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 De radical à intégrales

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Chaton
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MessageSujet: De radical à intégrales   Jeu 14 Juin - 16:02

LA LETTRE AÉRIENNE
De radical à intégrales
13 avril 2007
par Nicole Brossard, poète, romancière, essayiste



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Si le patriarcat est parvenu à ne pas faire exister ce qui existe, il nous sera sans doute possible de faire exister ce qui existe. Encore pour cela faut-il la vouloir en nos mots très réelle cette femme intégrale que nous sommes, cette idée de nous qui comme une certitude vitale serait notre penchant naturel à donner un sens à ce que nous sommes.
S’interroger sur ou affirmer l’émergence d’une culture au féminin dans le contexte des millénaires et au présent d’une civilisation patriarcale est un projet que je ne saurais envisager autrement qu’autour d’une seule expression : faire sens. Car lorsque nous parlons de culturel il nous faut nécessairement parler de codes, de signes, d’échanges, de communication et de reconnaissance. De même, nous faut-il parler d’un système de valeurs qui d’une part, détermine ce qui fait sens ou non-sens et qui d’autre part, normalise le sens de manière à ce qu’excentricité, marginalité et transgression puissent être identifiées comme telles afin d’être contrôlées si besoin est. En d’autres termes, je voudrais ici aborder la question du sens et du non-sens, là où perceptions, désirs, réalité, fiction et idéologie se rencontrent, s’annulent ou se transforment. Car rien ne se perd de ce qui fait sens ou non-sens : tout peut en effet s’achever dans une camisole de force ou se poursuivre dans une oeuvre. En d’autres termes, en corps, me faudra-t-il parler du système patriarcal et de sa tenace volonté de durer en nous tenant à l’écart de la magie des mots - par magie des mots, j’entends ce qui procède à l’élaboration de la pensée et à son émotion, ce qui transforme, ce qui motive l’être, l’être que je suis ou celle que je pourrais être ou encore celle que je désire être au point de la devenir dans un présent inaliénable, au point d’être ce qui m’arrive, c’est-à-dire ce que je suis.

I. Vivre à sens unique

Entre la phrase de Simone de Beauvoir "On ne naît pas femme : on le devient" et celle de Jacques (*) : "La femme n’existe pas", l’effet sémantique du mot femme nous permet de penser que dans un cas comme dans l’autre, parler de la femme ne saurait être adéquat qu’en un lieu dit de fiction, ou pour reprendre le sens étymologique du mot fiction, en un lieu de mensonge et de ruse. Pourtant, si le contenu de ces deux affirmations semble concorder, "la femme est une fiction", il en va tout autrement de ce qui les a produites. Alors que l’énoncé de Simone de Beauvoir est le fruit d’une recherche qui aboutit au douloureux constat de la non-existence de l’être femme, l’énoncé de Jacques est la répétition d’une formule politique ayant fait ses preuves, soit la fortune des maîtres.
Femme, à sens unique, serait donc un mot sans autre racine que patriarcale. Or à la racine des mots, il y a ce que nous croyons être.

A) AVOIR UN ACCENT

Enracinées dans une terre sémantique étrangère, nous avons fait nôtre une substance (l’homme) sans comprendre que la racine est "ce qui croît en sens inverse de la tige". Racine signifie aussi "élément irréductible d’un mot, obtenu par élimination de tous les éléments de formation et indices grammaticaux et qui constitue un support de signification". Ce qui revient à dire, dans l’analogie que j’ai choisi d’établir, que l’homme-racine est support de signification uniquement dans la mesure où sont éliminés du discours tous les éléments de notre formation sociale, perceptuelle, intellectuelle et sexuelle. De plus, l’homme n’est racine que si les indices grammaticaux de notre existence sont supprimés et là je pense bien sûr au e muet ainsi qu’à tous les féminins systématiquement évincés par le masculin ou mieux encore neutralisés au masculin.
D’avoir fait en sorte, par la force du code et de la loi et par habitude ensuite, que chaque femme fasse sienne la substance sémantique patriarcale est la plus grande réussite du patriarcat. Mais cela n’a pourtant pas empêché que bien assimilée, mal assimilée ou non assimilée, cette langue étrangère qui pourtant nous habite familièrement, nous la parlons toutes avec un accent. C’est d’ailleurs à cet accent que nous pouvons nous reconnaître sans pour autant nous comprendre. Ce n’est donc pas avec des mots que dans un premier temps nous pouvons nous reconnaître car nous sommes encore incapables de nous prendre aux mots, autrement dit, au sérieux.
Non, c’est à l’accent, c’est-à-dire à un écart par rapport à la norme, mais à un écart que l’on constate par une augmentation d’intensité à l’emploi de certains mots, sur certains sons, car l’accent est un son expressif. Il n’y a pas encore de rapprochement entre nous par la pratique collective de l’écart sémantique. A ce stade, il n’y a pas encore de féministes, il y a des femmes, ici et là, dispersées, illettrées, soit, lettrées par il, fortes et courageuses ou faibles et fatiguées.
Ce que je viens de dire n’aurait aucun sens (en termes de direction et de mouvement) si la reconnaissance des femmes entre elles par l’intensité de leur accent n’était suivie d’une fréquentation assidue. La fréquentation des femmes augmente l’intensité en chacune de nous comme si chacune s’apprêtait à dévoiler le volume qu’elle abrite et qui l’habite.

B) L’INTENSITÉ

Or l’intensité est ce par quoi je m’enracinerai dans le lieu qui me ressemble. Or l’intensité est ce par quoi je m’initierai à d’autres femmes. Les racines sont aériennes. La lumière qui les nourrit, nourrit tout à la fois la pousse (la culture) et la racine. La racine est intégrale et aérienne. La lumière est cohérente.
L’intensité peut-elle provoquer des écarts sémantiques ? Est-elle ce par quoi le fond de notre pensée peut s’inscrire en toutes lettres au grand jour ? Est-elle ce qui donne le courage ? L’intensité est-elle intention ?
Ce qui est intense ressemble à une force par laquelle nous dépassons la mesure ordinaire, la norme. Lorsque nous disons "j‘ai dépassé ma pensée" ou encore "les mots ont dépassé ma pensée", que voulons-nous dire, nous qui avons été imbibées de fiction patriarcale, habituées à taire nos perceptions, nos intuitions, nos certitudes les plus vitales ? Dépasser : "laisser en arrière, derrière soi en allant plus vite"/ "aller au-delà de ce qui est possible ou imaginable". Mais comment parvient-on à dépasser sa pensée avec des mots étrangers ?
Ce qui caractérise les personnes qui ont un accent, c’est qu’elles déforment les sons et que par conséquent elles risquent chaque fois qu’elles s’expriment en langue étrangère de créer des malentendus, des équivoques, voire même du non-sens. De plus, elles risquent de mettre l’accent, c’est-à-dire d’amplifier là où, en principe, il n’y a pas lieu de le faire, là où ça ne se fait pas.
Il suffit de peu pour que god devienne dog, il suffit de rien pour que lorsque je prononce "elle est comme on nomme", on entende "elle est comme un homme". La magie des mots est ce parcours et ce par quoi nous pouvons aussi transformer la réalité ou le sens que nous donnons à la réalité.

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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Jeu 14 Juin - 16:04

C) LES DIFFERENCES

Or la magie des mots advient aux femmes intenses, mais tout intenses qu’elles soient, n’avons-nous pas précédemment identifié des différences entre elles et qui sont liées au fait d’avoir bien assimilé (faire un bon usage lexical, grammatical et syntaxique), mal assimilé (faire un usage erroné de plusieurs mots) et non-assimilé (manquer de vocabulaire, ne pas subordonner les mots, établir le contact à l’aide d’un collage expressif) la langue étrangère.
Différences qui ne sont pas sans conséquence pour le sens que nous donnons aux mots. Ainsi, à titre d’exemple, peut-on imaginer trois formulations pouvant servir de support à la définition du mot femme : une femme est un homme, une femme est une femme, une femme, c’est moi. Trois manières donc d’intervenir au mot femme : synonymique (à noter qu’un synonyme "sert à éviter une répétition"), tautologique (à noter qu’une tautologie est un "vice de forme") et polysémique (parce que le moi prononcé par chaque femme a un sens différent). Il y aurait aussi ici matière à conjuguer le verbe être à plusieurs temps. Mais à ce stade-ci, quelle que soit l’expression que nous choisissons pour nous définir et par le fait même pour définir le mot femme, chacune d’entre nous est radicalement convaincue que l’expression qu’elle utilise fait sens dans sa vie et par voie de conséquence dans la vie. Oui, chaque expression fait bel et bien sens mais, phénomène étrange, alors que chacune des formulations marque une approche différente de la perception que les femmes ont d’elles-mêmes, toutes trois convergent dans le même sens : sens unique.

Une femme est un homme

Bien que l’expression sonne faux à l’oreille et à l’entendement, je crois que si nous l’intériorisons comme vraie, c’est qu’elle nous est transmise subliminalement comme étant notre seule chance de participer au rituel social (discours, science, politique, etc.). La volonté de participer fonderait le sentiment que nous avons le droit et même le devoir de revendiquer au nom de l’homme : justice, liberté, fraternité, égalité. C’est aussi ce qui nous permettrait d’expliquer pourquoi tant de femmes préfèrent s’engager dans des luttes politiques qui les concernent en tant que Québécois, que travailleurs, etc., plutôt que d’intervenir politiquement en tant que féministe.

Une femme c’est moi

Autre définition de soi-femme qui sous-entend que c’est aussi au nom de l’humanité (c’est-à-dire de l’homme qui sommeille en nous) que nous pouvons revendiquer autonomie, subjectivité, individualisme et créativité. Une femme, c’est moi, c’est aussi ce qui explique pourquoi tant de femmes créatrices ont refusé et refusent encore de s’identifier aux femmes. Poètes, artistes, cinéastes, psychologues, sociologues, etc., plusieurs d’entre elles ne disent-elles pas au masculin que l’art et la science n’ont pas de sexe.
Voilà donc au départ deux formules qui enracinent les femmes dans l’homme et qui assurent à ce dernier une solidarité digne de son nom.

Une femme est une femme

Si l’expression est un vice de forme qui nous renvoie à la biologie ou au pis-aller peut nous permettre de revendiquer une différence qui n’a que trop été systématisée en sens inverse de nos énergies, quelle humanité pouvons-nous y trouver ? Qui donc étant femme voudrait prendre le risque d’être une femme, c’est-à-dire une fiction dont elle ne serait pas à l’origine. Dans le lieu qui la cerne, la femme n’existe pas, c’est-à-dire qu’elle ne fait pas sens. Hors du lieu qui la cerne, elle apparaît comme non-sens. C’est donc dire que quiconque prétend à l’humanité ne saurait s’y identifier et encore moins lui être solidaire. Or il advient que quelques femmes se sont mises à prétendre le contraire. On les appelle féministes radicales et leur humanité se trouve justement là, dans la conquête qu’elles font mot à mot, corps à corps, de l’être femme.
Donc si ce n’était d’une conscience féministe radicale intervenant au mot femme, chacune des trois expressions se solderait par un renforcement du sens unique patriarcal.
En intervenant au mot femme, ces femmes que sont les féministes radicales ont alors mis le doigt sur le bouton qui donne accès à la magie des mots.

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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Jeu 14 Juin - 16:06

II. L’éclat du sens

A) LE SENS EXCITÈ

L’excitation générale des femmes devant le sens excité excite la pensée de l’émotion et l’émotion de l’intensité. Dans l’excitation l’une crie "sauvons nos racines", l’autre, "arrachons tout", une autre ne dit rien mais tremble de tout son être. Le sens oscille. Chaque femme qui participe de cette excitation est au faîte de son être. Le vertige est grand. La racine, aérienne.
Donc, intenses, diverses et rassemblées, des femmes échangent leurs vues au moyen de mots étrangers à leurs perceptions, à leur vécu, et en cela même éprouvent de la difficulté à s’entendre sur le sens à donner aux mots et par voie de conséquence à leur vie, à leurs projets. Au cours des échanges, certains mots se vident de leur sens, d’autres se forment, d’autres produisent des effets inattendus, d’autres encore sont utilisés avec une extrême précision. C’est la révolution au sens d’effervescence mais c’est aussi pour chaque mot une révolution complète autour de son axe : on examine le radical sous tous ses angles, à tout point de vue.

C’est l’excitation générale.

Exciter a pour étymologie "excitare", qui veut dire "mettre en mouvement". Le mot exciter veut aussi dire "faire naître et inciter". Ce qui va compter et être conté dans cette étape de l’excitation générale, c‘est avant tout l’effet de polyvalence qui va s’emparer des mots. Polyvalence parce que placées d’où nous sommes, multiples et différentes, nous faisons un usage ambigu de plusieurs mots et cet usage ambigu né de notre ambivalence à l’égard du sens fait que collectivement, nous nous trouvons momentanément à déroger au sens habituel des mots. Le sens unique oscille sous un déferlement continu de mots allant dans toutes les directions. C’est ce déferlement de mots polyvalents et multidirectionnels qui va permettre :

1. L’éclat du sens unique
* briser l’homme comme universel
** rompre le cercle de la féminité

2. Produire une vacance, soit un espace mental qui peu à peu sera investi de nos subjectivités constituant ainsi un territoire imaginaire à partir duquel nos énergies pourront prendre forme.
Cette étape de l’éclat du sens est en quelque sorte l’étape cruciale : c’est ici en effet que tout peut s’achever dans une camisole de force ou se poursuivre comme une oeuvre. C’est ici que l’on devient ou ne devient pas féministe radicale, c’est ici que nous réintégrons les paramètres patriarcaux, quitte à se permettre quelques transgressions (pour les femmes, elles sont toujours coûteuses) ou que nous les abandonnons pour d’autres espaces encore inédits ; c’est ici que nous laissons nos défroques de femmes fragmentées pour devenir intégrales, c’est ici que nous quittons le cercle pour entrer dans le mouvement de la spirale, c’est-à-dire là où le pouvoir de notre énergie prend forme, se cultive, se transmet, se renouvelle. C’est ici que moi je te dis adieu femme patriarcale, ombre vaillante dans la lumière de midi. C’est ici que je dérobe le sol imaginaire sous tes pieds imaginés. La racine est aérienne. La lumière cohérente. Je dérobe tout car je nous sais toute. C’est ici que le sens commence. L’origine n’est pas la mère, mais le sens que je donne aux mots et à l’origine, je suis une femme.

III. Je donne un sens à la vie

au point de la devenir dans un présent inaliénable, au point d’être ce que je suis, la vie. Je parle au je pour assurer la permanence du nous. Si je n’assume pas ce qui dit nous en moi, l’essence de ce que je suis n’aura de longévité que le temps d’une vie, la mienne, et c’est trop court pour nous.
Nous avons vu précédemment que coincées entre le sens que nous donnons à la réalité et le non-sens que constitue pour nous la réalité patriarcale, nous sommes le plus souvent forcées d’adapter nos vies à la traduction simultanée que nous faisons de la langue étrangère.
La posture est inconfortable. L’équilibre précaire. L’environnement hostile. Comment donc faire sens collectivement ? Car c’est je crois ce dont il s’agit lorsque nous posons la question d’une culture au féminin. Comment assurer l’échange entre nous, comment faire circuler nos pensées, nos corps, nos émotions, bref, notre subjectivité, de manière à ce que celle-ci puisse se conjuguer en objectivité ? Il faut une base minimale d’entente sur le sens à donner aux mots pour que nous puissions songer à l’émergence d’une culture qui nous ressemble. Cette base d’entente, je l’appelle notre territoire imaginaire à partir duquel nous pouvons prendre élan.
Alors que dans un premier temps, l’activation de nos différences confrontées au sens unique patriarcal a permis l’éclat du sens et sa vacance, il faut entrevoir désormais nos différences comme provenant d’un premier sens issu de nous. En d’autres termes, les différences issues du sens patriarcal ont permis un mouvement, alors que les différences issues de nous comme centre originel permettront l’émergence d’une culture au féminin.

A) LE TERRITOIRE IMAGINAIRE

Ce territoire serait donc constitué de la subjectivité féminine traversée par une conscience féministe. Ce que je nomme conscience féministe n’est nulle autre chose que notre humanité. L’illusion de notre humanité se trouve partout et c’est sans doute pourquoi peu de femmes se sont donné la peine jusqu’à aujourd’hui de chercher, voire même de conquérir, leur humanité. Car l’humanité nous fut un jour enlevée (et ce n’est pas une métaphore). Je vous rappelle que pendant des siècles nous n’avons pas eu d’âme et qu’au Canada nous sommes devenues des personnes en 1929. De notre humanité, nous savons peu de choses, sinon l’expérience que nous avons de notre vivant en système patriarcal. Notre mémoire est courte, nos héroïnes rares et camouflées par la censure, nos sens altérés par un conditionnement à l’effacement. Ils disent que l’inconscient n’a pas de mots. Faut voir et entendre ce qu’il dira l’inconscient de l’humanité lorsque nous parlerons notre humanité ! Dire aussi que notre territoire imaginaire se cache dans la mythologie, la science et l’art. Tout nous appartient ; il nous faut cependant départager ce qui appartient à notre humanité de ce qui appartient à l’orgueilleuse, mégalomane et violente subjectivité de l’homme. C’est à partir de notre humanité que tout commence, que commence la première spire de la spirale d’une culture au féminin, spirale d’une culture au féminin dont chaque spire devrait constituer la spirale d’une civilisation à laquelle rien ne nous eut préparées sinon que l’éclat du cercle occasionnant la toute première spire.


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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Jeu 14 Juin - 16:09

B) L’ÉNERGIE

L’émergence d’une culture au féminin dépend de l’énergie dont nous disposons/disposerons mais surtout de celle que nous générerons afin de changer la vie dans un vouloir solidaire. Présentement, nous générons des actes, des mots et de la pensée qui s’accommodent encore de la mentalité linéaire/binaire patriarcale. Je parle d’énergie car l’émergence spiralée d’une culture au féminin est étroitement liée à l’image mentale que nous nous faisons et ferons de nous en tant que source d’énergie pour les autres femmes et de la forme que prendront nos échanges énergétiques dans le social, l’intime et le politique.
Personnellement, je ne crois pas qu’une culture au féminin soit viable à long terme (je veux dire par là qu’elle engendre d’autres spires) dans un système de pensée linéaire/binaire, ni même qu’elle puisse surmonter les affres d’une savante dialectique fondée sur la raison patriarcale.
Non, la vitalité d’une culture au féminin me semble plutôt liée à un système de pensée et de perceptions qui unirait simultanément en des figures tridimensionnelles les objets de notre pensée que nous avons jusqu’ici été forcées de voir en surface, sans en connaître le volume. C’est du volume de nos pensées que l’intégrales surgit.

C) L’INTÉGRALES

L’intégrales est radicale. Mes sens origynent d’elle. Elle en partage l’intégrité. Le temps, l’espace lui appartiennent ; elle est "symbola" pour toutes, un signe de reconnaissance. Figure, image, métaphore, elle ait toujours sens et corps avec le sens qu’elle donne aux mots. La lumière est cohérente. Lorsque je t’aperçus au beau milieu d’une phrase, l’idée me vint d’un penchant naturel vers toi, aussi réelle que l’idée que j’ai de nous, aussi réelle que l’énergie qui dit moi, émergeant des biographies.


* Lacan.
"De radical à intégrales" est le texte d’une conférence donnée à l’occasion du colloque "L’émergence d’une culture au féminin", à l’Université de Montréal en 1982. Une traduction anglaise est parue dans la revue Trivia, no 5. Le texte français est inédit.
Extrait de ;
Nicole Brossard, < lettre>Montréal, éditions du remue-ménage, 1985.

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Mis en ligne sur Sisyphe, le 22 février, 2006.
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 1:03

Joliement écrit, mais difficile à suivre, ou alors je suis fatiguée...

Sinon, c'est très interressant.

En ce qui concerne la langue, avec ses regles de grammaire et ses accords, je ne partage pas particulierement son opinion, enfin, disons plutot que je suis d'accord, le langage (sous cette forme) à été créé par une société patriarcale, pour elle même. Mais feminiser les mots, rendre audible le "e", .... ne permettrait pas en soit, l'emergeance ou la croissance d'une culture feministe. Ce n'est pas parce qu'on la nomme qu'elle existe, mais parce qu'on peut la definir.
Et là je rejoins l'auteur, oui, l'histoire de la femme, l'histoire du feminisme est la base même de la culture feministe. Sans histoire, sans passé, sans liens entre toutes, pas de culture. C'est donc en diffusant, en agrémentant l'histoire commune, que la culture ce developpera.

Et plus la culture sera developpée et diffusée, plus notre langage sera commun, moins nous nous refererons a l'Homme.

Je ne suis pas très claire, dsl!!!Shocked
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 7:10

Si l’on est d’accord que le langage (sous cette forme) a été créé par une société patriarcale, pour son intérêt personnel, je pense que les intentions n’étaient pas innocentes, mais politique.

Rendre le E audible et créer noms et adjectifs féminins, pourquoi cela ne serait pas politique pour nous aussi ?


Je pense que les petites gouttes d’eau ( sont elles si petites ?) finissent bien par créer la mer, non ?
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 7:10

Doublon avec post précédent clin d'oeil


Dernière édition par le Ven 15 Juin - 21:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 12:47

J'avoue, je n'ai pas eu le courage de tout lire ( honte à moi )

Après, le langage, il évolue en fonction de son utilisation. C'est important qu'il y ait des personnes qui planchent la dessus mais au final, c'est un peu comme un produit : est ce que ça va marcher ?
Lorsqu'il y a eu toute une batterie de mots créés pour franciser les termes du net...ça n'a pas été suivi. Dans le meilleur des cas on saura que tel mot en français signifie tel autre mot couramment employé, mais ce qui reste toujours, c'est ce que la majorité utilise pour se faire comprendre.
C'est un peu comme la réforme de l'orthographe qu'ils ont tenté au début des 90's : pourquoi on a fini par écrire "clés" au lieu de "clefs" et que pour ognions au lieu d'oignons c'est pas passé ? ( et encore, il m'arrive d'écrire clefs uniquement pour le plaisir de placer ce f inutile mais qui a sûrement une raison éthymologique quelque part..."chuis snob" MDRlarmes )

En bref, c'est le coup de l'oeuf et de la poule sauf qu'on a un peu plus d'information pour savoir qui vient en premier : le langage influe sur les mentalités, mais c'est la vie courante qui influe sur le langage.
Je pense quand même que nous avons les mots pour parler de nous ... le problème c'est que même en les ayant, on est déjà mentalement ébranlée au stade de maturité qui nous permet de commencer à réflechir à tout ça. Et puis, mine de rien, la société actuelle ne valorise absolument pas les mots...tout ce qui touche à l'analyse de texte, au littéraire, et plus loin à la communication est considéré comme "improductif", ce qui fait qu'ils sont mis de côté ou considérés comme le terrain de jeu exclusif de quelques bobos intellectuels.

Bref on en arrive à créer des Shadoks qui pompent "Ga bu zo meuh"
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 18:51

oui d'accord avec toi mini.

C'est son utilisation qui mature la langue, je ne pense pas que l'on puisse imposer en la matière.

Et je ne pense pas qu'en infuant sur la langue pour infuancer la pensée, cela puisse fonctionner. C'est pour moi, l'inverse qui doit ce passer. Infuer sur la pensée, afin que la langue evolue, tout naturellement.
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mariacallas
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 19:13

Onion on a le droit ainsi que nenufar ... mais personne ne le sait lol

Tout ça a cause des académiciens, j'en parlerai volontiers avec toi mini le 21 si je suis de la partie hihiih
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 19:45

Salut !

Pas lu, désolée, je réagis uniquement aux derniers posts ;)

cellady a écrit:
C'est son utilisation qui mature la langue, je ne pense pas que l'on puisse imposer en la matière.
Imposer, je ne pense pas, sensibiliser et faire réfléchir sur la portée des mots, oui.

cellady a écrit:
Et je ne pense pas qu'en infuant sur la langue pour infuancer la pensée, cela puisse fonctionner. C'est pour moi, l'inverse qui doit ce passer. Infuer sur la pensée, afin que la langue evolue, tout naturellement.
On en a déjà parlé, donc je ne vais pas m'étaler, mais là on ne sait pas si c'est la poule ou l'oeuf qui est à l'origine. Il n'y a pas de pensée sans mots et on crée les mots pour pouvoir penser. Pour influer sur la pensée, encore faut-il avoir les mots pour le faire...

Ariane
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mariacallas
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 19:55

C'est rare mais ... je ne suis pas d'accord avec toi Ariane .... snif

La pensée ... ne passe pas uniquement par les mots. Il m'arrive souvent de penser d'autres manieres que de maniere "verbale" et pour travailler avec des enfants qui ne parlent pas , je me pose souvent la question de leur pensée, et l'un n'empeche pas l'autre.

Philosophiquement, on entend la pensée comme entendement, ou la vue est principalement utilisée. Les mots relevent plus à mon sens d'un des outils d'expression, de communication, faillibles et imparfaits (heureusement lol ) qui nous sont donnés.

Voila tout ça pour dire qu'a mon humble avis , il y a pensée sans mots (pensée au sens primaire, et c'est peut etre là où je ne prends pas le sujet de la meme façon qu'Ariane .... pensée comme principe pensant ? ou comme énoncé argumentatif ... ? ché po mizot arf )
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 20:00

Je pense qu'employer tel mot plutôt qu'un autre influe de façon très subtile sur la pensée.
Le sexisme est d'ailleurs très largement transmis par les mots et les expressions courantes ( "quelle est la profession du chef de famille ?" ).
C'est comme ça que les marques s'impriment petit à petit dans notre esprit sans même qu'on en ait réellement conscience. Et c'est aussi pour ça que les féministes qui réagiront à l'emploi de tel ou tel mot seront perçues comme des hystériques croisées pitbulles : parce que c'est tellement subtil que sans analyse préalable on ne s'en rend pas compte.
Or rien n'est fait pour que les gens aient de bonnes capacités d'analyse : dévalorisation des études littéraires et pas ou peu d'analyse de l'image. Pas d'analyse de texte donc tout et n'importe quoi peut passer comme une lettre à la poste parce que ça ne paraîtra "pas bien grave". Jusqu'au jour où il y a suffisamment de personnes pour réagir et penser que oui , c'est grave.

A l'heure actuelle, je crois qu'il y a des deux : le langage évolue parce que les pensées évoluent, et les pensées évoluent avec le langage.
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 20:35

La féminisation des mots, c'est la même histoire que la parité, ou la discrimination positive pour moi. Quoi que l'effet soit encore plus pervers pour les deux derniers.

La
parité a été votée, résultats, a part en parler, c'est à dire comme avant la loi, cela n'avance pas des mass. Et le peu d'avancés en la matière, n'est aucunement du à la loi, mais à la pression sociétale.
Je
ne suis pas contre, la féminisation des mots, on en a déjà parlé, bien que j'y préfère la féminisation des articles. Je préfère, "madame la maire" à "madame la mairesse" par exemple.
Je
ne suis pas contre, mais je ne suis certaine de l'efficacité.

Quand à
la discrimination positive voulue par tête de noeud, pas besoin d'avoir fait math sup pour savoir ce qui va en ressortir. Comme pour les emplois des handicapés, a l'arrache, pas toujours dans les quotas et les postes les moins qualifiés.

Alors
je ne dis pas que la loi, ne doit pas intervenir. Mais des lois sur la discrimination aux salaires, a l'embauche, ... il y en a. Le tout serait de les appliquer et d'alourdir les peines.

J'avais vu une intervention, de je ne sais plus qu'elle association de lutte contre le racisme. Ou ils démontraient très clairement qu'un camping était blindé pour des personnes typées alors qu'il y avait un nombre incalculable de place pour des blancs. Résultats, une pitite amende de rien du tout. Pffffiout non seulement c'est discriminatoire, mais les lois du commerce l’interdisent aussi. Moi je ne comprend même pas comment ce guss peut encore avoir son camping.

(Je
sais je m'égare ...... oups!)
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 20:58

Re !

mariacallas a écrit:
C'est rare mais ... je ne suis pas d'accord avec toi Ariane .... snif

La pensée ... ne passe pas uniquement par les mots.
Euh... lol C'est marrant, je ne pensais pas avoir dit cela ;)

Et je ne suis pas d'accord Mr. Green Petite précision : pour manipuler les mots, à mon sens, nul besoin de parole. Les mots peuvent être écrits, lus. Ce qui importe selon moi, c'est de les avoir à disposition pour formuler sa pensée.

mariacallas a écrit:
Philosophiquement, on entend la pensée comme entendement, ou la vue est principalement utilisée. Les mots relevent plus à mon sens d'un des outils d'expression, de communication, faillibles et imparfaits (heureusement lol ) qui nous sont donnés.
Pour moi, ils constituent L'outil de mise en forme de la pensée.

mariacallas a écrit:
Voila tout ça pour dire qu'a mon humble avis , il y a pensée sans mots
Je suis de l'avis contraire^^

Ariane-sans-rancune,-hein-mariacallas-lol
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 21:03

Re !

cellady a écrit:
Je ne suis pas contre, mais je ne suis certaine de l'efficacité.
Je ne sais pas s'il existe quoi que ce soit d'efficace en la matière. En revanche, je reste convaincue que l'égalité hommes-femmes ne peut être obtenue dans une société qui emploie une langue où l'une des règles de base est : "le masculin l'emporte". Rien que cela, c'est entériner l'inégalité dans les esprits.

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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 21:30

Pour ne pas répéter et parce qu’elles le disent tellement mieux que moi, j' empreinte vos sources qui résument très bien ma pensée, désolée les filles, j'espère que vous ne m'en voudrez pas !!!! Wink




Minipoussin a écrit:
Je pense qu'employer tel mot plutôt qu'un autre influe de façon très subtile sur la pensée.
Le sexisme est d'ailleurs très largement transmis par les mots et les expressions courantes ( "quelle est la profession du chef de famille ?" ).
C'est comme ça que les marques s'impriment petit à petit dans notre esprit sans même qu'on en ait réellement conscience. Et c'est aussi pour ça que les féministes qui réagiront à l'emploi de tel ou tel mot seront perçues comme des hystériques croisées pitbulles : parce que c'est tellement subtil que sans analyse préalable on ne s'en rend pas compte.

Je partage entièrement cet avis…

Cellady, je cite ainsi car je ne peut le faire à partir de la manip du lez only…

Je suis d’accord avec toi que les lois ne sont pas entièrement responsables des avancées (parité etc), mais je pense aussi qu’il est impératif qu’elles existent, peut être en tant que garde-fou dans le cadre juridique…

heloise a écrit:
Re !

En revanche, je reste convaincue que l'égalité hommes-femmes ne peut être obtenue dans une société qui emploie une langue où l'une des règles de base est : "le masculin l'emporte". Rien que cela, c'est entériner l'inégalité dans les esprits.

Ariane-zibous


Je partage entièrement cet avis…
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Ven 15 Juin - 23:45

On est d'accord sur le fond, mais pas forcement sur les solutions.

De fait, dans notre société l'inegalité homme femme existe. Et pour moi, c'est en même temps que cette inégalité s'effacera, que la langue evoluera.
Changer la langue, plus vite que la pensée, c'est voué le changement a ne pas etre assimilé.

Et oui employer un mot, plus qu'un autre peu influer sur la pensée, mais là on ne parle plus de mots, mais de regles de grammaires et en plus ce qui est la base des regles de francais, le prima du masculin.
Le regime nazi a utilisé un langage specifique pour communiquer, le climat du moment et les utilisations de tel ou tel mot, ont fait que l'influance sur la pensée a pu s'opérer.
Mais ce langage spécifique etait subtile pas forcément identifiable par l'individu landa. Là on parle de changer bien plus, bien plus vite.
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Sam 16 Juin - 6:20

Re !

heloise a écrit:
Re !

mariacallas a écrit:
C'est rare mais ... je ne suis pas d'accord avec toi Ariane .... snif

La pensée ... ne passe pas uniquement par les mots.
Euh... lol C'est marrant, je ne pensais pas avoir dit cela ;)

MDRRRRRRRRRRRRR lol Bon, j'ai véritablement besoin de dormir ! Désolée, Marie, je me suis viandée sur ce coup-là:rirter:J'avais compris que t'étais d'accord, et je lisais l'inverse de ce que j'avait dit. Je comprenais pas du tout !applaudissements

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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Sam 16 Juin - 14:04

Vouloir changer la langue c'est toucher à tout un monde du pouvoir théorique (trop souvent réaliste) du masculin, une société construite et élaborée conceptuellement par et pour les hommes. La domination agit, vit à travers la langue à notre insu et en remettant en cause la langue qui confère une identité inférieure, inégalitaire à la femme, nous pointons du doigt cette oppression ou cet étouffement du féminin. C'est dire qu'il n'y a plus d'identité déterminée. Cela bouleverse nos représentations quotidiennes et permet d'opposer une résistance qui se faufile au sein du royaume de l'oppresseur. Le féminisme (tout comme le lesbianisme) n'est pas seulement un combat qui vise quelques résultats ou mesures formelles (= changer quelques mots, obtenir un droit particulier) mais c'est avant tout une façon de pensée (orientée certes mais sans cesse innovante) révolutionnaire, un formidable potentiel de rébellion et de changement pour notre société et cette façon de penser ne peut se faire sans la redéfinition, l'invention de nouveaux termes construits dans l'échange, le dialogue.

Ainsi que nous ne pouvons toujours penser à l'ombre des hommes en tant que lesbiennes, nous ne pouvons toujours penser à l'ombre des mots masculins.

La question n'est pas de parvenir à l'égalité par un traitement égal et homogène pour chacun (ou ex. un masculin et un féminin pour chaque mot) mais de permettre à la diversité, à l'altérité et à chaque individu-e qui s'y trouve de pouvoir s'y exprimer à sa manière pour dire sa différence.
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Sam 16 Juin - 16:19

je me repete lol

Mais on ne dit pas des choses differentes sur le fond, c'est sur le comment et le quand la langue doit changer que l'on differe.
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mariacallas
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Sam 16 Juin - 18:53

Z'y va ta reum en string,
Mi zot j'parlo commin qu'j volo
en tout etat de cause la société m'invite a de nombreses variantes
qu'en nulle maniere je ne puis limoger aux oubliettes de l'intellection humaine.
Diantre ! que la parlation françoise soit vulgaire

Je vous epargne le passage en louchebem, laisse le soin a Ysa de la phrase Bretonne, a Cleis de la phrase basque et aux autres du grec ancien

Vale amcii mei
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MessageSujet: Re: De radical à intégrales   Sam 16 Juin - 19:41

Je dirais même plus, (attention, j'essaie de faire du grec avec ce que je sais encore et sans la police grecque, dites vous qu'il est difficile de massacrer moins cette pauvre langue) :
O hippos graphei tou philosophou, os paidzei edeos meta georgou. Autrement dit : le cheval ecrit au philosophe qui joue agréablement avec un paysan. (on applaudit...applaudissements)

Bref.
Je suis assez d'accord avec ce qui a été dit, à savoir que la langue influe sans aucun doute sur la pensée. Il "suffit" de regarder et comparer certaines les langues vernaculaires (ce dans quoi je ne me lancerais pas) pour le constater.

S'il est "facile" d'éviter de se laisser mener par un vocabulaire tout spécialement choisi, il est autrement plus difficile de changer la grammaire (déjà que je ne maitrise pas l'actuelle, qu'est-ce que ce serait si on devait changer !).
Nous sommes de toute façon à des années-lumières de la changer.
Encore faudrait-il qu'il y ait suffisamment de personnes qui se sentent concernées, qui décident de faire quelque chose, que cet élan soit communiqué aux autorités compétentes, qu'elles s'imposent, qu'elles biaisent sur une loi qui ne sera pas adoptée avant quelques décennies, et que les dites lois se mettent en place (dans l'education principalement, ce qui voudrait dire former les profs tout specialement pour).

La grammaire masculine a encore de beaux jours devant elle. On peut tout au moins lui faire peur en commençant à répandre des idées grammaticales féministes.
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