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 Dossier : Les masculinistes

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Misfit Cat
Déesse parmi les déesses
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MessageSujet: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:26

Les masculinistes : qui sont-ils? que veulent-ils?


[par C.R.]

Les images et les déclarations de pères éplorés réclamant la résidence alternée [1] pour leurs enfants après un divorce sont de plus en plus fréquentes dans les médias.

Désir réel (et louable !) de certains hommes de prendre réellement en charge leurs enfants ou haine des femmes cachée derrière l’instrumentalisation de ces enfants ? Le mouvement masculiniste se développe partout : mouvement pour les droits des hommes, pour la promotion de la masculinité, il défend les intérêts et les prérogatives des hommes et se bat tout particulièrement contre le féminisme et ses " excès ".

Le mot " masculiniste " a été introduit en France en 1989 par Michèle Le Doeuff dans son ouvrage " L’étude et le rouet ". Mais déjà, dans les années 1920, Virginia Woolf déclarait à propos du poète Milton : " Il est le premier des masculinistes ".

Le mouvement masculiniste est apparu à la fin des années 50, aux Etats-Unis, à travers des associations d’hommes divorcés se posant en victimes des femmes. En Europe, les premiers groupes d’hommes divorcés sont nés dans les années 80. " Mouvement pour l’égalité parentale " en Belgique, " S.O.S. divorce " en France, " Father for justice " en Angleterre, " Renouveau père-enfant " en Allemagne, " Après rupture " au Canada où de nombreux autres groupes fleurissent : tous ces groupes ont pour principale revendication d’exiger des " droits " sur leurs enfants. Ils se sont réunis le 8 mars 2003, à Genève, pour un Congrès International de la Condition Masculine.

Aux Etats-Unis, en Europe ou au Canada, ces groupes ont des méthodes d’action communes qui ne reculent pas devant les menaces auprès des femmes ou de leurs avocates, le harcèlement auprès des juges aux affaires familiales. Ils s’appuient sur une stratégie de lobbying auprès des différents gouvernements et parlements et utilisent beaucoup les médias et Internet. Ils s’arrangent pour être très visibles lors des manifestations où ils apparaissent souvent déguisés, habillés de noir ou de violet. Bien qu’ils soient peu nombreux en France, ces hommes sont très bien organisés et donc dangereux : s’ils se soucient des intérêts des enfants qu’ils prétendent défendre, ils semblent surtout préoccupés par l’idée de faire respecter leurs propres avantages.

" L’idéologie " des masculinistes part du postulat que l’égalité des sexes est atteinte pour les femmes et que, parallèlement à la condition féminine, existe une condition masculine. Les hommes doivent faire face à une crise de la masculinité… dont sont responsables, bien sûr, les femmes. Pour ces pères divorcés, " privés " de leurs enfants, la principale revendication est d’affirmer leur autorité sur leurs enfants.

Mais ils veulent également se défendre des femmes… qu’ils rendent responsables de pratiquement tous les maux du monde.

L’émancipation des femmes a eu en effet selon eux, des conséquences dramatiques sur les hommes et sur toute la société.

Les femmes remettent en cause le pouvoir des hommes, elles les désacralisent, les déstabilisent voire même les émasculent !!! Privés de repères et de modèles moraux et identitaires, les hommes souffrent mille morts.

Beaucoup de pédagogues et de sociologues se penchent sur l’échec scolaire des garçons : inutile de chercher plus longtemps ; les femmes en sont responsables ! Ainsi au Canada, ont lieu actuellement des expériences d’écoles non mixtes, destinées à " protéger " les petits garçons. Certains ont même droit à des cours de " rattrapage " lorsque l’enseignement est trop féminisé.

Les femmes sont accusées encore d’avoir recours au divorce, de séparer les pères de leurs enfants, de refuser la résidence alternée. En effet, les masculinistes ont fait de la résidence alternée en cas de divorce leur principale revendication. Ce mode de prise en charge des enfants représente beaucoup d’avantages pour eux puisqu’il leur permet de ne pas payer de pension alimentaire et de garder un contrôle sur la vie de leur ex-femme. Pour les masculinistes, la résidence alternée est un moyen d’assurer le retour du patriarcat, de la loi du père.

Les femmes, piliers des familles mono-parentales (80% des foyers monoparentaux) seraient responsables de la toxicomanie, des crimes, de la délinquance des enfants qu’elles élèvent seules.

Les femmes, grâce aux luttes qu’elles ont menées, peuvent maintenant maîtriser leur fécondité… et les masculinistes ne le supportent pas. Certains réclament donc le droit de co-décision en matières de grossesse ou d’avortement, et des interventions ont lieu au Parlement Européen pour revendiquer " les droits des pères vis-à-vis des enfants conçus ".


1- La résidence alternée est le terme juridique pour désigner la "garde alternée" (loi française sur l’autorité parentale du 4 mars 2002). L’expression "garde de l’enfant" n’existe plus dans le vocabulaire juridique depuis la loi Malhuret de 1987 !!!


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Dernière édition par le Mer 12 Déc - 19:39, édité 1 fois
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:32

LES OBJECTIFS POLITIQUES DES MASCULINISTES



Que l’on consulte les sites des mouvements de défense de la « condition masculine », les publications féministes d’analyse du masculinisme ou que l’on tape tout simplement « masculism » sur un moteur de recherche, les mêmes thématiques idéologiques clés apparaissent avec une belle constance:



tout d’abord, le masculinisme part d’un postulat : l’égalité des sexes est atteinte pour les femmes. Il s’agit donc désormais de contrer les discriminations vécues par les hommes en tant qu’hommes. Des discriminations que le masculinisme identifie comme les fruits d’un prétendu « excès » du féminisme (mais quand on demande aux masculinistes de dresser une liste concrète de ces « excès », impossible d’en avoir le détail).

ensuite, le paradoxe n’étant pas un souci, l’égalité des sexes n’existe pas : les deux sexes sont complémentaires, les différences hormonales et physiques se répercutant inéluctablement sur les performances intellectuelles et sociales.

Le féminisme, en niant le caractère intrinsèque de ces différences, met en danger la société. Le mouvement d’émancipation des femmes est ainsi rendu responsable de diverses « plaies » telles que : le haut taux de divorce, la désintégration des familles, la démission des pères, les grossesses adolescentes, le suicide des hommes, la violence, la société de consommation, la dépendance aux drogues, l’échec scolaire, les prisons surpeuplées, les accidents de la route et l’homosexualité (le masculinisme est violemment homophobe.)
les femmes seraient aussi victimes du féminisme, qui les… « victimiserait » (un discours repris d’ailleurs par certaines femmes, telles que Elisabeth Badinter dans « Fausse route » ou la juriste Marcella Iacub) et les éloignerait des sentiers de la séduction entre hommes et femmes pour réduire les rapports entre les deux sexes à une lutte permanente. (Peu importe que cette lutte soit, d’une part, légitime au vu des inégalités persistantes, et au surplus pacifiste, contrairement aux violences organisées par les mouvements masculinistes, telles que : harcèlement des juges aux affaires familiales, lettres piégées, intimidation organisée contre les mères divorcées en procédure judiciaire…).

L’impact du féminisme est d’autant plus fort et ravageur que ses idéologues auraient infiltré l’Etat et gouverneraient désormais le monde occidental (le « complot féministe »). Grâce à ce succès politique, le féminisme (appelé aussi « fémi-nazisme ») édicterait aujourd’hui des lois violemment anti-hommes, visant à renverser le Patriarcat, voire à instaurer un Matriarcat.

Pour redresser la « situation », les mouvements masculinistes ont donc élaboré des stratégies efficaces de lobbying auprès des différents gouvernements et Parlements, de façon à obtenir des lois qui restaurent l’ordre naturel des choses et mettent fin à la discrimination vécue par les hommes. Usant du capital de sympathie que la société porte au moindre père s’occupant ou prétendant s’occuper de ses enfants, ils ont mis en œuvre une série de chantiers législatifs. Que ce soit chez "paPPa" ou "Vateraufbruch für Kinder en Allemagne", "SOS Papa" ou le "Mouvement pour la Condition Masculine" en France, "Fathers 4 Justice" en Angleterre, "Lone Fathers Association" en Australie ou "L'Après-rupture" au Canada, l’agenda est partout le même :

instaurer la notion de couple parental quand le couple conjugal se défait

réformer les lois sur le divorce

contester les accusations de violences conjugales ou d’abus sur enfants

alerter sur les dangers que représentent les familles monoparentales pour les enfants

questionner l’impact de la mixité sur les résultats scolaires des garçons (inférieurs à ceux des filles depuis plusieurs années)

introduire le principe de co-décision en matière de droits procréatifs

combattre la discrimination sexiste en politique
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:33

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A priori, une profession de foi tout ce qu’il y a de plus politiquement correct. Il faut descendre dans les corps des articles, des revendications, des déclarations, pour découvrir le sens que donne le mouvement masculiniste à ces propositions, à savoir:

que le couple parental est entendu avant tout comme un outil pour maintenir le contrôle sur l’ex-conjointe via l’enfant, intervenir à-tout-va dans la moindre de ses décisions, alors même que, statistiquement, c’est bien la mère qui assume l’essentiel des soins aux enfants. « Résidence-Alternée », l’une des associations qui défend les droits des pères en France, écrit ainsi : « Un parent se retrouvant, volontairement ou non, seul responsable au quotidien de son enfant, n’a plus ni repère ni contrôle venant de l’autre parent », situant donc la notion de coparentalité comme « contrôle d’un parent sur l’autre ». L’idéologie du couple parental indissociable, même après divorce, est sévèrement remise en question depuis peu, notamment par le sociologue Benoît Bastard, sociologue au CNRS (2004).

que l’objet principal de la réforme du divorce est d’abroger le divorce pour faute, éliminant ainsi la reconnaissance au moment de la séparation des violences qui la justifient. Ceci alors que 50% des demandes de divorce s’inscrivent précisément dans un contexte de violence conjugale. Le second objectif étant l’élimination de toute pension, compensatoire pour les épouses (moins de 15% des divorces en France) ou alimentaire pour les enfants (66% ne sont de toutes façons pas ou peu payées en France).

que la lutte contre les « fausses allégations de violences » vise dans les faits à museler les victimes, de sorte que leur parole soit d’emblée entachée de suspicion, que les tribunaux notamment en viennent à interpréter toute accusation comme un subterfuge pour gagner une pension alimentaire plus élevée, par exemple, et non comme un appel au secours de la part d’une mère cherchant à se protéger elle-même ou son enfant. L’association l’Après-Rupture, au Québec, propose la solution suivante en cas d’accusation de violence de la part d’une épouse : « Moi je suggèrerais de mettre tous les deux en prison pendant un mois, le père et la mère tous les deux, comme ça on est sûrs de ne pas se tromper. Ils vont peut-être se calmer, il y en a un qui va comprendre ou l’autre va…hein ? Il y en a un qui ment et l’autre qui dit la vérité, et bien on va faire le juge, on met les deux en prison pendant un mois. Moi je leur dirais : "Ecoutez, moi je ne vous crois pas ni l’un ni l’autre mais je vous condamne tous les deux". Faisons un cas d’espèce, un cas modèle là pour envoyer un message clair. Les juges devraient faire un cas d’espèce, envoyer un signal à la population, c’est leur rôle. »

que la stigmatisation des foyers monoparentaux, à 80% féminins, tend surtout à dissuader les épouses de quitter le foyer. En effet, alors même qu’elles assument seules la charge financière, le travail et le soin nécessaire aux enfants, les mères isolées sont retenues coupables de toutes les souffrances sociales des enfants (délinquance, drogue, échec scolaire). On sait pourtant que ces phénomènes ont pour origine première la pauvreté dans la quelle vivent les foyers monoparentaux. Mais en incitant l’Etat à couper les allocations pour parent isolé (des tentatives en ce sens sont en cours en France et au Québec), en refusant de payer les pensions alimentaires aux enfants, le mouvement masculiniste atteint son but : dissuader les femmes de quitter le foyer. L’un des responsables de l’association « La condition parentale et familiale » à Grenoble, déclare ainsi : « Quand dans un pays vous voulez financer une politique nataliste, que l’on veut créer plus d’enfants, on va donner des incitations financières, donner des subventions aux familles qui ont plus d’enfants que d’autre, et ça fonctionne. Aujourd’hui, le simple fait de donner des subventions, des pensions, des parts contributives, des aides, toujours au même groupe social lorsqu’il se sépare, ne fait ni plus ni moins que de l’inciter à ce type de séparation. Je dirais que nos pays en Europe auraient décidé de financer la séparation des ménages, la fin du couple traditionnel et la montée des familles monoparentales, je crois qu’il ne s’y seraient pas pris autrement, parce que c’est réellement des incitations des femmes effectivement à se séparer »

que le discours sur le décrochage scolaire des garçons correspond en fait à une inquiétude en terme d’embauches. En effet, la supériorité scolaire des filles impliquerait un accroissement des embauches féminines aux postes les plus rémunérateurs. Une perspective inacceptable pour le mouvement masculiniste. Aussi, plutôt que de s’interroger sur le succès des filles en dépit d’un système éducatif qui demeure largement androcentrique (voir « le diktat culturel »), le masculinisme prône le retour à la non-mixité scolaire. Objectif : créer des écoles distinctes pour les garçons, dont on peut imaginer que les meilleurs professeurs assumeront l’enseignement, recréant ainsi un enseignement à deux vitesses couronné fatalement par des diplômes de valeur inégale. Triste pour les filles, triste aussi pour nos garçons : avec 10 ans d’avance, et sous l’impulsion masculiniste, l’Australie a en effet tenté la voie de la non-mixité. Le verdict est tombé l’an dernier sous la forme d’un rapport gouvernemental : les grands perdant de cette affaire sont… les garçons, dont les résultats plongent encore plus bas que dans les écoles mixtes !

que la co-décision en matière de conception ne signifie nullement la prise en charge par les hommes d’une contraception dont les effets délétères sur l’organisme féminin sont désormais amplement documentés. Il s’agit en fait de l’instauration de principes juridiques visant à restaurer le contrôle masculin sur le ventre féminin. L’avocat de Steven Hone, jeune homme anglais qui en 2001 avait intenté une procédure judiciaire pour empêcher sa maîtresse (qui venait de le quitter) d’avorter, déclare: « La vérité c’est que les pères n’ont que des droits très limités dans la législation actuelle, certains diraient même qu’ils n’ont aucun droit. Malheureusement, c’est du moins le point de vue des pères, les pères ont en revanche de lourdes obligations vis-à-vis des enfants, et c’est ce que des gens tels que Steven Hone estiment totalement injuste. Les pères doivent payer pour leurs enfants, et s’en occuper. Nous pensons que c’est une bonne chose, que ces obligations instaurent un sens des responsabilités chez les pères, mais en même temps, si nous voulons qu’ils assument ces responsabilités, alors il faut accepter que les pères aient leur mot à dire sur les grossesses ». Car, entre parler à son mari/compagnon de son intention de poursuivre une grossesse, ou d’avorter, et se voir imposer par la loi une concertation préalable à tout avortement ou maternité, il y a plus qu’un hiatus : il y a franchissement d’une ligne reconnue par la Cour Européenne des droits de l’Homme, qui stipule que tout au long de la grossesse, mère et embryon ne font juridiquement qu’un, et que donc, en vertu de l’habeas corpus, personne d’autre que la mère n’a à décider de la poursuite ou non d’une grossesse dont elle seule assume la charge physique et psychique.

que par lutte contre le sexisme en politique, le mouvement masculiniste entend l’interdiction de tout quota de participation féminine aux listes électorales. Ce qui est sexiste, pour le masculinisme, ce n’est pas que la vie politique et familiale soient organisées de telle sorte que c’est bien entendu à Madame d’organiser la vie du ménage et des enfants avant de se rendre à l’Assemblée. Non, le sexisme, c’est d’envisager comme l’a fait l’Allemagne, des crèches dans les enceintes parlementaires, et d’habituer les électeurs au fait que l’on puisse cocher le nom d’une femme autrement qu’en bas de liste… "Sos Divorce", l’une des plus vieilles associations de défense des droits des hommes en France (1975), écrit ainsi : « Instituer des quotas, nous paraît anticonstitutionnel tant que n'est pas modifié l'article 6 en question qui déclare, nous citons "Tous les citoyens étant égaux à ses yeux -(la loi)-, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents". Il est évident, suivant ce texte, partie intégrante de notre constitution, que le critère de sexe est exclu. Nous considérons qu'un homme ou une femme, placé dans les mêmes conditions, doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs, sans aucune discrimination relative à son sexe. Nous nous refusons à porter quelque jugement de valeur sur les différents partis politiques, notre mouvement se caractérisant par le fait que nous ne soucions pas de l'appartenance politique, philosophique, syndicale ou religieuse de nos adhérents ou dirigeants. Mais nous sommes amenés à constater que le parti des chasseurs, représentant une partie importante de la population si on réfère aux scores obtenus aux dernières élections, se verrait alors pénalisé. En effet, nous doutons fort que ce parti ait dans ses rangs autant de femmes que d'hommes. » Autrement dit, pour préserver toutes ses chances au tout petit parti Chasse, Pêche et Tradition, on ne saurait envisager de mesure qui renforce la présence des femmes dans le monde politique… CQFD !

Or toutes ces mesures sont à chaque fois approchées « au nom du père ». Prenons par exemple la question des quotas en politique. On peut lire sur le site de SOS Papa : " Indice de la parité hommes/Femmes en France : 12,3 % de femmes députées, 8,6 % d’hommes ayant la résidence des enfants : 21 femmes députées en trop ?"
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:34

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La violence conjugale

L’agresseur est systématiquement présenté comme un « père » injustement accusé. Et pour récupérer les subventions chichement allouées aux refuges pour femmes battues, les masculinistes font valoir que les « pères » injustement exclus de leur domicile pour violence conjugale (ainsi que le prévoit la loi autrichienne, allemande, luxembourgeoise, canadienne…) doivent pouvoir bénéficier d’un toit pour continuer à accueillir leurs enfants (dont on sait que 50% sont également battus par ces mêmes hommes violents…).

Abus sexuels sur enfant

Tout « homme » accusé d’inceste est présenté comme un père victime de « fausses allégations ». Un prétendu « Syndrome d’aliénation parentale » (SAP), non reconnu par la psychiatrie officielle, est en ce moment même en passe de conquérir tous les tribunaux européens. Le principe : si un enfant refuse de voir son père ou l’accuse d’attouchements ou de violence, et que cette accusation survient dans un contexte de séparation parentale, c’est très certainement un mensonge. L’enfant est en effet « aliéné » par la mère, qui cherche à gagner le divorce contre le père. Et comme bien entendu la majorité des mères qui découvrent que leur enfant est abusé ou violenté quittent le père, voilà des affaires classées en un clin d’œil. D’autant que les chantres du SAP (notamment le psychologue canadien Hubert Van Ghijseghem, qui donne régulièrement des conférences dans toute l’Europe, y compris dans les écoles de magistrature) offrent une étonnante solution pour « guérir » l’enfant : le confier en garde unique au père. Le fait que la France ait fait l’objet d’un rapport accablant du Commissariat au Droits de l’Homme sur cette question précise ne semble pas remettre en cause la propagation du SAP, dont on trouve explications et références sur tous les sites d’associations de pères en France, Allemagne, Belgique, Canada, Suisse… Leur campagne de désinformation est d’ailleurs très efficace : le chiffre de 50% de fausses allégations a pris dans les médias. Les statistiques des gouvernements canadiens et américains, aux prises avec le SAP depuis plus longtemps que l’Europe, sont pourtant claires : maximum 5% de fausses allégations délibérées d’abus sexuel. Le ministère canadien de la Santé précise d’ailleurs : « Lorsqu’on examine les cas impliquant un litige portant sur la garde des enfant ou sur le droit de visite, on constate que les pères qui n’ont pas la garde ont signalé 43 % de tous les cas de fausses allégations intentionnelles documentées dans l’ÉCI-1998, tandis que les mères ayant la garde des enfants sont responsables de 14 % des fausses allégations ». Mais en ce moment même, la justice française et allemande continue de confier des enfants abusés à leur violeur.

La santé

Les hommes, assurent les mouvements masculinistes, affichent un taux de suicide plus élevé que les femmes. Explication : ce sont des pères privés de leurs enfants, contraints à payer une pension alimentaire, qui sombrent dans la détresse. Conclusion : si l’on veut parer aux suicides des hommes, il faut, d’une part, réduire le nombre de divorces, d’autre part, supprimer la pension alimentaire et, enfin, garantir à tout père, quelles que soient ses compétences et attitudes vis-à-vis de sa famille, un accès inaliénable aux enfants (et, par là même, à son ex-compagne ou épouse). Une démonstration qui fait actuellement fureur au Québec, en dépit des statistiques prouvant que :
1) la pauvreté des mères divorcées est largement supérieure à celle des pères divorcés ;
2) que le taux de suicide des femmes est identique à celui des hommes ; seul diffère le taux de « réussite » du suicide, les hommes optant, construction culturelle oblige, pour des moyens plus virils : armes à feu et accidents de la route volontaires ;
3) que leur précarité psychique s’explique avant tout par l’habitude d’être pris en charge par une femme (ménage, santé, « soins » sexuels, organisation…), et qu’une fois divorcés ils ont du mal à assumer leur statut d’adulte.

Mais dans leur majorité, les médias, très largement objet d’un intense lobbying des mouvements masculinistes (jusqu’à 30 mails et communiqués par jour, constate-t-on au Québec), reprennent leurs arguments sans chercher plus loin. "Sos Papa", en France, a ces 5 dernières années été invité ou interviewé dans 40 émissions de télévision, et fait l’objet de 700 articles de presse. "Fathers 4 Justice" en Angleterre non seulement s’affiche sur les écrans britanniques au moins 2 fois par mois, mais réussit à captiver l’attention d’un nombre incroyable de titres de presse, dont le Times, qui leur a consacré sa couverture pour un grand tour d’horizon des revendications « paternelles » à travers le monde. Der Spiegel, enfin, où écrit celui qui se présente comme le « missionnaire des mouvements des pères allemands », Matthias Matussek, relaie très régulièrement les positions les plus rétrogrades des mouvements de pères en matière de divorce, ou de santé, par exemple.


Jean-Claude Saint-Amant, chercheur en sciences de l’éducation à Québec étudie depuis quelques années l’impact du discours masculiniste sur les décisions politiques en matière de mixité à l’école. Il explique :


« Au Québec les masculinistes sont finalement très peu nombreux, personnellement je les évalue à une vingtaine d’ actifs et autant qui gravitent autour. Mais ils sont extrêmement actifs grâce aux médias électroniques, ils mettent sur pied des sites Internet et investissent massivement les forums de débats. Ils ont ainsi construit tout un système de référencement : on va aller sur un site de droits des pères, à prime abord légitime : on peut se poser des questions sur les droits pères dans la société aujourd’hui, mais très vite les liens vous renvoient vers des sites antiféministes, tels que « Content d’être un gars », au Québec, qui déverse une propagande haineuse contre les femmes, avec des théories du complot où les femmes domineraient dans les médias, domineraient dans la justice, etc., etc...
L’autre façon de procéder, c’est en se servant des médias, c'est-à-dire de faire dire à des personnes autres, avec des mots autres, les choses ou messages qu’ils veulent bien penser. Il y a un certain nombre de personnes dans les medias, qui sont littéralement bombardées de messages internet. On sait que les personnes dans les médias sont pressées, et les mouvements masculinistes se servent de cet aspect, en fournissant souvent une documentation, des chiffres, des statistiques, qu’il faudrait vérifier pour démasquer certaines supercheries grossières. On a pu constater, ici, à l’Université de Laval, qu’ils n’hésitent pas à reprendre des textes d’analyse féministes réalisés par exemple par notre propre faculté et à remplacer le mot homme par femme ! On observe aussi que certaines personnalités, dans les médias et certains hommes et femmes politiques sont ciblés de façon très précise. C’est ainsi que depuis 1 an ou 2 leur influence dans les médias s’est accrue de façon importante, ils sont devenus en fait des interlocuteurs et c’est ce qu’ils souhaitaient depuis années. Je pense par exemple, au Québec et en Australie, à toutes les critiques sur le monde scolaire qui selon eux discriminerait les garçons : l’impact auprès des médias, auprès des parents qui se retournent contre l'école a été énorme.
Il y a enfin un ciblage constant de certains ministères, qui sont bombardés littéralement de messages, en partant du ministre et en descendant tous les échelons hiérarchiques. Et quand je dis bombarder je parle de 10,15,20 messages par jour, que le personnel politique reçoit de la part de ces gens là. On a eu notre ministre des Relations avec les citoyens (le ministère qui chapeaute la Condition féminine) violemment mise en cause. En même temps il ne faut pas se leurrer, ce type de méthode là a ses effets. La réflexion de la ministre sur la place des hommes a été influencée par la prise de position de ces groupes et il y a des risques en fait que des institutions gagnées par les femmes pour favoriser leur émancipation soient perdues. Cette pression constante des masculinistes les plus bruyants, type "L’Après-Rupture" au Québec ou "Sos Papa" en France, crée en définitive une place pour des masculinistes dits « modérés » : mais attention, si la forme employée change (ils ne grimpent pas sur les palais royaux, n’insultent pas les ministres, ne vocifèrent pas dans les manifestations), le fond du discours malheureusement reste le même. », nous dit Arte ( [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] )
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:36

Qui sont les masculinistes?

Les dirigeants de l'Après-rupture avec leurs collègues canadiens et américains à l'occasion d'un congrès.
On peut classer les groupes masculinistes en trois catégories : les groupes de défense des droits des hommes, les groupes de thérapie de la masculinité et les groupes conservateurs qui représentent l’extrême droite religieuse. Au-delà de leurs différences, c’est bien leur anti-féminisme ouvert qui assure la cohésion de leur discours, ainsi que leur position contre l’avortement. Voici brièvement ce que chacun d’eux ont à dire sur cette question.

Les groupes de défense des droits des hommes

Ces groupes luttent d’abord pour le droit des pères concernant la garde des enfants et les lois sur le divorce, mais encore, ils militent activement contre les politiques d’accès à l’égalité ou contre les réformes sur le harcèlement sexuel. Ils soutiennent que toutes ces lois sont discriminatoires envers les hommes. Et bien entendu, la discrimination dont ils souffrent serait le fruit du complot féministe, de connivence avec l’État, les juges et les tribunaux pour les priver injustement de leurs droits. Leur discours tourne donc surtout autour de la définition abusive que les féministes auraient donnée de la violence, du sexisme de l’appareil judiciaire et du partage inéquitable des ressources entre victimes et agresseurs dans les cas de violence conjugale. Selon eux, le féminisme aurait non seulement atteint l’égalité entre les sexes, mais aurait même renversé la situation au profit des femmes. Ainsi, tous les problèmes auxquels font face les femmes sont rendus équivalents à ceux des hommes. Par exemple, le fait que les femmes soient majoritairement les victimes de violence conjugale est contré par le fait que les hommes se suicident plus que ces dernières. À cet effet, ils soutiennent que les hommes souffriraient plus qu’avant car le mouvement féministe aurait engendré le mépris des valeurs masculines. Conséquemment, ils font de la revalorisation des comportements masculins un de leurs refrains, ce qui leur permet de déculpabiliser les hommes de leurs comportements agressifs, puisque selon eux, cela relèverait de la nature masculine à laquelle on ne peut rien changer. Ils s’emploient de cette façon à défendre les rôles sociaux traditionnels en les justifiant par des arguments d’ordre biologique.

Ici au Québec, ce courant est incarné par des groupes comme Entraide pères-enfants séparés, Fathers 4 Justice et parmi les groupes les plus connus, l’Après-rupture et le Groupe d`Entraide Aux Pères et de Soutien à l’Enfant (GEPSE).

L’Après-rupture :
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Fondé en 1998, l’Après-rupture est un organisme sans but lucratif chapeauté par le non moins notoire Gérard P. Lévesque. Ce groupe dénonce fermement «les excès des féministes radicales et ses conséquences négatives dans la société». Il n’hésite pas non plus à décrire le féminisme comme un «apartheid raciste anti-mâle»...

L’Après-rupture traite principalement des échecs scolaires et du comportement social des garçons, du manque d’activités physiques des garçons, de l’absence de modèle masculin et de la valorisation excessive des filles. Rien de moins que la défense de la culture traditionnelle masculine.

Sur la question de l’avortement, laissons M. Lévesque nous éclaircir sur leur position : «Le droit accordé aux femmes de renoncer à leur maternité […] n’est pas accordé aux hommes. Ainsi, à partir de la conception, jamais le père de l’enfant à naître n’aura le droit de renoncer à sa paternité.»

Ce n’est donc pas tant à l’avortement en tant que tel qu’ils en veulent, mais bien au libre choix des femmes. Ce qui les dérange, c’est plutôt le fait inacceptable, à leurs dires, que le père ne puisse imposer une maternité forcée ou une interruption de grossesse forcée. Car si la femme décide par elle-même de garder l’enfant, ce ne serait que pour réclamer de l’argent à l’homme et si elle décide d’avorter, ce ne serait que pour le faire chier...

Ainsi, leur position se distingue de la droite religieuse... quoi que M. Lévesque nous dit bien qu’ «À chaque année, le sacro-saint sacrement féministe de l’avortement assassine près d’un million de fœtus en Amérique du Nord. Cependant si la femme désire se faire vivre par un esclave mâle, elle impose cette vie humaine «sacrée» au vil éjaculateur. Il n’y a pas à s’étonner que la «culture de la mort» féministe soit un danger mortel pour la survie du peuple des Français d’Amérique: mes grands-parents ont eu en 1930, 13 enfants; la Québécoise «progressiste», lorsqu’elle cesse de tuer ses fœtus, accouche de 0.5 enfant. Le féminisme suicide le Québec! »

Ce qu’ils disent, au bout du compte, c’est que l’avortement serait un «meurtre» seulement lorsque c’est la femme qui décide de se faire avorter! Enfin, cette citation démontre clairement que les idées d’extrême droite ont la touche chez les masculinistes... même chez ceux n’appartenant pas au courant de l’extrême droite religieuse. Alors, imaginez!

Dans un autre registre, la question de l’avortement soulève aussi celle de l’immigration. En effet, il s’agit bien «de la survie du peuple des Français d’Amérique» lorsque les masculinistes mettent le débat sur la table. Ainsi, les masculinistes affichent une peur des autres cultures et tiennent mordicus à la tradition blanche catholique si chère à l’extrême droite. Enfin, tant les groupes de défense des droits de l’homme que les conservateurs partagent cette même xénophobie.

Les groupes de thérapie de la masculinité

Ces groupes se concentrent principalement sur la question de la «souffrance» des hommes. Ils organisent des ateliers, des retraites ou des discussions pour les hommes quant à leur rapport à la masculinité. Ici, au Québec, les groupes de thérapie de la masculinité les plus connus sont «Content d’être un gars» et «Entre-gars».

Content d’être un gars:
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Chapeauté par le masculiniste Yves Pageau, laissons ce dernier nous expliquer d’où vient le nom de son organisme : «À la première personne du singulier, on est toujours un gars. C’est aux yeux d’autrui qu’on est un homme. L’homme est le personnage social et le gars est la personne intime. Contrairement à ce que la misandrie ambiante tente de laisser croire, il n’est pas interdit d’être content d’être ce qu’on est et je rejette la prétendue supériorité morale des femmes.»

Sur leur site, on retrouve le blog de Gérard P. Lévesque, de l’Après-rupture, qui met bien en garde les hommes que «les féministes radicales risquent de gagner la révolution culturelle». Suite à ses inquiétudes sur le contrôle de l’ONU par les féministes, Lévesque annonce que «nous avons passé le point de non retour et que trop d’enfants non-nés ont été massacrés par des avorteuses». Quant à Yves Pageau, il n’hésite pas à parler de l’infanticide que représente l’avortement après quatre mois de grossesse.

Enfin, les groupes des droits des hommes et les groupes de thérapie de la masculinité partagent la même position concernant l’avortement. Ce n’est pas tant ce dernier qui est en jeu, mais plutôt le libre choix des femmes.

Les groupes conservateurs

Ces groupes défendent une vision de la famille traditionnelle et aimeraient bien retourner aux temps où l’Église dominait la vie sociale et politique. Ils justifient les rôles sociaux traditionnels par la bible (catholique ou protestante) et revendique pour l’homme son statut naturel d’autorité et de protection. Bien entendu, ils s’opposent à l’homosexualité.

Ici au Québec, les groupes les plus connus sont Québec-vie et le Parti de la Démocratie Chrétienne du Québec.

Québec-vie :
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Présidé par Luc Gagnon, Québec-vie est un organisme sans but lucratif. Il a comme mission de cultiver le respect de la vie face à la culture de la mort qui, selon eux, règne au Québec. Malgré les 65 000 sympathisants qu’il dit avoir, Québec-vie est une organisation très faible.

Bien sûr, cet organisme considère les féministes comme ses adversaires. En fait, à cause d’elles, le Québec serait en train de s’auto-génocider en tuant ses enfants! Leur position est donc très claire : l’avortement est un meurtre. Leur opposition prend la forme de prières, de lobbying et de manifestations devant les cliniques d’avortement, entre autre.

Et la position des anarchistes?

Nous considérons que les femmes ont le droit de choisir. Tout au long de l’histoire, le fait d’avoir des enfants a réduit l’accès pour les femmes à l’éducation, au travail, aux loisirs, etc. Même encore aujourd’hui, ce sont les femmes qui assument la majorité du travail domestique, qui arrêtent leurs études ou même qui arrêtent leur travail faute de véritables mesures de conciliation famille-travail.

Même si la situation des femmes a grandement évolué au cours des dernières décennies, l’oppression spécifique des femmes n’est pas disparue. En effet, doit-on rappeler que toutes les 45 secondes, un viol est commis aux États-Unis? Que le viol conjugal n’est considéré comme un crime que par 17 États sur cette planète? Que les femmes mondialement sont celles qui souffrent le plus de pauvreté et d’analphabétisme? Que les écarts de salaires persistent toujours entre les hommes et les femmes? La liste est encore bien longue...

Ainsi, une femme meurt dans le monde à chaque 3 minutes suite à un avortement clandestin raté. Avoir le plein contrôle de son corps est une clé essentielle pour en finir avec l’oppression que vivent les femmes.

Les anarchistes supportent donc le droit à l’avortement. Ce droit repose, selon nous, sur le droit des femmes de contrôler leur propre fertilité. Ainsi, l’accès aux moyens de contraception et à l’avortement gratuit font partie de nos revendications. La qualité de vie des femmes ne peut être égalée à celle d’un foetus non-né.

Enfin, non seulement nous appuyons le libre choix des femmes, mais nous nous opposons aussi à tous ceux et celles qui désirent le leur enlever. Que les masculinistes se le tiennent donc pour dit!

E. Morraletat


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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:39

Changements dans la vie des hommes et "crise de la masculinité"

[par V.A.]

Depuis que le féminisme a fait évoluer les conditions de vie des femmes et des hommes, on peut observer une mise à mal des prérogatives masculines : il existe désormais une exigence de répartition des tâches domestiques (même si concrètement les hommes réalisent un quart d’heure de tâches domestiques en plus par jour !) et la prise de décision au sein du couple est mieux partagée. Sur le plan social, les femmes sont malgré tout mieux représentées qu’avant dans les professions supérieures et dans le champ politique. Les hommes subissent donc la concurrence de ces femmes là où avant ils ne concourraient qu’entre eux.

Un autre changement important réside dans la perte de vitesse de la virilité, désormais mal vue. Comme le note la psychologue sociale Pascale Molinier, elle est devenue un marqueur social qui désigne les jeunes hommes des classes populaires : " La virilité apparaît surtout comme un critère discriminant de classe. Demeurent virils, au sens péjoratif du terme, les jeunes hommes appartenant aux milieux populaires. La virilité classe les individus de sexe mâle. " Cette moindre valorisation de la virilité a des conséquences libératrices pour les hommes qui peuvent désormais s’affranchir de cette norme de comportement. Le pro-féministe canadien Mathieu Carnal déclare ainsi : " Les luttes pour l'égalité ont permis aux hommes d'avoir un autre rapport aux enfants, à leur sensibilité, à leur vie professionnelle ".

Mais la mise à mal de la norme de virilité correspond pour certains à une perte de repères qui se traduit par l’expression de souffrances : c’est la " crise de la masculinité ", qui se manifesterait par une augmentation des suicides masculins, des dépressions et du vagabondage. Sur ce sujet les masculinistes appuient leur argumentation de données chiffrées : au Québec les hommes qui se suicident sont trois à quatre fois plus nombreux que les femmes ; en France, le suicide est six fois plus élevé chez les hommes divorcés que chez les autres hommes.

Cependant, les souffrances masculines représentent " la partie visible de l’iceberg " dans le sens où les hommes expriment leurs souffrances de manière plus visible et plus préjudiciable pour les autres que les femmes… ce qui signifie que les souffrances féminines sont moins visibles, donc minimisées. Les souffrances masculines font davantage parler d’elles car elles se traduisent par des actes de violence spectaculaires envers les autres et envers soi-même, à l’inverse des souffrances féminines, beaucoup plus silencieuses. Comme le note P. Molinier : " Les souffrances féminines font l’objet d’un processus d’euphémisation qui devrait nous inciter à porter quelques soupçons sur la fonction idéologique du vaste fourre-tout de la “crise de la masculinité”. " Elle dénonce également la tendance à " psychologiser " les souffrances féminines, au lieu de les appréhender en termes d’injustice sociale : " Que les souffrances féminines soient perçues et vécues sur le plan du drame personnel et qu’elles ne soient pas contextualisées dans la perspective d’une crise identitaire collective, cela ne doit donc pas nous étonner. Parce que la souffrance est déjà contenue dans la définition de la “nature féminine”, quelle que soit la connaissance que nous ayons, par ailleurs, des discriminations fondées sur l’arbitraire du sexe, il demeure que la souffrance des femmes est moins immédiatement saisissable que celle des hommes en termes de causalité et d’injustice sociales. "

Le pro-féministe Yannick Demers, dans son article " La misère au masculin ", rappelle que globalement, les femmes sont surreprésentées parmi les personnes pauvres, sans domicile fixe et suicidaires. Si la situation des hommes pose davantage problème en termes socio-sanitaires, c’est parce qu’ils sont surreprésentés dans les situations extrêmes – les plus visibles : " La pauvreté est aujourd'hui encore, au Québec, davantage le lot des femmes que des hommes : salaire inférieur, monoparentalité, dépendance économique, etc.

Ce facteur et l'isolement social (réseau social insuffisant) sont encore les principaux facteurs de risque pouvant mener l'individu à l'itinérance et à la tentative de suicide. Lorsque nous regardons la composition de la population sans domicile fixe et des personnes indiquant des tendances suicidaires ou de sévères dépressions, nous retrouvons à peu près le même ratio hommes-femmes (légère majorité chez les femmes, forte présence d'individus présentant plusieurs facteurs d'exclusion), alors que les hommes sont surreprésentés dans les situations les plus extrêmes. Les femmes sont moins visibles dans ces couches défavorisées mais bien présentes : l'itinérance au féminin se traduit majoritairement en prostitution de rue - situation non plus enviable que l'itinérance de rue traditionnelle plus visible - alors que les femmes comportant des tendances suicidaires sont plus propices à faire de nombreuses tentatives non-mortelles et à être médicamentées à plusieurs reprises. "

" La crise de la masculinité " n’est donc qu’un leurre idéologique qui se base sur la plus grande visibilité des souffrances masculines pour les rendre plus visibles encore, et plus importantes qu’elles ne sont, et sur l’invisibilité des souffrances féminines pour les nier. Anne-Marie Devreux, sociologue, dénonce ce " discours de dominants " qui utilise des arguments majoritairement reliés à l’émotionnel et à l’identitaire, les inégalités matérielles entre femmes et hommes étant toujours favorables à ces derniers.

Références :
"L’énigme de la femme active" de P. Molinier .
"Les hommes vont mal. Ah bon ?" de Virginie Poyetton, site Sisyphe.org .
"La misère au masculin" de Yannick Demers, site Sisyphe.org .


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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:41




Les hommes vont mal. Ah bon ?

Contre l’émancipation des femmes, des hommes ont inventé "la crise de la masculinité"

par Virginie Poyetton



Le 8 mars 2003, Genève accueillait la première grand-messe des hommes blessés : le « congrès international de la condition masculine ». En avril de cette année, le relais sera passé à Montréal. Ces colloques font partie d’un mouvement plus large qui met en avant « la crise de la masculinité » en réaction à l’émancipation (trop ?) radicale des femmes.

Si ce courant est minoritaire au sein de la gent masculine, il participe d’une tendance qui remet en question l’avancée des droits des femmes.

Depuis que les femmes s’émancipent, les hommes vont mal. Du moins, c’est ce qu’affirment certains groupes d’hommes s’exprimant dans des congrès ou sur de florissants sites Internet (1). Sans importance ? Leur discours est néanmoins à la mode et abondamment relayé par les médias.

L’argumentaire se veut simple, cohérent, concret : le féminisme a forcé les hommes à changer et depuis ils se sentent dépossédés de leur identité et de leurs droits. La liste des injustices dont ils souffrent est longue : discrimination positive au travail en faveur des femmes, préjugés favorables aux mères en cas de divorce, fausses allégations de violence ou d’inceste, pensions alimentaires disproportionnées, hausse du décrochage scolaire des garçons, augmentation des prescriptions d’antidépresseurs. « Un discours de dominants », résume Anne-Marie Devreux, sociologue française, chargée de recherche au CNRS. Les arguments utilisés sont majoritairement reliés à l’émotionnel et l’identitaire. Probablement parce que les inégalités matérielles entre femmes et hommes sont toujours favorables à ces derniers.

Souffrance suspecte

Cette « crise » trouve ses racines dans les années septante et les avancées acquises alors par les femmes, notamment en termes de participation au marché du travail et de contraception. Selon Anne-Marie Devreux, les réactions positives de quelques hommes à ces changements furent montés en mayonnaise et arbitrairement extrapolés à l’ensemble de la société tout au long des années quatre-vingt. Ce n’est que dans les années nonante, comme l’explique la sociologue Pascale Molinier dans L’énigme de la femme active (2), que le discours optimiste sur les nouveaux hommes et la constitution d’une nouvelle société égalitaire laissa la place à un discours alarmiste sur « le malaise des hommes ». Un malaise qui s’expliquerait par la remise en question de certaines pratiques et cadres traditionnels.

Si certaines féministes concèdent que l’évolution des rapports entre femmes et hommes ont poussé des hommes à une remise en question de leur rôle dans la société, elles restent très réservées quant à l’ampleur du phénomène. D’abord parce que les inégalités touchent toujours majoritairement les femmes - chômage, précarité, bas salaires - sans oublier la violence, ensuite parce que la « crise » ne concerne qu’une partie minime de la population masculine. « Chez les bourgeois ou dans les cités, les garçons ne traversent pas de « crise de la masculinité », souligne Anne-Marie Devreux.

Par ailleurs, certaines « souffrances » masculines peuvent paraître très suspectes. Comme la douleur des pères spoliés du droit de s’occuper de leurs enfants. Etonnamment, souligne la sociologue, cette souffrance apparaît essentiellement lors de la séparation du couple. « Quand les hommes parlent « au nom de leurs enfants », c’est souvent contre les femmes. La dépossession des pères de leurs droits est complètement mythique. Ils oublient que la responsabilité parentale implique aussi des devoirs. »

Perte de privilèges

Au-delà d’un passager accès de colère, que cache alors cette « crise de la masculinité » ? « On constate qu’un état de crise surgit à chaque fois qu’une domination est remise en question », remarque Anne-Marie Devreux. Cette angoisse serait liée au sentiment de la perte des privilèges et du monopole des hommes. Faut-il vraiment la prendre au sérieux ? « Ce n’est pas un phénomène secondaire. Cette « crise de la masculinité » est une version soft de ce qui est en train de se mener plus particulièrement au Canada et en France : une lutte ouverte des hommes contre les femmes et contre les féministes », analyse Anne-Marie Devreux. Le débat sur la mixité à l’école en est un bon exemple. Parti du Québec, il occupe aujourd’hui ceux qui se sont auto-baptisés les « masculinistes ». Sous prétexte de défendre les garçons qui souffriraient de la réussite scolaire des filles, ces derniers proposent un retour en arrière à des classes non-mixtes.

Souffrance féminine

Absurde, dira-t-on. La sociologue française ne banalise pas le phénomène. En matière de droit des femmes, rien n’est jamais acquis. Comme le prouve la mise en place de l’Allocation parentale d’éducation (APE) en France, initialement attribuée à l’un des deux parents à condition qu’il reste à la maison pour s’occuper de l’enfant entre 0 et 3 ans. Résultat : l’APE touche essentiellement des femmes et le taux d’activité des mères de deux enfants a chuté de 80% à 50%. Un procédé pernicieux pour remettre les femmes au foyer. « Il faut envisager le phénomène au niveau mondial. Je pense que l’oppression des Afghanes ou des Algériennes est de même essence que ces politiques de régression du droit des femmes », commente Anne-Marie Devreux.

Pour la sociologue Pascale Molinier, cette « crise » cache également un processus d’euphémisation des souffrances féminines. Contrairement à ces dernières, « les formes masculines de décompensation sont spectaculaires et bruyantes : rixe, sabotage, surendettement, violences domestiques, suicides. Quant à la souffrance des hommes dominants, ce n’est rien de dire qu’elle fait recette. « Le stress des cadres » a fait couler plus d’encre ces dernières années que celui des caissières d’hypermarché. En pointant la vulnérabilité des hommes, ne risque-t-on pas d’avaliser l’idée, bien commode pour le maintien de l’ordre social, que les femmes sont formidables dans l’adversité ? »

D’ailleurs, beaucoup de femmes ont elles-mêmes intégré ce discours sur la « crise de la masculinité ». Elles culpabilisent, ont le sentiment de mettre la barre trop haut, d’en demander beaucoup, de vouloir trop. Certaines sont aussi sensibles au discours des hommes bafoués dans leurs droits parce qu’elles y trouvent plus de bénéfices personnels.

Notes

1. Divers sites Internet comme :La cause des hommes ou Garscontent ou Mensongefeministe ou Père pour toujours.
2. Payot, Paris, 2003.


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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:45

A la suite...

Le congrès qui entend redonner la parole aux hommes

« Est-ce que l’homme est aussi méchant ou aussi minable que le suggèrent les féministes ? Est-ce que les femmes et les enfants seraient mieux si les hommes disparaissaient de la planète ? L’homme doit-il changer pour se conformer aux attentes de la femme ? » Voilà une série de questions sans réponses qui auraient poussé John Goetelen, naturopathe, et Yvon Dallaire, auteur de Homme et fier de l’être, à organiser le premier Congrès international de la condition masculine, « Paroles d’hommes », en 2003 (1). Pour les deux hommes, ce congrès devait être l’occasion de réfléchir sur la condition de l’homme aujourd’hui. Neuf intervenants belges, suisses, français et québécois y ont abordé des thèmes tels que « La femme n’est pas l’avenir de l’homme », « La violence faite aux hommes », « La tendresse suspecte : pères présumés coupables » ou « Les réseaux d’hommes : quand les hommes parlent ». Quelque cent personnes (dont 30% de femmes) auraient pris part au congrès.

Le deuxième congrès, qui aura lieu à Montréal du 22 au 24 avril prochain, entend avancer dans la définition de l’homme du XXIe siècle. « Au lieu de se définir en fonction des attentes des femmes ou en réaction à leurs exigences, les hommes se demandent ce qu’ils voudraient devenir maintenant que les femmes sont plus autonomes et de plus en plus responsables de leur propre vie et survie. » En plus des thématiques déjà abordées, les intervenants traiteront, entre autres, du mouvement gay et de la condition masculine, des garçons à l’école et de l’influence des pères sur l’éducation des fils, de la garde partagée ainsi que du suicide des hommes. Virginie Poyetton

1. Site Internet : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


*******************************

Le sexe, une différence comme une autre

propos recueillis par Virginie Poyetton

Si certains hommes se complaisent dans leur rôle de victimes, d’autres cherchent à questionner leur place dans une société inégalitaire. Rencontre avec Mathieu Carnal, sociologue, assistant à l’Université de Lausanne et ancien membre des « Mâles Barrés ». De 1998 à 2003, ce groupe d’une quinzaine d’hommes a cherché à créer un espace de discussion sur les rapports de genre et la domination masculine. Le groupe a disparu, il y a deux ans, parce que, comme le signale en souriant Mathieu Carnal, beaucoup sont devenus pères « et comme ils essaient de partager les tâches, ils n’ont plus beaucoup de temps. Manière de prendre conscience de la lourde responsabilité domestique des femmes ».

« Le Courrier » : Les hommes sont-ils réellement en crise ?

Mathieu Carnal : A mon avis, non. Cette « crise de la masculinité » est essentiellement une invention médiatique et psychologique. Elle est apparue il y a quelques années dans les médias et dans certains ouvrages. Elle postule que les féministes ont gagné la lutte, que les femmes sont désormais au pouvoir et que, du coup, les hommes sont en crise. Selon ses défenseurs, la société demande trop aux hommes : ils doivent à la fois être virils et sensibles. Les pères divorcés seraient spoliés de leurs droits. Cette théorie appartient à ce que Susan Faludi a baptisé le « backlash ». Dans un ouvrage du même nom, la journaliste américaine montre comment les quelques modestes avancées du féminisme ont engendré une contre-attaque violente du patriarcat.

L’émancipation des femmes passe-t-elle forcément par le malaise des hommes ?

Oui et non. Cela ne devrait normalement pas créer de malaise. L’émancipation des femmes apporte beaucoup aux hommes. Traditionnellement, les rôles sexués sont très limités. Les luttes pour l’égalité ont permis aux hommes d’avoir un autre rapport aux enfants, à leur sensibilité, à leur vie professionnelle. En revanche, si on part du principe que la position avantageuse des hommes s’effrite avec les avancées du droit des femmes, on peut imaginer le malaise de certains. Ils perdent certaines de leur prérogatives masculines dans la répartition des tâches domestiques ou dans la prise de décision au sein du couple, par exemple. Au final, il s’agit d’un choix de société, à savoir si on préfère vivre de manière égalitaire ou dans un rapport de domination.

Les identités féminines/masculines seraient donc interchangeables ?

Le 8 mars, il y a eu beaucoup de débats autour de cette question à la télé et dans les journaux. On nous agite toujours le spectre de la similitude, d’une perte des différences qui feraient la richesse humaine. C’est un argument peu convaincant. De manière globale, il y a une infinité de différences entre les gens. Est-ce que les différences entre une femme et un homme doivent être forcément plus grandes et plus significatives que celles entre deux personnes du même sexe ? En quoi la différence de sexe serait-elle fondatrice de toutes les autres ? Elle ne devrait pas avoir plus d’importance que la couleur des chaussettes des gens. Si l’appartenance à un sexe est tant martelée dans nos sociétés, c’est bien parce qu’elle permet de perpétuer la domination masculine et non pas parce qu’elle est une « richesse ».

Est-il possible de s’affranchir d’une identité masculine stéréotypée ?

C’est extrêmement difficile. Nous sommes soumis à beaucoup de messages contradictoires. Le principe de l’égalité, qui est le corollaire de l’idéal démocratique, est généralement bien accepté par l’opinion publique. Paradoxalement, il est également admis par la plupart des gens que les hommes ont un rôle spécifique à jouer. Et cela est sans cesse rappelé aux hommes dans les stéréotypes que véhiculent : le sport, les images publicitaires, le cinéma ou les médias. Il devient alors compliqué pour un homme de sortir de ce schéma, il passera plutôt pour un inadapté que pour un progressiste. D’où la création des « Mâles barrés ». En constituant ce groupe, nous voulions nous donner d’autres possibilités collectives d’appréhender les rapports femmes/hommes. L’idéologie machiste doit être détournés non seulement par la présence des femmes dans des lieux essentiellement masculins, mais aussi par le changement des modes de fonctionnement. Ainsi la relative féminisation des salles de rédaction ne sera un vrai pas pour l’égalité que si les médias adoptent une manière moins sexiste de gérer leur fonctionnement et de relater les affaires du monde.

Un homme peut-il être féministe ?

Je peux me dire féministe dans le sens où c’est un projet de société qui est positif pour les femmes et les hommes. On pourrait alors être homme féministe comme on peut aujourd’hui être blanc anti-colonialiste. Dans le groupe des « Mâles barrés », nous avons préféré nous dire pro-féministes. Les femmes doivent mener leur émancipation elles-mêmes et les hommes peuvent valoriser leur propre travail d’émancipation en espérant qu’un jour ces différences deviennent caduques. Etre un homme et se dire féministe est présomptueux puisqu’on n’a pas accès à toute une sphère de vécu féminin. Cela a mené à des dérives où des hommes s’affichent publiquement féministes tout en restant profondément machistes dans leur action. En se disant pro-féministe ou anti-sexiste on évite de faire ce que les hommes savent si bien faire : tirer la couverture à eux et récupérer un mouvement.

Publié le vendredi 18 Mars 2005 dans "Le Courrier", Genève.

Merci à la rédaction du "Courrier" de nous autoriser à reproduire cet article sur Sisyphe. "Le Courrier" est un quotidien suisse d’information et d’opinion édité à Genève. "Le Courrier" n’a pas de capital, mais il a une richesse : son lectorat. Abonnez-vous.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 24 mars 2005.


Suggestions de Sisyphe
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Le dossier le la chaîne ARTE, « Quand les pères se vengent » : liens à une quinzaine d’articles sur le masculinisme, la garde partagée ou alternée, les violences conjugales, les inégalités... Cliquez ici.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Deux rubriques suggérées :
Féminisme et condition masculine
Famille, droit et bien-être des enfants
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 19:47

Hommes en désarroi et déroutes de la raison
par Francis Dupuis-Déri, écrivain et chercheur


Il serait plus prometteur d’encourager un féminisme au masculin que d’adopter une approche réactionnaire et de chercher à définir de façon traditionnelle l’identité des hommes.

Le Québec est l’un des lieux où le féminisme a remporté les gains les plus spectaculaires, même si encore beaucoup de luttes restent à mener ici (équité salariale, violence conjugale, etc.) et ailleurs dans le monde (scandale de l’excision, diverses lois interdisant aux femmes de voter, de travailler, etc.).
Plusieurs hommes du Québec se réjouissent des victoires du féminisme, synonymes de liberté, d’égalité et de justice. Mais beaucoup d’hommes insistent plutôt pour rappeler que le féminisme serait allé « trop loin », évoquant sans subtilité aucune la « domination » féministe, voire le « féminazisme », expression qui insulte à la fois la mémoire des millions de victimes réelles du nazisme et l’intelligence de quiconque à une connaissance minimale de l’histoire politique.
Les « masculinistes » (c’est le terme qu’ils utilisent) affirment que l’identité masculine est aujourd’hui bouleversée, voire méprisée, et exigent donc quelle soit (re)valorisée. L’ensemble du discours masculiniste est traversé par une volonté de simplifier la réalité sociopolitique et de tout expliquer par une cause unique (l’émancipation des femmes). L’idée lancée à l’école secondaire La Ruche, de Magog, en vue d’organiser une journée pour « gars » seulement s’inscrit dans cette logique mal orientée. Constatant que les garçons réussissent moins bien que les filles à l’école, voilà qu’on invite des soldats, des policiers, sans oublier le char d’assaut, l’hélicoptère de combat et la pelle mécanique.
Daniel Jobin, enseignant à La Ruche, précise dans Le Devoir (19 septembre) qu’il y aura aussi des stands de livres et d’instruments de musique, mais il défend surtout l’intérêt des hommes à l’égard de la police et de l’armée. Or des études universitaires ont démontré que c’est précisément lorsque les garçons s’identifient le plus à des modèles masculins traditionnels qu’ils réussissent le moins à l’école.
Le plus répugnant dans le discours des masculinistes reste encore l’instrumentalisation qu’ils font des suicidés. Vrai, de trois à quatre fois plus d’hommes que de femmes s’ôtent la vie au Québec (le texte de Jobin y fait explicitement référence). Les masculinistes semblent suffisamment clairvoyants pour n’y voir là rien de bien mystérieux : les Québécois se suicident plus que les Québécoises parce qu’ils sont mal dans leur peau d’homme (implicitement : le féminisme assassine). Je n’ai pas cette prétention d’expliquer si facilement le mystère du suicide, surtout que j’ai consacré quelques minutes à consulter les statistiques et que j’ai découvert une réalité plutôt complexe.
Ainsi, le Québec a l’un des taux de suicides masculins et féminins les plus élevés au monde. S’il est vrai qu’environ trois à quatre fois plus d’hommes que de femmes meurent de suicide au Québec, cet écart est stable au moins depuis... 1950, soit bien avant la supposée tyrannie féministe. Et cette écart hommes-femmes est similaire dans tous les pays (voir H. Kusher, American Suicide, 1989). Par ailleurs, le taux de tentatives (ratées) de suicide est à peu près identique pour les hommes et les femmes. Si les hommes ratent moins leur suicide que les femmes, c’est parce qu’ils préfèrent utiliser des armes à feu. Et ils utilisent plus d’armes à feu que les femmes précisément parce que l’identité masculine traditionnelle est encore associée aux guns, à la police et à l’armée...
Sans tout expliquer, c’est encore et toujours l’identité masculine traditionnelle qui rend les hommes si vulnérables face à l’échec et au sentiment de ne pas être assez performant et qui peut éventuellement pousser le « raté » à choisir la mort. Enfin, outre l’écart hommes-femmes, les jeunes se suicident plus que les vieux, les pauvres, plus que les riches, et les Amérindiens, plus que les « Blancs ». Bref, si on veut éviter de futurs suicides, la moindre des choses est de s’informer sur la complexité du phénomène.
Qui manque de modèles ?
L’argument central des antiféministes selon lequel les hommes québécois manquent aujourd’hui de modèles masculins est lui aussi sujet à caution. Où les jeunes garçons -- et filles -- apprendront-ils que des femmes peintres peuvent avoir autant de talent que Michel Ange ou Picasso ? Que des physiciennes peuvent être aussi intelligentes qu’Einstein ? Et d’ailleurs, quelle femme est plus puissante que George Bush II ? Plus riche que Bill Gates ? Plus méchante qu’Oussama ben Laden ? À la tête du Québec, du Canada, de l’ONU, du G8, des hommes et encore des hommes. Tous les prix Nobel en économie ont été attribués à des hommes. « Nos » Alouettes, « nos » Expos, « nos » Canadiens ? Des hommes. Et les légendes pour adolescents ? Les héros de La Guerre des étoiles ? Des hommes. La compagnie du Seigneur des anneaux ? Dix hommes (ou elfes, ou nains, ou hobbits, mais tous mâles... ). Harry Potter ? Un homme. Et la religion : le pape, les rabbins, les mollahs, tous des hommes... Et Dieu ? Une image plutôt masculine...
Plus que les hommes, ce sont les « féministes » qui manquent de modèles. Cette idéologie a été si efficacement discréditée et réduite à l’équation caricaturale et fallacieuse « féminisme = haine des hommes » qu’il est rare de croiser aujourd’hui une jeune femme se disant féministe.
Pour un féminisme au masculin
Je n’ai pas de solution miracle pour endiguer le décrochage scolaire ou le suicide (des hommes et des femmes). En tant que partisan de l’égalité et de la liberté, il me semble toutefois plus prometteur, d’un point de vue politique, social et moral (et même pédagogique), d’encourager un féminisme au masculin que d’adopter une approche réactionnaire et de chercher à définir de façon traditionnelle l’identité des hommes (soldats, policiers, pompiers, etc.).
Redécouvrons la pensée diversifiée des hommes féministes : Condorcet, Charles Fourier, John Stuart Mill, Pierre Bourdieu. Aujourd’hui, nombreux sont les hommes qui sentent que le féminisme a eu un impact très positif sur leurs structures identitaires puisqu’il les a libérés eux aussi de rôles stéréotypés. Vrai, la liberté peut être synonyme d’instabilité et d’incertitude. Plutôt que de se recroqueviller dans des rôles stables mais contraignants et inégalitaires, les hommes et les femmes doivent chercher ensemble à repenser les rôles sociaux et les choix de vie.
Le féminisme est une idéologie diversifiée et complexe (féminismes libéral, existentialiste, psychologique, radical, postmoderniste, écologiste, anarchiste, etc.) qui prône l’égalité, la liberté et la justice. L’identité des hommes a toujours entretenu un rapport ambigu avec ces valeurs, mais celles-ci n’offrent-elles pas des repères moraux et politiques légitimes et stimulants pour (re)fonder l’identité masculine ?
L’auteur a autorisé la publication de ce texte sur Sisyphe. Mise en ligne le 25 septembre 2003.

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La misère au masculin
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 20:22

Merci Misfit pour ces articles tres interessants. Je ne savais pas qu'il existait un véritable "mouvement masculiniste" ... j'osais esperer que des malades comme Seymour restaient des cas isolés.

Cependant, il y a quand même un élement sur lequel je voulais rebondir car je connais une personne touchée dans mon entourage proche. Le Syndrome d'Aliénation Parentale n'est pas une projection de l'esprit ou une création des masculinistes. Le soucis, c'est qu'ils semblent effectivement vouloir se servir de l'existence de ce trouble (heureusement) rare , et ce qui est honteux, c'est qu'ils jetteraient par là même le discrédit sur les pères réellement victimes.
Je connais un homme qui a été éloigné de sa fille et s'est retrouvé obligé de regarder la mère la démolir psychologiquement petit à petit, sans pouvoir vraiment agir ( il a obtenu récemment , après de nombreuses années de lutte juridique, des visites conjointes avec sa fille chez un psychologue à raison d'une fois par mois ... mais sa fille étant déjà adolescente et approchant la majorité, ça ne servait plus à grand chose ).
Il ne faut pas se tromper : la première victime du SAP, c'est bien l'enfant. C'est aussi le père privé petit à petit de tout contact avec l'enfant.
Je précise bien qu'il n'y a jamais eu de plaintes pour abus de quelque ordre à l'attention du père.

Je pense donc qu'il ne faut pas tomber dans certains extrêmes en suspectant tous les mouvements menés par les pères souhaitant simplement être des pères sous prétexte que des enfoirés tentent de recuperer le problème pour faire passer leurs théories foireuses.
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Mer 12 Déc - 20:39

Je connais ce ramassi de "conneries" escusez moi du terme.
Merci misfit.

Je suis d'accord avec mini, en ce qui concerne le droit des peres, qui malheureusement peut parfois être bafoué et qui est récupéré par des extremistes de la bêtise, qui ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, que les droits des peres ne peuvent de toutes manieres pas evoluer (dans le bon sens) sans une égalité de droit, entre les hommes et les femmes.
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Sam 5 Jan - 14:08

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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Sam 5 Jan - 14:48

Zemmour, un morceau de choix dans le genre masculiniste... Rolling Eyes

Très bien renseigné sur ce qu'a été le féminisme des années 70 le Môssieu : "Les féministes voulaient avoir une sexualité d'hommes : avoir plusieurs amants". C'est bien mon grand, t'as tout compris, tout ce que voulaient les féministes, c'était se comporter comme des connards de mecs et enfiler les conquêtes à la chaîne...

Aujourd'hui selon lui, les féministes veulent que les hommes aient une sexualité de 'femmes'... Maintenant, les hommes sont très fleur bleue et se comportent comme des filles... Ah oui, et la contraception, ce n'est pas grâce aux féministes non plus ! Si, si, c'est vrai... grrrrrrr

Le féminisme est "une volonté totalitariste née de l'humiliation subie par les hommes durant la guerre de 14-18 parce qu'à partir de ce moment-là, ils n'ont plus pu être des héros..." Ben tiens, les bons patriotes n'ont pas pu être victorieux dans le grand massacre de la guerre, l'homme viril parti à la guèguerre n'a pas pu revenir plein de sang glorifié par la victoire, de ce fait il ne pouvait plus être un beau et grand héros alors forcément... les femmes ont pu imposer leur totalitarisme et fait des fleurs bleues de ces hommes qui ne pouvaient plus être de sanguinaires héros !!!

Chapeau aussi pour la partie sur le harcèlement sexuel. Apparemment pour lui les législations en la matière n'ont plus lieu d'être... Forcément, il peut s'appuyer sur Badinter, l'ex-féministe qui a retourné sa veste. Je pensais qu'il n'y avait pas pire qu'une lesbienne qui n'avait aucune conscience féministe, ben si, il y a une féministe qui devient un macho fini et nous crache à la gueule et fait le beurre des masculinistes comme Zemmour...

Bravo à Francis Huster pour l'avoir remis à sa place et heureusement que Clémentine Autain était là aussi...

Alors l'avortement !!! L'avortement est : "la disparition programmée des peuples européens" !!!!! J'ai bien entendu, je ne rêve pas... Mais c'est bien sûr, moins de naissances, donc disparition des peuples. La solution à ça ? Je vous le donne en mille : l'immigration ! Ben tiens... Pas grave les milliers de femmes violées ou autres ne désirant pas avoir d'enants, qu'elles les mettent au monde, qu'elles pondent, qu'elles le veuillent ou pas, sinon, va falloir faire venir des immigrés pour repeupler l'Europe en voie de disprition ! Logique imparable !

Allez, je vous laisse découvrir la suite sur 'les jeunes arabes de banlieue/nouveaux hommes virils, notre fantasme féminin de la virilité que l'on trouve dans la violence et le barbarisme".

Virilité = violence = fantasme féminin yamer


Yeahhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!

Le viol et la violence sont nos fantasmes mesdames, et celles à qui cela ne plait pas sont des totalitaristes jouant aux victimes...


"La stagnation économique et intellectuelle de l'Europe est dûe à la FEMINISATION de sa population" !!!!!

Les femmes et leurs principes conifient la France... Eh oui....

La société se féminise et du coup il n'y a plus de grands scientifiques, de grands découvreurs....

Ahhhhhhhhhh, quel ramassis de conneries éculées... Comment ne peut-on pas se sentir un minimum féministe en entendant cela, ça me sidère.... Enfin, on a aussi le droit d'encourager ces types-là en ne voulant pas penser plus loin qu'eux...

Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 14 Jan - 23:33

Le site de la coalition anti-masculiniste.

La Coalition anti-masculiniste est un rassemblement d'individus travaillant depuis quelques mois à organiser la résistance, face à la mouvance masculiniste en général, mais plus spécifiquement face au Deuxième Congrès Parole d'Hommes, qui polluera les locaux de l'Université de Montréal du 22 au 24 avril prochain.
Plusieurs groupes militants (liste partielle affichée dans la section des liens) ont déjà manifesté leur appui à la coalition en adhérant à sa plate-forme (reproduite plus bas sur cette page).
Visitez la section "documents" du site pour des détails supplémentaires, notamment pour consulter l'horaire d'une journée d'activités et de réflexions que nous organisons le Samedi 23 avril à l'UQÀM - lieu prévu à l'origine pour la tenue du Congrès masculiniste mais dont les organisateurs furent chassés grâce à la pression des gens du milieu.

Plate-forme de la coalition anti-masculiniste



Nous sommes une coalition d’individu-e-s féministes et pro-féministes qui vise à dénoncer, dans un contexte de la montée de la droite, de l'extrême droite et du relativisme politique, les discours et actions réactionnaires cherchant à dénigrer et à détruire les acquis sociaux gagnés par les femmes, pour les femmes.

1. Le masculinisme : une mouvance de droite

Nous nous opposons au masculinisme. Le masculinisme est une mouvance réactionnaire qui s'oppose au changement social porté par le mouvement féministe. Il défend une vision traditionnelle de la famille et des rapports sociaux entre les sexes. Nous rejetons ces valeurs conservatrices et luttons pour l'émancipation des femmes et des hommes hors du carcan patriarcal. Certains masculinistes se cachent sous des dehors conciliateurs, et disent souhaiter repenser la place des hommes dans la société. Cependant, il ne faut pas être dupe de ce discours dilué et aller directement à la source. Par exemple, dans le cas du congrès Paroles d’hommes, qui dit souhaiter promouvoir une «harmonisation des relations hommes - femmes en établissant de nombreux liens entre groupes féministes et groupes hoministes », le président, Yvon Dallaire, clame ouvertement dans ses propres écrits sa défiance, voire sa haine des féministes, et légitimise la violence faite aux femmes. Qu'on le nomme masculinisme ou hominisme, ou qu’on tente de le faire passer sous couvert d’un discours de gauche, pour nous ce mouvement reste le même, un mouvement réactionnaire, rétrograde, voire misogyne et anti-féministe.
2. Le masculinisme, un renforcement du patriarcat

Le discours masculiniste est multiple, fortement stéréotypé et met souvent de l’avant une vision du genre masculin axée sur la virilité, l’agressivité, le contrôle et le machisme tandis que les femmes devraient, par « nature », être douces, compréhensives, et surtout, obéissantes. Plusieurs masculinistes défendent une définition rigide du rôle des hommes et des femmes, et considèrent le lesbianisme et l’homosexualité comme une anomalie et un affront à la nature.
3. L'égalité : toujours un objectif

L'égalité entre les sexes n'a pas été atteinte et les hommes occupent toujours une place dominante dans la société et non pas, comme les masculinistes tentent de le faire croire, un statut de victimes face aux femmes. Doit-on rappeler qu'aujourd'hui encore, des écarts de salaires persistent toujours entre les hommes et les femmes, que l'analphabétisme, la pauvreté et la dépression sont toujours plus marqués chez ces dernières, que le travail domestique continue toujours d’être assigné aux femmes, et que la quasi totalité des victimes d'agressions à caractère sexuel sont des femmes ? L'oppression systémique des femmes est toujours bien réelle et l'égalité, toujours un objectif.
4. Les hommes ne sont pas des victimes

Il n'existe pas un nouveau système social qui infériorise les hommes. Nous rejetons l'idée que le féminisme aurait créé un apartheid sexiste anti-mâle comme l'affirme généralement le mouvement masculiniste. Ainsi, ce dernier tente de nous faire croire que les droits des femmes ont engendré la discrimination et la domination des hommes. Nous affirmons, au contraire, que les droits des femmes ont heureusement changé le modèle de la famille traditionnelle qui imposait aux hommes et aux femmes des rôles sociaux rigides calqués sur les stéréotypes sexuels, rôles sociaux encore trop souvent reproduits dans notre société. Affirmer que ce changement discrimine les hommes, c'est affirmer vouloir retourner à une société conservatrice.
5. Le mythe du naturel

Afin de pousser leur agenda conservateur, certains masculinistes expliquent et justifient la division sexuelle du travail et des rôles de chaque genre comme étant naturels, innés, donc inaltérables. Ils nient le processus de socialisation et de construction sociale à l’origine de cette division. Par le fait même, les masculinistes tentent de consolider le rôle prédominant des hommes dans les domaines de pouvoir et d’influence tels que la politique, au nom du naturel et au détriment de l’égalité.
6. La violence : une réalité

La violence conjugale, et plus largement la violence faite aux femmes, est toujours une plaie dans notre société. Dans la grande majorité, voire la quasi totalité des cas, ce sont les femmes qui en sont victimes et les hommes, les agresseurs. Ainsi, nous considérons que la violence masculine est un outil de sanction visant à rappeler aux femmes leur rôle dans le système patriarcal. C'est un fait social inacceptable qu'il faut enrayer et nous rejetons vigoureusement les propos affirmant que cette violence serait naturelle ou symétrique. Rappelons que certains masculinistes vont jusqu'à légitimer cette violence.
7. Avortement, contraception : libres et gratuits

Plusieurs masculinistes réclament des droits sur le ventre des femmes. Nous sommes déterminé-e-s à lutter contre la contrainte à la maternité, à défendre et renforcer l'accessibilité et le droit à l'avortement et aux moyens de contraception. Pour nous, le libre choix des femmes de contrôler leur corps est sous tous les points de vue une clé essentielle à leur émancipation.
8. Vernis scientifique

Afin d’opposer la pseudo-oppression de certains hommes à l‘oppression des femmes, les masculinistes ont souvent recours à l’utilisation de statistiques douteuses et hors contexte, en plus de créer des concepts de toutes pièces (ex.: syndrome du faux souvenir, violence conjugale symétrique). Bien qu’il existe des hommes en difficulté, il est malhonnête de considérer ces problèmes comme étant aussi importants que ceux que vivent les femmes. Nous dénonçons vigoureusement cette attitude qui a pour effet une déresponsabilisation totale des hommes face à l’oppression des femmes.
Conclusion

Voila pourquoi nous opposons au masculinisme par le biais d’une analyse féministe radicale, identifiant un système économique, politique et social qui se nomme patriarcat. Ce système institutionnalise la domination des hommes sur les femmes. Les solutions aux problèmes sociaux des femmes et des hommes se trouvent selon nous du coté du féminisme radical, de l'abolition du patriarcat et de la redéfinition des rapports sociaux de sexes.
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Issu du site, les liens vers des sites web masculinistes :



Le "mouvement" égalitariste et son fameux antimatriarcat.org - beaucoup de liens "pédagogiques"...
Content d'être un gars - le repère d'Yves Pageau
L'Après-Rupture - conservatisme néopatriarcal en vrac
"Mensonge féministe" - le fameux complot féministe...
"L'homme québécois désavantagé" - un voyage épuisant au coeur du résonnement mascu...
Congrès International "Parole d'Hommes" - le site officiel du "mega-happening"!
Les Éditions Option Santé - la maison d'Édition d'Yvon Dallaire, président du Congrès (voir sa page perso et ses textes)
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Jeu 17 Avr - 13:20

Suite à un post de Nane sur-La montée de l'intégrisme catholique-

Extrait d’un texte paru sur [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Et qui reflète bien ce combat actif contre les femmes et le désir de les museler..


Les revendications des femmes feraient de l’ombre aux problèmes des hommes

par Johanne St-Amour




Un autre préjugé très tenace ces derniers temps est que les revendications des femmes « font de l’ombre » aux problèmes vécus par les hommes.
Il y aurait donc lieu, selon cet adage, de ne pas trop crier les problèmes des femmes. Elles prennent trop de place... au détriment de la réalité des hommes. Quand on ne dit pas carrément que les problèmes des hommes sont causés par les femmes elles-mêmes !
D’un côté, il y a négation des problèmes des femmes (les droits sont maintenant acquis), d’un autre côté, trop souvent, on affirme que non seulement on en oublie les problèmes des hommes mais que les femmes en sont responsables en faisant des affirmations non recherchées, par exemple, que la mixité scolaire nuit au succès scolaire des garçons, quand ce n’est pas le trop grand nombre de professeures (donc d’enseignantes féminines) qui leur serait nuisible ; ou encore que le suicide des hommes est particulier suite à une séparation ou un divorce (donc impliquant les ex-conjointes).
Je vous réfère ici à quelques documents effectués par des chercheur-e-s compétent-e-s dans la sous-rubrique Education de la rubrique Société du site Sisyphe, vous aurez l’occasion de confronter vos préjugés.
Et sachez que toutes les causes relativement aux problèmes de réussite scolaire des garçons et du suicide élevé des hommes n’ont pas été trouvées. Y a-t-il des hommes pour se mettre à l’étude de ces problématiques ? Et pourquoi mélanger problèmes des femmes et des hommes ?
On peut tout étudier si on s’y met, pourquoi cette responsabilité incomberait-elle aux seules femmes ou groupes de femmes ?
Par ailleurs, sachez que les causes des problèmes masculins ne découlent pas de discrimination, de domination ou du patriarcat - quoiqu’il menotte les hommes et les femmes dans des stéréotypes emprisonnants - comme le sont plusieurs problèmes des femmes.
On pourrait par exemple se demander : quelle part détiennent les efforts des garçons dans leur réussite scolaire, ou encore, quelle part occupe la consommation de cannabis sur la motivation des jeunes hommes au secondaire, eux qui sont de grands consommateurs, davantage que les filles, et quelles seraient les causes de cette consommation plus grande ?
On pourrait se demander, par exemple, comment les hommes peuvent se réapproprier une identité qui les valoriserait dans une société égalitaire. Plusieurs y sont parvenus ! Quel est leur secret ? Voilà des pistes de réflexion, de recherches qui n’accusent pas automatiquement les femmes et qui pourraient aider à remettre leurs problèmes dans leur vrai contexte. Dans tous les cas de donner des pistes.
Le vieux préjugé de la femme, faiseuse de trouble
Un autre préjugé, tout aussi tenace, est que les revendications des femmes sont les bases de chicanes femmes-hommes. Autre belle façon d’élucider les vrais enjeux ; minimisons les enjeux en dénonçant les moyens : Journée de la femme, organismes féminins, etc. Il est vrai que plusieurs personnes exècrent tellement la chicane qu’ils en voient dans toutes les revendications. Mais c’est banaliser les revendications des femmes que de les ramener à une guerre des sexes. Il est alors aisé de « sommer » les femmes, les grandes responsables, de cesser les hostilités.
Par ailleurs, il ne faut pas se faire d’illusions et certains privilèges détenus devront être révisés : par exemple, l’augmentation de l’employabilité féminine appuyée par la discrimination positive a semblé enlever des emplois aux hommes mais sans compter, qu’invisiblement, il existait déjà une discrimination positive envers les hommes.
On tente seulement d’ajuster les « quotas », si je peux me permettre l’expression. Si on prend un autre exemple, comme le partage des tâches domestiques, personnellement, je n’y vois pas un besoin de « réconciliation » mais un partage plus équitable.
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Jeu 17 Avr - 13:24

Ils sont véritablement dangereux... Le retour de bâton est de plus en plus fort aux US et au Canada, mais en France aussi. Il y a du travail... Merci d'avoir partagé cet article, mon Chaton...
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 6:08

"mais en France aussi. Il y a du travail..."

Désolée je n'sais pas très bien où poster, alors je poste ici.

Je viens de tomber sur... ça: http://aucentredugrandrien.blogspot.com/2008/02/va-te-faire-mtisser.html

Et si je ne suis pas certaine que la prose infecte de l'auteur de ce blog mérite que nous la commentions, ce serait nourrir le monstre, et à sa façon de diffuser son lien sur des espaces où des féministes sont susceptibles de le lire, je suppose que c'est précisément ce qu'il recherche, je vous conseille quand même (en prenant surtout bien soin de vous boucher le nez) de jeter un oeil sur les épanchements putrides de cette déchetterie qui sert de toute évidence de cerveau à leur "rédacteur".
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Chaton
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 11:09

Merci mauvaise herbe...

Comme il le dit "Je respecte toute nature qui ne se nie pas", la sienne de nature n'a que des relents de fosse septique !!! puker
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 11:49

Bonjour Chaton,

Des relents de fosse sceptique et encore pour ma part, j'ai le sentiment que les exhalaisons de la susdite serait encore plus soutenables.
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 12:04

"tirons la chasse d'eau, même si le brun persiste à rester sur les parois."

voilà ce que j'en pense!
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Frisketzen
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 17:26

Pffff no comment pour ma part, ce serait encore lui faire trop d'honneur...
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 23:03

Nature et culture... Encore un qui n'est pas descendu de l'arbre parce qu'il a cru voir Dieu le jour où du poil lui a poussé entre les pattes. Pauvre type, il est pathétique...

Bon Mauvaise Herbe, tu ne vas tout de même pas t'énerver pour un p'tit branleur qui a besoin de se rassurer sur sa pilosité naturelle. gym

Allons bon, le jeune homme admet lui-même se trouver au centre du grand rien, tout est dit ! agree clin d'oeil

J'admets cependant qu'il mérite sa place sur le tableau d'honneur des masculinistes de première. Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 23:06

Tu as raison oui...

Tout est dit ! ;-)
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 23:07

Bonsoir, ça fait plaisir de te voir rôder par ici. Wink

Etrange, je ne me suis pas mise à bouillir. Les vertus du jardinage qui me rappellent à l'essence des choses, sans doute.

Bonne soirée à toi. Smile
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MessageSujet: Re: Dossier : Les masculinistes   Lun 5 Mai - 23:14

C'est vrai que s'il m'est arrivé de venir rôder autour de vos interventions, voilà longtemps que je n'étais pas intervenue... Et jusqu'alors il est vrai que ma présence est restée très timorée, je tacherai de faire mieux dans un proche avenir ;-)

Très bonne idée le jardinage en effet.

Bonne soirée Misfit, et bonne soirée à chacune d'entre vous.
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