AccueilAccueil  ­PortailPortail  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Psapphô

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Psapphô   Mer 12 Nov - 8:29





Déclaration



TaÜw k‹laisin ëmmi nñhmma tÎmon
oé di‹meipton


Envers vous, mes belles, ce sentiment que j'éprouve
Ne changera pas.





Sappho , (Le coucher de Sappho), Charles Gleyre, 1867




Assise à ce bureau, parmi ces livres anciens, je m’efforce de soumettre mes pensées à ces souvenirs égarés qui maintenant ne sont plus que des parcelles oubliées d’une époque à jamais révolue. Il me semble que c’était hier, et pourtant des millénaires se sont écoulés depuis que j’ai écrit, à l’intention de mes compagnes de la Thiase, mes déboires, ma vie, mon histoire…


Malheureusement il ne subsiste plus rien de tout cela, à part quelques fragments incomplets qui témoignent de mon existence. Une existence que l’on dit, aujourd’hui, simple légende. Il est probable que plusieurs documents, qui auraient pu vous renseigner, auraient été détruits au XI siècle de votre ère et que certaines de mes poésies, qui vous auraient mise sur la bonne voie, furent brûlées sur la place Saint-Pierre à Rome. D’autres prétendent que quelques unes de mes œuvres seraient encore dans les archives du Vatican. Secrètement gardées. D’autres encore disent qu’à la suite de nombreuses guerres et invasions, plusieurs papyrus concernant mes poèmes, ma vie, se seraient retrouvés, en Egypte, sur des momies anciennes. Qui peut dire vraiment ce qui s’est passé…


Après, me voici face à ce cahier, les mains moites, le cœur battant, la
tête remplit de mots, qui ne demandent qu’à naître, qu’à revivre
prestement. Sur ces feuilles virginales, s’absorbe la fine pointe de ce
bel objet, appeler stylo, et qui imbibe d’encre noire ce blanc papier.
Sous cette pression sensuelle je tangue, tel un navire en roulis, sur
ces pages immaculées.

Il est plus qu’évident que le bruit que fait cette plume sur ces feuilles
a, à lui seul, un certain enchantement. Un crissement sec, qui n’est
pas sans rappeler celui des roseaux taillés, de la Grèce Antique,
lorsque je les faisais glisser sur les parchemins, pour écrire mes
épigrammes, mes monodies, ou quand je m’épanchais sur mes élégies, mes
iambes, mes épithalames… Seule me manque, l’odeur de l’encre et du
papyrus. Mais voilà, j’ai ce joli stylo qui laisse, selon ma fantaisie,
de beaux sillons noirs, aussi fin ou appuyé suivant mon bon vouloir.






Sappho, World Noted Women. New York D. Appleton and Company, 1883




Tout en écrivant, tandis que dehors le vent souffle, tandis que la mer
ondule et que les vagues s’entrechoquent sur les rochers, je pense à
vous, à votre époque, où plus personne ne consacre de moments à la
poésie lyrique, Orsienne. Tout semble digéré, transformé, débarrassé de
ce fond culturel, qui est le vôtre, de ce vécu qui vous est propre.
Même le silence paraît vous étourdir. Par contre, si vous vous assoyez
dans la pinède murmurante et parfumée de paysages lointains, si vous
vous absorbez dans cette grande cavalcade de silence, qui se
matérialise dans des métaphores harmonieuses, vous vous sentirez
soudain solidaire de ces éléments :


« À la brune Les bleus purs, entre ces sillages rougeâtres, se mêlent au
crépuscule parmi les traînes pourpres du soir. Ils forment un tableau
lié à cette intimité naturelle, dont la sensibilité du cœur s’est
apprécier ces doux instants ».


Un grand poète romain imprégné de Méditerranée, Horace, exprima dans son carpe diem :


«Vit le jour qui meurt comme s’il était unique».



Cette phrase, remplie de sagesse, sera l’introduction à l’histoire que
je souhaite vous raconter. Une histoire qui vous semblera brève, mais
qui fût oh combien particulière.







Je suis née à Eresos, petite ville de Lesbos, dans la péninsule grecque,
en 612 avant Jésus-Christ. Ces années, qui selon les calculs,
correspondraient à la 42e olympiade de l’ère antique.

Mais avant de poursuivre, permettez-moi de faire une petite parenthèse.
Toute l’Histoire de la Grèce Ancienne, tous les noms, les poèmes, les
phrases que je cite ici sont exacts ; je n’ai rien falsifié, rien
inventé, aucune anecdotes n’a été créé de toutes pièces, en faux
évènements politiques ou sociales. Tous ce que je cite concerne mon
destin personnel. Rien n’est inséré par amour du passé. Et pour mieux
vous situez, voici une carte géographique datant du 7e siècle avant
Jésus-Christ, que j’ai retrouvé dans l’un des nombreux bouquins qui sis
dans ma bibliothèque personnelle.







Je voudrais aussi vous dire que mon véritable nom est Psapphô et qu’au fil
du temps et des siècles les érudits l’ont simplifié en Sappho, pour
ensuite l’écrire Sapho. Non pas que cette information soit d’une
importance capitale, mais comme je tiens à être la plus vraie possible
je voulais vous le préciser. Bon je continue…

Je suis donc née sur l’île de Lesbos dans une famille aristocratique très
appréciée des notables de l’Empire Grec. Mon père, riche propriétaire
de terre et de vignoble, possédait une certaine fortune du au commerce
du vin. Il avait pour nom Scamandronymos, Simon ou selon d’autres,
Euménos, Eérigyos, Ecrytos… Et j’en passe. Ma mère, fille d’un riche
commerçant, s’appelait Kleis. Elle était, aux yeux de plusieurs, l’une
des plus belles femmes de Mytilène. Elle eu trois garçons à par moi :
Charaxos, Erigyios et Larichos. L’ainé Charaxos, rompant avec le
privilège de notre caste et doté d’un fort esprit aventureux, se lia à
des marchants et se mis à pratiquer le commerce maritime. Il aimait
souvent s’embarquer sur une de ces flottes qui s’arrimaient au port et
faire voile vers des pays étrangers où il négociait avec les marchants
de la place. C’est en Égypte qu’il rencontra Doricha, surnommée par ses
amants Rhodopis, une esclave de Naucratis, libérée au prix d’un trésor,
et dont il s’éprit avec passion. En peu de temps il dissipa ses
richesses avec elle, au plus grand dam de notre père et de moi-même, et
se retrouvas bientôt pauvre et délaissé par sa hétaire égyptienne qui
coulera des jours heureux dans les bras d’un autre commerçant
prospère. Erigios reprendra les affaires paternelles et à la mort de ce
dernier, étendra la réputation de nos vins dans toute l’Europe et
l’Empire Byzantin. Quand à Larichos, mon préféré, il sera échanson en
titre des cérémonies publiques de Mytilène. Un privilège qui était
réservé aux éphèbes de noble naissance. C’était un honneur important
pour la famille et pour moi-même.

Comme vous pouvez le constater, j’ai omis de vous dire mon nom de famille. Je l’ai fait parce que mon ascendance à une histoire et qu’elle n’est en
rien responsable de mon exil, de mes prises de positions politiser et
de mes idées féministes. Car très jeune je me suis engagée dans la
lutte contre la tyrannie, le pouvoir personnel et pour changer le
statut des femmes dans le paysage politique qui se profilait en 598
avant Jésus-Christ. Ce monde hellénique dont le modèle aurait pu
ressembler à celui d’Athènes. Alors, par soucis du silence et par
respect pour leurs épitaphes, je me dois de taire ce nom. Je ne dis pas
que la honte m’habite. Loin de là… Mais seulement que cela ne
rajouterait en rien à mon récit, à mon autobiographie, à cette histoire.






Sappho at Leucadia




Sous le règne du roi Myrsilos et de certains bourgeois de l’époque, la
tyrannie s’installa À Athènes à la fin du VI siècle. Pour mieux faire
oublier qu’elle n’était constituée que de parvenus qui détenaient leur
puissance de l’argent, elle instaura la rigueur des mœurs, croyant
ainsi acquérir la pérennité et la main mise sur les femmes. Bien
qu’étant sous l’hégémonie d’Athènes, Lesbos était propice aux activités
spirituelles, artistiques, ainsi qu’à la philosophie et à la poésie. Je
me souviens que je passais des heures à composer des vers humanistes
avec mes amis Alcée, Terpandre, Leschez, à débattre de pensée
philosophique avec Théophane, Théopraste ou encore de navigation avec
Arion. Mais cela fût de courte durée. Il y avait bien un pouvoir
tyrannique à Mytilène. À l’agora, où siégeait l’Assemblée de la cité,
en Grèce Antique, la démocratie ne reposait pas sur l’égalité de tous
les hommes. Les esclaves, les métèques (étrangers) et les femmes
n’étaient pas considérés comme des citoyens. Donc aucunes femmes
n’avaient le droit de votes et de paroles lors de débats publiques.
Encore moins de critiquer les nouvelles lois établies par cette même
Agora et par ce roi despote qu’était Myrsilos. Pour avoir osé dénoncer
ces décrets, sur la place publique, dans un texte dithyrambique, je du
m’exiler en Sicile pour une période de 5 ans. C’est durant cet
éloignement forcé que je fis la rencontre d’un jeune et riche
commerçant venu de l’île d’Andros, Kerkylas. De cette union naquit
une fille que j’appelai Cleis, comme ma mère. Malheureusement mon
mari mourut au bout de trois ans me laissant ainsi seule, désemparée et
fortunée, ne sachant trop ce que l’avenir me réservait. Mais comme dit
le proverbe :


« À tout malheur, bonheur est bon ».



Je pus regagner mon île chérie à la suite de la défection du tyran de
Samos. C’était émouvant, poignant. Lorsque je débarquai, avec bagages
et enfant, sur la côte lesbienne, je m’agenouillai en larme et
embrasser cette terre qui m’avait vu naître et grandir. À ce moment
précis je me fis une promesse solennelle, que plus aucune femme ne
subirait le triste sort de se voir muselé pour ses opinions, son
talent, ses qualités artistiques et son droit d’être quelqu’un. À
partir de là, je décidai de fonder « La Maison des servantes des Muses ». Ma vie changea en cet instant béni, ainsi que celles de dizaine d’autres qui firent partie de mon école.


C’est de cette décision et de tout ce qu’elle impliqua, que commença la légende qui me fût connaître et que l’on se récita durant les Siècles parcourus.





Dernière édition par speed_TT le Ven 14 Nov - 7:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Psapphô   Mer 12 Nov - 8:49

Je voudrais maintenant me remémorer avec vous ces quelques souvenirs importants qui consistèrent grandement à me rendre célèbre dans toute la Grèce antique et dans des contrées très lointaines. Mais avant, il faut planter le décor. Pour commencer, mes poèmes étaient connus de tous, rois ou riches bourgeois, par tous, esprit lettré d’ici ou d’ailleurs. Ma réputation dans ce domaine n’était plus à refaire. J’ai été la première poète dans le monde à proclamer les joies, les souffrances et les peines que cause l’amour, tout en se libérant de la poésie épique qui vantait les actions et les aventures de dieux, d’héros ou de mythes comme le fit Homère dans son Odyssée et son Iliade. Pour moi la femme était plus qu’un ventre. C’était un être de chair et de sang qui n’aspirait qu’à se parfaire et atteindre les joies de l’esprit que par l’attachement du cœur et du corps. Bien sûr j’aimais bien me référer à Aphrodite, non point pour exprimer la croyance en cette déesse, mais pour traduire ces sentiments qui nous sont propre. Sur un autre plan, technique cette fois si, j’ai inventé ce que vous appelé, encore
aujourd’hui, le vers saphique. Toujours honorée, jusqu’à maintenant, les poètes modernes et les traducteurs de toute sorte n’arrivent, tant bien que mal, à reproduire ces dits vers laborieux qu’à force de lecture et de syntaxe. J’ai aussi à mon actif l’invention du plectre, petit instrument de bois ou d’ivoire qui servait à glisser sur les cordes de la lyre pour produire des sons qui différaient du simple pincement. Comme accompagnement pour mes épigrammes, mes iambes, mes monodies, j’aimais jouer du barbitos. Pour vous donner une idée de ce que s’est, en voici un court extrait :





J’inventai, de même, le Pectis ou Magadis, une petite lyre aux sons harmonieux qui créa un mode musical nouveau, le mixolydien, employé fréquemment pour les chansons d’amour et les odes passionnées. Forte de cette renommée je parcourais la Grèce et ses régions environnantes, déployant, au gré des moments, mes talents artistes les plus variés et propageant mon style poétique aussi loin que l’Italie profonde et la Turquie ottomane.
C’est pourquoi lorsque je du m’exiler en Sicile pour mes prises de positions contestataires, mon nom et ma renommée m’avait déjà précédé sur ces côtes italiennes. Mais, me direz-vous, les portes du Genecee se sont ouvertes grâce à toi. Exact ! La connaissance des lettres, des arts, de l’histoire et de la philosophie, renvoyait aux << Calendre grecque >> la femme inculte et obéissante au mâle suprême. C’est bien d’ailleurs, ce qui fit que la gent masculine s’irrita contre moi et qu’elle édifia au V Siècle une société démocratique, en apparence, mais d’où les femmes étaient encore
exclues. Parce que la plupart des femmes instruites attiraient les hommes par leur culture et leur raffinement, et non par leur paire de fesses, les phallocrates athéniens se refusaient à l’accepter. Même la plus humble d’entre nous possédait, parfois, plus de connaissances que les bourgeoises d’Athènes. Et çà c’était inacceptable aux yeux de ces bornés. Mais le temps et l’histoire me donneront raison.








À mon retour d’exile je décidai d’ouvrir une école pour jeunes filles que j’appelai « La Maison des servantes des Muses ». Situé à Mytilène, cette institution ou « Thiase », apprenait la musique, la danse, la poésie et tous les arts qui permettaient de développer au mieux l’esprit de ces adolescentes. Mon objectif premier n’était pas de les former pour qu’elles fussent ensuite enfermées dans des « l’oikos » et deviennent de bonnes épouses fidèles et soumises. Non. Je me refusais de les voir confinées au gynécée, appelé littéralement la « pièce des femmes », entourées de leurs servantes et ne se risquant hors du domaine familial que pour accomplir des fonctions religieuses ou sacrificielles.







Cette communauté, nouveau genre, réunissait des filles ayant des idées, des croyances, des aspirations et des goûts communs, dans le but unique
de faire progresser et de permettre à cet enseignement de s’assimiler en elle en y incluant, bien entendu, une forme de savoir et d’apprentissage, que seul les moyens nécessaires permettaient de réaliser en un accomplissement, un objectif concret. Elles arrivaient de loin pour suivre mes doctrines. D’aussi loin que Milet, Colophon, Salamine et Pamphylie. Ces jeunes filles étaient belles et généreuses de leur talent et elles apprenaient sans compter tout ce que je leur enseignais. Il y en avait qui faisait battre mon cœur et qui avait droit à ma préférence. Mais en général, j’essayais d’être disponible et présente envers toutes ces demoiselles. Malheureusement certains mauvais esprits ironisèrent sur la vie quotidienne que nous menions au sein de ce collège pour filles. Les attaques menées contre moi étaient fourbes, sournoises et mensongères. Ces critiques furent reprises avec plus de véhémence, quelques Siècles plus tard, par des moralistes chrétiens qui provoquèrent, sans doute aucun, les premiers autodafés de mes œuvres saphiques jugées malsaines par eux. Le premier de ces inquisiteurs fut Tatianos, un des Pères de la très Sainte Église
Chrétienne. Il est le premier auteur à clamer sa haine à mon égard dans
des termes effrayants. Bien avant lui on m’avait traité d’hétaire qui
en grec antique signifiait << compagnes >> et que j’utilisais pour parler de mes disciples de la Thiase, mais qui dans leur bouche avait prise une autre connotation et qui était devenue, par dérision, courtisane et prostituée. En effet, tout ce qui concerne les femmes en général n’a en dehors de la reproduction, aucun intérêt au sein de la Cité, donc les rapports amoureux qui pourraient existé entre nous ne sont, dans leur conception personnelle, qu’une totale opposition à l’hétérosexualité déjà établie.


C’est dans ce contexte chaotique que j’établisse mes bases d’écoles des « Muses » et c’est dans cette détermination ferme que je persistai à continuer mon enseignement. Il est vrai que je cédai, plus d’une fois à ces penchants que les moralistes désignaient comme immoraux. N’ayant point d’oreille pour ces propos diffamants, je laissais mon cœur parler. Je n’étais pas au sens propre du terme une beauté canon, mais malgré ma petite taille, mon teint pâlot, mes cheveux noirs et mes yeux d’encre, je plaisais beaucoup à mes amantes. Comme en fait foi cette photo je n’étais, malgré tout pas si mal :








Anactoria, Mnasidice, Atthis ou Érinna, toutes me vouaient un amour réciproque. Plusieurs de mes vers saphiques honoraient ces amours :



..... t‹de nèn ¤taÛraiw
taÜw ¦maiw t¡rpoisa k‹lvw ŽeÛsv

Ces chansons, maintenant, pour mes compagnes,
Je vais les chanter d'une voix mélodieuse.



oék oäd' ötti y¡v dæo moi tŒ no®mmata

Je ne sais pas que faire : le sentiment que j'éprouve est double.



À UNE FEMME AIMÉE

φάινεταί μοι κῆνος ἴσοσ τηέοισιν
ἔμμεν ὤνερ ὄστις ἐναντίος τοι
ἰζάνει καὶ πλασίον ἀδυ
φωνεύσασ ὐπακούει

καὶ γαλαίσας ἰμμερόεν τὸ δὴ ᾽μάν
καρδίαν ἐν στήθεσιν ἐπτόασεν,
ὠσ γὰρ εὔιδον βροχέως σε, φώνας
οὐδὲν ἔτ᾽ ἔικει,

ἀλλὰ κάμ μὲν γλῳσσα έαγε, λέπτον
δ᾽ αὔτικα χρῷ πῦρ ὐπαδεδρόμακεν,
ὀππάτεσσι δ᾽ οὐδὲν ορημ᾽,
ἐπιρρόμβεισι δ᾽ ἄκουαι.

ἀ δέ μ᾽ ί᾽δρως κακχέεται, τρόμος δὲ
παῖσαν ἄγρει χλωροτέρα δὲ ποίας
ἔμμι, τεθνάκην δ᾽ ὀλιγω ᾽πιδεύην
φαίνομαι [ἄλλα].

πᾶν τόλματον […]

Il me paraît égal aux dieux celui qui,
Assis près de toi, doucement,
Écoute tes ravissantes paroles
Et te voit lui sourire ;

Voilà ce qui me bouleverse jusqu'au fond de l'âme.
Sitôt que je te vois,
La voix manque à mes lèvres,
Ma langue est enchaînée.

Une flamme subtile court dans toutes mes veines,
Les oreilles me tintent,
Une sueur froide m'inonde,
Tout mon corps frissonne.

Je deviens plus pâle que l'herbe flétrie,
Je demeure sans haleine,
Il semble que je suis près d'expirer.
Mais il faut tout oser puisque dans la nécessité...



Dernière édition par speed_TT le Ven 14 Nov - 7:51, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Psapphô   Mer 12 Nov - 8:55

Il en fut de même pour mes amantes qui ont su, à leur tour, me le rendre sans compter. Surtout Érinna, cette douce et timide compagne, morte trop tôt à l’âge de 19 ans, qui par sa poésie à réussi à captivé mon cœur :




aäca d' ¤jÛkonto: sç d' Î m‹kaira
meidiaÛsais' Žyan‹tÄ prosÅpÄ
³re' ötti dhïte p¡ponya kÊtti
dhïte k‹lhmmi

Et déjà tu étais là, ma déesse, le visage
Souriant, soucieuse de la pensée et du désir
De l'âme insensée
Qui t avait appelée



kÊtti moi m‹lista y¡lv g¡nesyai
mainñla yæmÄ: tÛna dhïte peÛyv
�c s' �ghn ¤w WŒn filñtata; tÛw s' Î
C‹pf' ŽdÛk®ei;

Qui dois-je persuader de t’aimer encore,
Ma Sappho ? Qui t'a blessée ?



Lye moi kaÜ nèn xal¡pan d¡ lèson
¡k merÛmnan össa d¡ moi t¡lessai
yèmow Þm¡rrei t¡leson sç d' aìta
sæmmaxow ¦sso

Cette fois encore, viens à moi, délivre-moi de mes peines,
Exauce les souhaits de mon cœur.
Sois mon alliée.






Tout comme Alcée, qui dans toute sa tendresse, a su me tirer des larmes de bonheur, tant cette passion pour moi était grande :



[Þñplok' �gna mellixñmeide S‹pfoi
y¡lv ti WeÛphn ŽllŒ me kvléei
aàdvw : ...]
aÞ d' ·xew ¦slvn àmeron µ k‹lvn
kaÜ m® tÛ WeÛphn glÇss' ¤kéka k‹kon
aàdvw ken oékÛ s' ·xen öppat'
Žll' ¦legew perÜ tÇ dikaÛv

[Pure Sappho aux tresses de violettes, au sourire de miel...
Je veux te dire quelque chose, mais j'ai honte de le dire... (Attribué à Alcée)]
-- Si ce que tu voulais était honnête ou bien,
Et si ta langue ne bougeait pas pour dire quelque chose de mal,
La honte ne couvrirait pas tes yeux,
Mais tu parlerais sans détours.



FaÛnetaÛ moi k°now àsow y¡oisin
¦menn' Ênhr öttiw ¤n‹ntiñw toi
Þsd‹nei kaÜ pl‹sion ”du fvneÛ-
saw épakoæei
kaÜ gelaÛsaw Þm¡roen tñ m' · mŒn
kardÛan ¤n st®yesin ¤ptñaisen
Èw gŒr ¦w s'àdv brñxe' Êw me fÅnai-
s'oéd' ¨n ¦t' eàkei
ŽllŒ kŒm m¢n glÇssa W¡age l¡pton
d'aëtika xrÇi pèr épadedrñmaken
ôpp‹tessi d' oéd' ¨n örhmm' ¤pirrñm-
beisi d' �kouai
k‹d d¡ m àdrvw kakx¡etai trñmow d¢
paÝsan �grei xlvrot¡ra d¢ poÛaw
¦mmi teyn‹khn d' ôlÛgv 'pideæhn
faÛnom' ¦m' aët&.
ŽllŒ p�n tñlmaton ¤peÜ

Heureux ! Qui près de toi, pour toi seule soupire,
Qui jouit du plaisir de t'entendre parler,
Qui te voit quelquefois doucement lui sourire.
Les Dieux dans son bonheur peuvent-ils l'égaler ?
Je sens de veine en veine une subtile flamme
Courir par tout mon corps, sitôt que je te vois :
Et dans les doux transports où s'égare mon âme.
Je ne saurais trouver de langue ni de voix.
Un nuage confus se répand sur ma vue.
Je n'entends plus : je tombe en de douces langueurs ;
Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue,
Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs.
Mais quand on n'a plus rien, il faut tout hasarder...]

Traduction de Boileau, Traité du Sublime, ch. VIII, cité dans Alcée, Sappho, Les
Belles Lettres.





Sappho De Mytilene , Angelique Ionatos



Nul ne pourra dire que les amours saphiques sont des accidents de la nature mais plutôt des racines dans l’histoire de l’humanité qui remonte bien avant les prophètes des religions actuelles.


De ces aventures amoureuses est née la connotation « lesbienne », un mot faisant référence à l’île où je vécus, ainsi qu’aux amours que j’y reçus. On attribua aussi le saphisme, dérivé de mon prénom Sappho, à ces plaisirs sensuels donnés en toute réciprocité entre femmes consentantes et lucides. Malgré les erreurs que j’ai pu commise, les manquements que j’ai pu faire, j’ai voulu, à travers ce texte, que vous vous sentiez moins seules et plus fraternelles. Que le couple lesbien ne soit à jamais qu’une composante de la communauté humaine mondiale.
Permettez moi de vous offrir un des vers chantés qui témoigne bien de l’amour que j’éprouvai pour mes semblables :


http://www.youtube.com/watch?v=iODjL8z-hSc







1881 Lawrence Alma-Tadema - Sappho and Alcaeus oil on canvas



Sappho


http://www.gouts-doux.fr/origine2.html


Dernière édition par speed_TT le Ven 14 Nov - 8:47, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
missbouniette
Posteuse prolifique


Nombre de messages: 169
Date d'inscription: 15/01/2008

MessageSujet: Re: Psapphô   Mer 12 Nov - 9:22

Sappho tu viens de m'apprendre plein de choses : merci

c'est très bien présenté est écrit
merci de faire de tels articles pour compléter mes lacunes

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Psapphô   Mer 12 Nov - 10:19

c'est un travail d'équipe missbouboule, mais merci pour elle!
Revenir en haut Aller en bas
yuri
Bienvenue


Nombre de messages: 1
Age: 22
Localisation: villeneuve sur lot
Date d'inscription: 03/02/2009

MessageSujet: Re: Psapphô   Mar 3 Fév - 17:32

je trouve que c'est bien écris et très interressant ^^
donc si je comprend bien (car lire est une chose mais le comprendre en est une autre XD ) le sapphisme est alors automatiquement relié à un espris lesbien?
un enseignement ou l'on pronne la culture et l'art au tant pour les femmes que les hommes.
mais dans un espris si fermé de l'époque comment cette enseignement à t'il pu subsisté? par de nouveaux gouvernement?
enfin je ne sais pas si je m'égard ou me trompe dans mes question mais voilou.
en tout cas bon travaille ^^.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Psapphô

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Lez Only :: L'AGORA :: Les Arts Sapphiques...-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet