce qui a été dit à cette époque sur ce sujet.... J'y étais, j'ai entendu.

Voilà !

Quant à l'ampleur des dégâts, finalement, peut-on vraiment être surprise ?
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 2:16

Tu pourras lire le texte de Caroline Fourest ici: http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/09/21/1739-contre-le-feminisme-victimaire-caroline-fourest

Pour ma part je considère ce texte comme contre productif du point de vue féministe, et même insupportable. Quel intérêt? J'ai quelque mal à comprendre la démarche de caroline Fourest et cela d'une façon plus générale. Mais c'est un autre sujet.
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Chaton
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 2:23

Je serais assez d'accord avec ce que dit Fourest !!!


On pourra en discuter.. clin d'oeil
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 2:25

Bon, Laughing , le problème est qu'après une première lecture (et je pense qu'une relecture à tête plus approfondie demain confirmera la première impression), je suis d'accord avec elle sur les points qu'elle a avancés.

Peux-tu préciser de quelle façon tu trouves ce texte contre productif, voire insupportable ? (C'est un sujet intéressant clin d'oeil )
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 2:31

Dans la liste des articles sur lesquels je suis tombée il y a entres autres celui-ci :
http://archive.newsmax.com/archives/articles/2003/7/14/135245.shtml
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 2:59

Hélas je n'ai lu aucun texte de Fourest dénonçant la contre campagne sexiste dont SR a été incontestablement la victime! Quel intérêt pour les femmes de taper sur d'autres femmes sinon pour se faire mousser auprès d'une presse friande de ce genre de manoeuvre intellectuelle anti-féministe (son grand ami philippe val déteste lui aussi SR et a soutenu sans se cacher Bayrou) Pendant la campagne elle a fait circulé des documents visant à démontrer ce qu'elle considérait comme les mensonges de Ségolène, notamment en démontrant qu'elle n'avait pas réellement visité la mosquée de je n'sais plus où...Bref, en plus sans refaire la campagne ses arguments sont grossiers et mensongers, il existe au Canada un service de taxis prévu pour raccompagner certaines femmes terminant tard le soir, rien de ridicule à sa proposition, que propose dans l'urgence Caroline Fourest pour éviter le drame des agressions dont sont l'objet ces femmes ?
Récemment Fourest face à Isabelle Alonso tentait de démontrer que le cas Cantat n'était pas un cas de violence conjugale, qu'en cela il ne méritait pas le tollé des féministes, il me semble aussi qu'elle défend la prostitution... Bref, Fourest est pour moi une lesbienne misogyne et son féminisme qu'elle prétend radical est très apprécié par nombre d'anti-féministes. Je pense à un texte parlant du pouvoir de l'amitié, de la nécessité pour les femmes de s'unir, de l'esprit de sororité indispensable à nos luttes... Comme toi Misfit ma candidate idéale en tant que lesbienne féministe radicale, ne ressemble pas à SR, de plus mes convictions politiques sont bien plus à gauche et pourtant je l'ai soutenue dés les primaires socialiste sans me poser la moindre question, je me souviens de cette réflexion lue je n'sais plus où "ce qui a changé grace à la candidature de Ségolène Royal, c'est que demain les petites filles pourront dire : "quand je serai grande je veux être présidente de la république" . Je l'ai soutenue parce qu'elle est une femme et continuerai de la soutenir pour cette même raison, et tant pis si son féminisme est encore maladroit et insuffisant (j'ai détesté pour ma part sa façon de mettre son utérus en avant, de mettre en exergue son état de mère) plus les attaques contre elle se montrent virulentes et plus mon soutien est sûr. Et d'ailleurs pour être franche, je n'ai toujours pas compris cette non mobilisation des femmes en France autour de sa candidature, vous même exprimez ne pas l'avoir soutenue au premier tour... Mon féminisme est ma première urgence politique.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 3:12

Caroline Foutest dans son article ne fait pas du tout une analyse, mais emet un jugement personnel. Quand on fait du journalisme, c'est un peu ennuyeux, surtout quand la TV Sarko vous invite sur pratiquement tous les plateaux, dès qu'il y a un sujet qui parle peu ou prou des femmes sur le PAF.
Et comme de nombreux autres journalistes elle s'amuse à décontextualiser les propos de Segolène Royal.
C'était devenu un sport national, Fourest n'y déroge pas.
Je peux tout reprendre point par point.

Son féminisme n'a jamais été électoraliste, mais la suite logique de son engagement vers le Socialisme, il faut lire les livre de Mme Royal, Mme Fourest avant de raconter des conneries ...
" Je suis arrivée au Socialisme par le féminisme", cette phrase à elle seule résume
de façon claire et sans ambiguité la position de SR par rapport au féminisme. C'est intégré dans sa vie de tous les jours, point.
Je ne comprend pas au nom de quoi cet engement, ainsi que sa qualité, qui doit être laissé à chacune selon se ssentiments pourrait agacer ?
C'est inoui !
De plus SR n'a jamais dit "votez pour moi car je suis une femme" c'est faux, c'est Fourest qui le pense à sa place dans cet article ... nuance.
SR a dit "Avec moi la politique ne sera plus jamais comme avant" par exemple, oui.
Et qui dira aujourd'hui le contraire, quand à gauche comme à droite ils/elles pillent littéralement son programme dès que ça les arrange, tout en continuant à essayer de la pousser hors du ring ...
Fourest ment encore comme une arracheuse de dents quand elle prétend que SR se défend de la défaite en mettant comme seule argument de défense le sexisme.
C'est intolérable de lire une connerie pareille !
SR dans son dernier livre démonte point par point le mécanisme de la défaite. Au premier plan on trouve le PS et les connards(sses) d'éléphant(e)s ... ensuite le staff de Nicolas Sarkozy plus armé, squattant la presse et les radios pendant que le PS lui donne qu'une bagnole pourrie et un bugdget minable pour battre campagne...ça s'est un peu arrangé en cours de route ... mais purée que le PS a été lourdingue avec elle !!! Heureusement que DDa était là, ainsi que le groupe de jeunes drivés par son fils Thomas ... (ben oui , les jeunesses socialistes la boycotttaient) ...
Donc, vous voyez bien qu'il ne s'agit pas directement que de sexisme. Mais à l'intérieur de bon nombre de ces comportement il s'y niche qu'on le veulle ou non !!!!
Pourquoi Mme Fourest, sachant le monde dans lequel nous vivons toutes, voudrait exonérer SR d'être la cible du sexisme ?
QQ chose m'échappe ...
Quand à la contre attaque féroce, cela aurait été tomber a bars raccorucis dans le piège ... dans la caricature, attendu par tous ... non, SR est restée digne ... maitresse d'elle même ... on peut pas en dire autant de l'homme qui est actuellement au pouvoir.
Fourest est pile poil style LCR ...beaucoup de blabla bla, pas mal de théories, toujours vachement aigues, mais pas de vision juste, adapté au circonstances et du journalisme clientèlisé "fausse révolte". Pour moi c'est un peu la "Olivier Besancenot" du PAF. moui ...bof ... quoi
La gentille gouine de plateaux qui casse pas trois pattes à une canarde.
Si Fourest ne comprend pas en quoi, oui, une femme au pouvoir en France est en soi une révolution, (peu importe d'ailleurs qu'elle eut été de droite ou de gauche, mais comme toujours c'est par la gauche qu'elles arrivent) qu'elle change de métier ...
Fourest n'a rien capté de SR, au pire elle fait du copier collé de choses dites par la presse, pas les segobasheurs etc
Qu'elle vienne donc lire le pacte, les bouquins de SR, trainer un peu sur DDA ...
Histoire de prendre le vrai pouls avant de sortir des affirmation gratuites, mal fondées, non journalistiques.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 9 Fév - 3:22

Oui, et il est temps que les jeunes filles puissent se dire naturellement, un jour je serai Présidente de la République !
Sans que ça fasse tout un pataquès.
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 15 Fév - 13:46

En ce qui concerne le vote pour Ségolène Royal, je comprends votre point de vue mais je ne peux tout à fait m'y résoudre. Le critère de sexe est largement insuffisant pour que l'on décide d'apporter son vote, que l'on soit féministe ou non. Puis il y a le critère d'accession à ce niveau de pouvoir par une femme auquel j'adhère, mais cela ne m'empêche pas de m'interroger sur les conséquences positives -ou non - de cette élection en matière de féminisme. Ces conséquences (hypothétiques jusque là) auraient été fonction de la politique menée par cette femme. N'importe quelle femme ne suffit pas. Il faut alors se référer au programme défendu par Ségolène, aux valeurs qu'elle tend à défendre et aux moyens qu'elle mettrait en oeuvre pour y parvenir en tentant de nous détacher un peu de toutes les projections féministes que nous tendons à mettre sur le dos de toute femme pouvant accéder à ce niveau de pouvoir. Aller étudier les questions de fond, les véritables problématiques soulevées plutôt que de se cantonner à la potentialité d'un symbole fort (qui ne le serait pas forcément, en fonction de la personne qui pourrait - potentiellement - l'incarner). Enfin, c'est ainsi que j'ai essayé personnellement de déblayer cette question qui me semblait très complexe.
Je pense au contraire qu'il y a beaucoup d'ambiguité quant au féminisme de Ségolène Royal. Il ne suffit pas de se réclamer du féminisme pour en être, ni de subir les attaques auxquelles toute femme pouvant accéder au pouvoir se confronte -même si cela nous donne forcément, envie de la soutenir dans son combat. Sauf erreur de ma part, je ne me souviens pas, par contre, d'un quelconque soutien de Ségolène Royal envers des associations féministes dans le passé, je ne me souviens pas d'acte fort ayant une portée féministe (si l'on veut considérer qu'il ne faille pas être une 'féministe électoraliste'). Il y a eu une promesse faite lors de la campagne en faveur de la lutte contre la violence faite aux femmes, il faut l'admettre, cependant il me semble que la portée en était très limitée (cadre des violences conjugales uniquement). Un peu dur d'entendre cela quand on connaît l'état des lieux en ce q concerne les violences faites aux femmes, qui débordent très, très largement de ce cadre bien précis. Sa façon d'aborder le sujet, les mots qu'elles emploient font penser à tout sauf à un véritable raisonnement féministe, ça pue la récupération maladroite (au pire). Oui, je sais, je suis un peu dure, mais bon... Et qu'en est-il d'autres engagements en faveur des femmes, de la lutte pour l'égalité ? La question est si vaste, rien d'autre ?? Vous ne trouvez pas cela sidérant ?

Alors je ne dis pas que son élection n'aurait pas contribué à une certaine visibilité, que cela n'aurait pas été bénéfique (sinon je ne l'aurais pas soutenue au deuxième tour) mais il est certain que si je me bats pour défendre un certain idéal féministe dans ma vie, je le ferai en votant, et je continuerai à défendre une certaine idée du féminisme que des femmes comme Ségolène Royal ne défendent pas... Il ne s'agit pas anti-féministe mais de critique qui se veut un peu plus objective que la soupe que l'on nous propose, d'un féminisme un peu moins essentialiste. Je ne peux soutenir son non(voire anti)-féminisme, sa démarche politique, les valeurs familiales qu'elle défend (femme-mère-en-blanc-sauveuse-de-la-patrie), je m'y refuse. On ne peut se contenter de si peu, on ne peut pas ne pas attendre, ne pas demander mieux. C'est de la chicken soup pour féministes en herbe qui n'ont pas pris conscience de l'enfermement que subissent les femmes dans toutes les sphères de leur existence...

Bon, je m'énerve... Enfin, vous voyez ce que je veux dire ?

J'ai relevé plusieurs arguments à l'encontre de Fourest. N'ayant pas encore bien abordé ses écrits, je réserve un peu mon jugement. Cependant, on ne peut effectivement exonérer SR d'avoir été la cible du sexisme, c'est ridicule.

Mais il faut que je me renseigne un peu mieux avant de parler. Wink
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 15 Fév - 14:01

Cet article de Libé disait des choses justes :

Ségolène Royal, un féminisme singulier

Femme, oui. Féminine, assurément. Et féministe ? Ségolène Royal,
lors de son investiture le 26 novembre à la Mutualité, à Paris,
comme candidate du PS pour la présidentielle de 2007 a invoqué
Olympe de Gouges, Louise Michel et les 343 salopes. Et dit qu'elle
était
«venue au socialisme par le féminisme et la révolte contre la
place subalterne assignée aux femmes».
Au gymnase Japy à Paris,
le 13 novembre, elle s'était adressée aux
«femmes voilées, femmes mutilées, femmes excisées, femmes
violées, femmes écrasées».
Les femmes de l'assemblée s'étaient
levées comme un seul homme. Sur son site Désirs d'avenir, le blog
thématique consacré aux femmes (1) est le premier de la liste. On
peut notamment y lire un florilège de ses déclarations sur le
sujet. Exemple :
«Dans ma famille, le destin des filles était de se marier et de
se consacrer à leur foyer. Pour y échapper, je n'avais pas d'autre
possibilité que de mériter, par mes notes, le droit d'aller un peu
plus loin à chaque étape.»
La semaine dernière, Ségolène Royal a
intégré la féministe historique Yvette Roudy dans sa garde
rapprochée. Et le 25 novembre elle a annoncé une loi
«contre les violences faites aux femmes» en début de
mandature, si elle était élue présidente.







«Parcours». Pourtant, malgré la vague d'adhésions
qu'elle suscite à gauche ­ y compris parce qu'elle est une femme ­,
d'aucuns continuent de douter.
«Avec ce vieux jus catho à relents de naphtaline, Ségolène est
typique de la femme des albums pour enfants des années 50. Vous
l'avez déjà vue en pantalon? Moi, non»,
réagit une élue
parisienne qui, en réunion publique, ne met
«jamais de tailleur, pour marquer [s]es valeurs». Cette
responsable nationale du PS, qui préfère rester anonyme ­ alors
qu'il y a peu, les volées de bois vert se faisaient à visage
découvert­, ne croit pas non plus à la solidarité de la candidate:
«Elle n'a jamais été dans les luttes féministes, ce n'est pas
pour rien qu'elle a pris Yvette Roudy.»
La candidate n'est pas
du genre à travailler de façon collective, accuse-t-elle.
«Elle dit: "Le temps des femmes est venu" ; moi j'entends : "Le
temps d'une femme est venu, et c'est moi." Le combat des femmes,
c'est son combat à elle.»

Laurence Rossignol, secrétaire nationale PS chargée des femmes,
vice-présidente de la région Picardie est plus nuancée.
«Ségolène est un objet féministe non identifié.Son parcours
personnel est incontestablement imprégné de la conscience de
l'inégalité des sexes. Elle a affronté l'ordre traditionnel, y
compris dans son histoire familiale et s'est imposée en travaillant
seule.»
Bref, elle n'a pas réalisé de
«conversion tardive», n'est
«ni une auxiliaire ni une femme parrainée par un homme». En
même temps, ajoute cette proche de Fabius en soulignant ses thèmes
de prédilection (la famille, les grands-parents, les enfants),
Royal
«est davantage dans une logique d'affirmation des valeurs
féminines que dans la revendication féministe. Elle n'a jamais été
porte-parole d'un groupe de pression féministe».
Mais elle a
porté des questions privées, quotidiennes, que les hommes
politiques jugeaient marginales.
«En disant que le privé est politique, elle est
féministe.»


«Rebelle». Les féministes historiques, engagées dans
des associations issues des combats des années 60, sont souvent
exaspérées quand on leur parle de Ségolène Royal. Pas envie de lui
décerner des brevets de féminisme. Pas possible non plus de dire
trop publiquement du mal d'elle. Elles retiennent la délivrance de
la pilule du lendemain, regrettent la garde alternée. Savent
qu'elle n'a jamais été une assidue des manifestations. Celle-ci se
déclare «pro-Ségolène», mais ne peut afficher sa ferveur. Maya
Surduts, de la Coordination des associations pour le droit à
l'avortement et à la contraception (Cadac), soupire:
«Tant mieux si elle fait une loi-cadre sur les violences aux
femmes. Cela fait des années qu'on travaille là-dessus.»
Suzy
Rojtman, du Collectif national droits des femmes trouve qu'
«elle n'a pas abusé de sa fibre féministe, car elle ne voulait
pas se faire cantonner là-dedans. Mais elle le fera, c'est bien
qu'elle montre que la politique ne se résume pas au CAC40 et au
Liban.»
Fadela Amara, la patronne de Ni putes ni soumises, à qui
Ségolène Royal a rendu hommage dans son discours d'investiture, la
voit comme
«une femme libre et rebelle». Elle ne la catalogue pas:
«Etre féministe, ce n'est pas avoir un étendard.» Elle-même,
au début, refusait cette appellation et affirmait que la parité
touche autant les filles des quartiers
«que les soldes chez Hermès». Elle se rappelle que, députée,
Royal l'avait reçue à déjeuner et qu'elle aide discrètement les
filles en galère que l'association lui envoie.
Au PS ou dans son entourage, de nombreuses femmes soutiennent
Ségolène Royal pour la
«modernité» dans ses décisions de ministre (le congé
paternité, la pilule du lendemain dans les lycées, la
coparentalité).
«Ce n'est pas une théoricienne, elle n'est pas dans la
revendication agressive, pas dans le déclaratif»,
dit une
militante du XIII e arrondissement de Paris depuis dix ans. Olga
Trostiansky, adjointe de Delanoë à la famille, appelle ça
«un féminisme d'action».

Province. Aurélie Filipetti, fraîche recrue du clan
Royal, ancienne Verte, l'a ralliée aussi pour ça:
«C'est une femme et c'est cette femme. Une femme en position
d'être élue, c'est déjà en soi révolutionnaire, puisque la
présidence est l'archétype du patriarcat. Cette femme, de gauche,
dont le féminisme est lié à son histoire personnelle.»
Danielle
Bousquet, qui travaille au PS en lien avec les féministes,
désormais membre de son équipe de campagne, est évidemment
«enthousiaste». «C'est la révolte des femmes qui l'a amenée à la
politique. C'est moins visible dans les cercles parisiens,
note
la députée des Côtes-d'Armor,
mais en province, c'est cet espoir qu'elle soulève chez les
femmes.»

Si Royal se positionne aujourd'hui ainsi, c'est aussi que le
féminisme s'est désenclavé.
«Il y a dix ans, les femmes politiques commençaient leurs
phrases sur les plateaux télé en disant "je ne suis pas
féministe"»,
se souvient Laurence Rossignol. Le féminisme a
désormais perdu son
«image négative post-soixante-huitarde d'hystérique mal baisée.
L'image du féminisme a changé, l'image des femmes
aussi».
Ségolène Royal l'a capté.
(1) www.femmesdavenir. segoleneparis.fr




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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 15 Fév - 14:03

Moi j'aime bien la "concrètitude" .... voyez vous ... ;-)
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 15 Fév - 15:46

Oui, je comprends tout à fait cet amour de la 'concrétitude', qui est à mes yeux tout aussi importante que la 'théoritude', mais je pense qu'elles sont complémentaires et doivent se nourrir l'une de l'autre. Toute séparation est à bannir. Malheureusement, c'est ce que j'entends quand on affiche trop ouvertement une volonté de ne pas s'attacher au féminisme (je parle de certaines femmes menant un combat à portée féministe). La peur de l'étendard est particulièrement inquiétante...
Mais soyons d'accord, il n'y pas une forme de féminisme qui soit plus viable qu'une autre, à chacune de l'appliquer dans nos vies comme nous le souhaitons et de combattre comme nous l'entendons. Le dialogue doit cependant demeurer et être à l'ordre du jour. Je m'interroge sur la véritable volonté de SR d'entendre la parole féministe dans toute sa diversité.
L'article est intéressant de par la diversité des points de vue abordés. Même si j'aurais aimé qu'il plus fouillé. Merci de l'avoir posté ! Wink
Je trouve que les termes employés par Laurence Rossignol sont appropriés lorsqu'elle parle du féminisme de SR : "Ségolène est un objet féministe non identifié." Car j'ai du mal à l'envisager (peut-être à tort Wink ) en véritable sujet féministe. Elle s'est certes libérée de l'ordre traditionnel, mais elle ne l'a fait que dans un cadre personnel et familial, cela ne s'applique pas à sa démarche ou vie politique.
Mais soyons claires, je ne tiens pas à démontrer quoique ce soit, simplement à essayer d'envisager les choses sous un angle plus large.
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Ven 15 Fév - 17:56

j'entends dans votre discours les arguments avancés par Marie Victoire Louis : En bref vous n'avez pas soutenu SR dés le premier tour sous prétexte que son féminisme est un peu trop essentialiste ou pas assez radical. Quel candidat était selon vous meilleur pour défendre la cause des femmes? Quel candidat en position d'être élu a osé se déclarer féministe? Considérez vous vraiment que cette revendication est un argument électoraliste? Trouvez vous que le féminisme a bonne presse en France? Si vous aviez entendu l'essentiel des arguments contre elle auxquels nombre de militants ont du faire face pendant la campagne, vous ne douteriez pas du culot que ça représente pour une candidate de se déclarer féministe et puis considerez vous que l'homme blanc hétérosexuel plus de 50 ans soit plus représentatif? Pour l'essentiel cette phrase d'Aurélie Filipetti : «C'est une femme et c'est cette femme. Une femme en position
d'être élue, c'est déjà en soi révolutionnaire, puisque la
présidence est l'archétype du patriarcat
. Cette femme, de gauche,
dont le féminisme est lié à son histoire personnelle.»


Pour ma part je comprends le vote noir en faveur d'Obama, c'est un symbole fort, pour la cause des noirs c'est une vraie révolution mais au regard de la candidature d'une femme rien de susceptible de remettre en question les fondements du patriarcat. Rien qui permette d'envisager une amélioration profonde de la condition féminine dans le monde, sachant qu'à l'intérieur de chaque groupe discriminé ce sont toujours les femmes les plus mal loties. Encore une fois parmi les trois candidats en position d'être élus, répondez moi, lequel était selon vous mieux disposé à défendre la cause des femmes? Bayrou? qui misait sur ses qualités d'homme comme il disait, et parlait d'améliorer les conditions du congé maternel afin que les femmes , et les femmes seulement, puissent mieux s'occuper de l'éducation de leurs enfants? Sarkozy? inutile de developper. D'une façon pragmatique quel intérêt ont eu certaines féministes et de nombreuses femmes à ne pas soutenir dés le premier tour SR et ainsi permette une large avance à celui qui représentait le pire projet de société? Pour finir j'ai beaucoup de mal à me remettre de cette défaite, la perspective d'une femme présidente qui plus est une femme de gauche représentait un véritable espoir et d'abord parce que je suis féministe, si j'ai pu regretter parfois le choix d'un féminisme différentialiste j'ai toujours considéré que si son féminisme était perfectible et parfois maladroit, elle était de loin parmi l'ensemble des candidats, la mieux intentionnée, et que plutôt que de la fustiger certaines féministes auraient eu raison de la soutenir et la conseiller. Enfin, si son féminisme a pu vous paraître timoré, imaginez les réactions si il avait été plus affirmé! Je crois que d'un point de vue stratégique elle avait tout intérêt à se montrer modérée a priori.Relativement à ses positions contre la prostitution beaucoup, et particulièrement des militants d'extreme gauche, lui reprochait son puritanisme, la plupart des positions féministes sont très impopulaires je n'vous apprends rien.


Très vite à propos de Fourest, je me suis largement exprimée, mais pour être plus précise j'apprécie par ailleurs l'essentiel de son travail et particulièrement le combat qu'elle mène avec sa compagne Fiammetta Venner, mais j'ai plus de mal à comprendre certaines positions citées plus haut et à l'instar de Badinter je la trouve mauvaise camarade.Bref.
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Clinton, Royal, candidatures et féminisme.   Sam 16 Fév - 15:31

Si je vous ai offensées, j'en suis désolée.

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