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 Publisexisme au quotidien

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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Mer 19 Déc - 22:31

C'est même plus que clair! Ils sont quatre! colère
c'est totalement dégradant... c'est... je trouve pas de mot assez fort... dégueu...
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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Jeu 3 Juil - 20:10

Candia-Babette en croque : crème de sexisme






40 ans après mai 68, on en est encore là : UNE FEMME SANS TÊTE VÊTUE d'un TABLIER qui parle pour elle ! Remballe ta crême rance de sexisme CANDIA, BABETTE c'est sans moi définitivement !


Source : HumOur de dogue


La suite de "Babette, j'en fais ce que je veux" ou encore "Babette, on la lie, on la fouette et parfois elle passe à la casserole ". Vous vous souvenez des premières pubs ?

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Chaton
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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Sam 19 Juil - 9:26

Pour éloigner les hommes, couvre ton corps



Vous ne les arrêterez pas, mais vous pouvez vous protéger. Votre Créateur se soucie de votre intérêt"


Cette photo, qui circule parmi les internautes égyptiens, nous a été transférée par l'un de nos Observateurs. Son message s'adresse aux femmes : sortez voilées pour éviter que les hommes ne vous tournent autour comme des mouches.

Cette campagne virale - le texte est en arabe égyptien, mais nous n'avons pas pu identifier l'origine du document - incite les femmes à porter le niqab, c'est-à-dire une tenue qui couvre entièrement le corps et ne laisse que les yeux découverts. En Egypte, le hijab, qui ne couvre qu'une partie du visage, est de plus en plus porté, mais le niqab reste lui très minoritaire.



Farnaz Seifi est une féministe iranienne. Elle a porté le voile jusqu'à son arrivée en Europe l'année dernière.


Mon expérience de femme dans le seul pays du monde où le port du voile est obligatoire m'a appris que cela ne nous prémunit en rien du harcèlement sexuel. En Iran, même les femmes qui portent le tchador [en Iran, le tchador est noir ; il couvre tout le corps et ne laisse que le visage apparaître] sont victimes de harcèlement. Même dans la rue ! J'ai rencontré beaucoup d'hommes en Iran qui affirment qu'une femme voilée est plus sexy.

Cette campagne découle d'une interprétation vraiment radicale de l'Islam. C'est de la pure propagande. Dans les textes islamiques, il est écrit de couvrir les cheveux et le cou, pas le visage. Et personnellement, je trouve ça insultant de comparer la femme à une sucette. Quelles que soient les personnes à l'origine de ce message, ils voient la femme comme un objet sexuel et comme un être inférieur. Limiter le choix des femmes ne sera jamais la bonne solution contre le harcèlement sexuel.

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Misfit Cat
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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Sam 19 Juil - 9:30

Entre la sucette et la mouche... Au moins ils se sont bien reconnus en l'animal. Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Sam 19 Juil - 9:38

Allez un peu de pub pour un groupe de féministes qui le mérite !!!



Les milieux culturels sont aussi sexistes que les autres



Un mystérieux groupe des "femmes à barbe" a perturbé le forum sur la culture organisé par Libération, le 14 juin, au théâtre des Amandiers. Leur message : contrairement à l'idée reçue, le monde de la culture est aussi sexiste que celui de la politique ou de la finance.

Leurs mères brûlaient leurs soutiens-gorges pour dénoncer les inégalités hommes-femmes. Ces nouvelles féministes investissent elles, barbe postiche au menton, les hauts-lieux du sexisme, du Sénat aux hypermarchés. En s'invitant au forum de Libération, elles rappellent que dans le monde de la culture aussi, le sexe est plus que jamais un critère déterminant de réussite. Pour ne citer qu'un chiffre : en 2006, 92 % des théâtres d'art dramatique étaient dirigés par des hommes (source : rapport "Reine Prat" rendu au ministère de la Culture).



"Je me suis certainement plus battue qu'un homme"
Florence Gamblin, 43 ans, est dramaturge et responsable artistique de l'Université du Havre.



J'ai été confrontée au sexisme dès le début de ma carrière de dramaturge. Dans le monde du théâtre, les femmes sont cantonnées à la logistique. L'assistanat est majoritairement féminin et pour en sortir, je me suis certainement plus battue qu'un homme. Au début, j'étais tellement contente de faire ce métier que j'acceptais de ne pas signer mes travaux. J'acceptais de rester dans l'ombre.

Aujourd'hui encore, je crois qu'à niveau égal, j'aurai difficilement la même reconnaissance qu'un homme. Dans le milieu créatif, l'homme est traditionnellement perçu comme le créateur et la femme comme la muse, l'accompagnatrice. Mais je remarque aussi que les femmes se permettent de plus en plus d'aller vers ces métiers, même s'il est difficile de concilier des horaires décalés avec une vie de famille.

Les actions collectives comme "la barbe" contribuent à sortir les gens de leur torpeur. Nous avons besoin d'un changement profond."


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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Jeu 19 Mar - 12:58

Protestation contre la publicité sexiste de Reporter sans Frontières

16 mars 2009

Source : <post@lameute.fr>

La Meute des Chiennes de garde s‚engage publiquement contre une publicité sexiste : la campagne de Reporters sans frontières. Cette organisation, qui milite pour la liberté de la presse, utilise l'image d'une Marianne violentée et sanguinolente, avec le slogan « Franchement, elle l'a cherché »



Non, tous les moyens ne sont pas bons ! Même au service d'une bonne cause, la violence contre les femmes ne peut être un argument pertinent. Voici la lettre que nous adressons aux responsables de Reporters sans frontières. Nous vous proposons de reprendre ce texte ou de vous en inspirer, et d'écrire vous aussi, de préférence par la poste, ce qui est bien plus effficace qu'un courriel. Les responsables d'une campagne savent que, pour UNE lettre qu'ils reçoivent d'un-e protestataire, il y a MILLE autres personnes qui sont tout aussi mécontentes mais n'ont pas pris le temps d'écrire. Vous pouvez aussi envoyer un courriel à : rsf@rsf.org. Si vous rédigez un texte différent, prière de l'envoyer aussi à La Meute, pour qu'il puisse figurer sur notre site !

Lettre ouverte des Chiennes de garde à Reporters sans frontières
Gérald Sapey, Président de RSF International
Pierre Veilletet, président de RSF France
Jean-François Juillard, secrétaire général
47 rue Vivienne 75002 Paris

Paris, le 16 mars 2009

Messieurs,

Pour faire connaître au grand public votre bilan annuel de la liberté de lapresse dans le monde, vous avez choisi, illustrant votre campagne en France, la photo d'un buste de Marianne, symbole de la République. Des traînées rouge sombre coulent de son nez et tombent sur sa tunique, comme s'il s'agissait d'une femme ayant reçu un coup de poing en pleine figure et saignant du nez.
Vous accompagnez cette image-choc du slogan en gros caractères : «Franchement, elle l'a cherché ».
En bas et en tout petits caractères, l'explication : « La France est 35e sur 168 pays au classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. »

Utiliser l'image d'une femme violentée, en l'accompagnant du commentaire «Franchement, elle l'a cherché », vous place du côté des conjoints agresseurs qui se justifient en affirmant que, « franchement », une femme battue est responsable de l'agression qu'elle a subie.
Sans doute aviez-vous l'intention de communiquer au second degré, mais pour les victimes de violences conjugales (2 millions de femmes en France), comme pour les agresseurs, c'est le premier degré, la représentation de violences contre une femme, qui restera en mémoire, avec la légitimation que vous lui donnez.

Qu'on la prenne au premier ou au second degré, votre campagne fait avant tout la promotion de la violence, à la fois contre le symbole de la République et contre une figure féminine à laquelle chaque femme voyant votre affiche peut se sentir identifiée. Et Marianne, femme ou République, l'aurait « franchement cherché » ! Ne percevez-vous pas le danger qu'il y a à promouvoir la violence dans n'importe quelle situation, et le dommage qui peut en résulter pour l'image de RSF ?

Nous vous exprimons notre totale désapprobation pour le sexisme de cette campagne, et vous demandons de renoncer à la diffuser dorénavant. Quant à nous, quels que louables que soient vos buts, nous ne soutiendrons plus une organisation qui utilise et banalise la violence contre les femmes.

Les Chiennes de garde

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MessageSujet: Re: Publisexisme au quotidien   Mer 12 Aoû - 9:14

1983-2009 Quand l'histoire se répète
Par Olympe le jeudi 28 mai 2009


Un article de Chloé Leprince sur Rue 89 m'a amenée à faire quelques recherches. Non pas sur la campagne contre le viol qui en est le sujet principal mais sur une loi antisexiste qui aurait été votée en 1983.

A l'époque, au journal de 20H Yvette Roudy faisait preuve d'un bel optimisme en annonçant que son projet de loi antisexiste ( point par point calqué sur la loi anti raciste de 1972) qui autorisait notamment les poursuites pour toute atteinte à l'image de la femme et de sa dignité aurait un fort effet dissuasif, comme cela avait été le cas pour la loi antiraciste.

Mais que se passa-t-il réellement ?

En réalité cette loi n'a jamais été présentée à l'Assemblée nationale. .

Parceque, cela va vous étonner ,

(je reprends ici le texte de Gisèle Halimi)

" une levée de boucliers d’une extrême violence met les féministes en accusation. Accusations de censure, de puritanisme, de retour à l’ordre moral. Vous l’avez compris, la publicité, principalement, qui entend déployer en toute impunité ses panneaux indignes, a mal au fric. Donc elle se bat, vitupère, diffame, créé un barrage rendu insurmontable par l’adhésion quasi unanime des médias. Tout est bien lié. La ministre des Droits des femmes, dénoncée comme « l’ayatollah Roudy » voudrait instaurer une « police des fantasmes » « tuer l’érotisme ».

(...)

Simone de Beauvoir ne s’y est pas trompée. Elle monte au créneau. Dans son article La femme, la pub et la haine, elle dénonce « cette petite minorité de profiteurs, enragés comme des chiens à qui on menacerait de retirer leur os : ils sont soutenus par de nombreux journaux car ils vivent en grande partie de la publicité ». Elle explique très justement qu’une telle loi accorderait aux femmes qui se sentiraient agressées « un pouvoir de contestation » et non de censure. Et comme en toute démocratie, les juges trancheraient.

La loi antiraciste a proscrit les affiches du Noir débonnaire s’extasiant sur son « Y’a bon Banania ». Pourquoi pas celle de la femme chienne vantant les collants Dim ?

(...)

Le pouvoir politique, toujours masculin à 90%, refuse le débat pour une nouvelle loi antisexiste.(...) Donc après l’enregistrement sous le numéro 1383 à l’Assemblée Nationale du projet de loi antisexiste, il restait à l’inscrire à l’ordre du jour pour qu’il fût débattu et soumis au vote.

Que croyez-vous qu’il arriva ? François Mitterrand torpilla. En catimini, bien sûr. Il fit savoir qu’aucune urgence n’exigeait que les parlementaires s’attelassent à l’œuvre. Qui décide de l’ordre du jour à l’Assemblée Nationale ? La conférence des Présidents. Majorité absolue : celle du gouvernement et de l’Elysée. Donc, en 1983, François Mitterrand parle à François Mitterrand. Et obtient gain de cause. Le projet ne fut donc jamais discuté à l’Assemblée Nationale."





La femme, la pub et la haine.

Par Olympe le vendredi 31 juillet 2009
Source : http://blog.plafonddeverre.fr/

J'avais lancé, il y a quelques semaines, un appel pour retrouver un article de Simone de Beauvoir paru dans le Monde du 4 mai 1983. Il n'a pas fallu très longtemps pour qu'une lectrice m'envoie ce texte, et je l'en remercie.

Je rappelle que cet article a été écrit suite à une campagne visant à dénoncer un projet de loi anti sexiste présenté par Yvette Roudy. Ce projet calqué sur la loi anti raciste de 1972 qui autorisait notamment les poursuites pour toute atteinte à l'image de la femme et de sa dignité n'a au final jamais été présenté à l'Assemblée nationale. (voir mon précédent billet sur le sujet)

Ce texte a vieilli par certains cotés, mais reste d'une actualité confondante par d'autres et quelques uns de ses paragraphes pourraient être repris tels quels aujourd'hui, 26 ans après . Jugez en.

___

S'il n'était si consternant, le déferlement de misogynie soulevé par la loi anti-sexiste de Mme Yvette Roudy mériterait de déchainer des fous rires. Ces messieurs – et dames – qui reprochent aux féministes de manquer d'humour s'en montrent regrettablement dépourvus. Avec quelle pompe ils font appel à leur sens des responsabilité, à leur conscience professionnelle pour revendiquer le droit d'afficher sur les murs les images qui – à leur idée – rempliront le mieux leurs poches ! Ils n'hésitent pas à invoquer les plus hautes valeurs culturelles : d'après eux la publicité nous abreuverait de beauté, et ce serait manquer de tout sens esthétique que de ne pas assimiler ses créations aux plus célèbres tableaux du Louvre, ses « messages » aux grandes œuvres de la littérature française.

Tant de lourde prétention confond ! Mais avant tout, ils sont inspirés, disent-ils, par le respect de la sacro-sainte liberté : laquelle ? La loi qui permet aux femmes de choisir librement leur maternité serait « une interférence dans la vie personnelle » et donc une atteinte à la liberté. (Il est vrai que il y a cent ans, quand s'ouvrit à Rouen le premier lycée de filles, il se trouva des hommes pour déclarer que c'était là une atteinte à la liberté.)

Liberté ! Que d'imbécilités on profère en ton nom ! On s'en autorise, par exemple, pour comparer Yvette Roudy à un ayatollah ; je ne sache pas qu'elle ait demandé à ses compatriotes de porter le tchador, ni incité à la lapidation des femmes adultères. Et quel rapport entre la reine Victoria et la femme qui a fait voter la gratuité de l'IVG ? Je ne vois rien d'humoristique ni de finement spirituel dans ces gros sarcasmes haineux.

Certains préfèrent des arguments qui leur semblent plus sérieux. La Croix, dont on connait l'effort soutenu en faveur de la libération sexuelle, accuse Yvette Roudy de vouloir interdire l'amour et le plaisir. Mme Giroud – entre autres – lui reproche de brimer « le droit aux fantasmes ». Les gens ne pourraient donc inventer leurs rêves qu'à partir des plates images publicitaires ? Il n'est pas besoin d'être grand psychologue pour savoir que les fantasmes ont de tout autres origines.

Cependant pour répondre à ces attaques, le « clin d'œil ironique », le « coup de coude » complice ne suffisent pas. Car cette petite minorité de profiteurs, enragés comme des chiens à qui on menacerait de retirer leur os, risque de nuire, tant leur campagne est solidement orchestrée : ils sont soutenus par de nombreux journalistes car les journaux – sauf le Canard enchainé qui, justement, n'a guère pris part à cette opération – vivent en grande partie de la publicité. Il faut donc dénoncer plus précisément la mauvaise foi des arguments invoqués.

D'abord, l'amalgame. La loi ne concerne ni les livres, ni les films, ni les tableaux, ni aucune création artistique ; elle ne s'en prend pas non plus aux revues, aux magazines. Seul la pub est visée, car elle seule, au lieu de se proposer à des libertés, s'impose aux regards qui, bon gré, mal gré, la subissent. Personne ne s'indigne qu'on réprime la liberté des exhibitionnistes : certaines exhibitions publicitaires ne sont pas moins choquantes ; il me paraît logique d'en protéger les passants. Cette protection est d'ailleurs fort discrètes : on brandit le mot de censure : mais il ne s'agit rien de tel : la loi accorde seulement aux femmes qui se sentent agressées un pouvoir de contestation, un contre-pouvoir de régulation démocratique. En fin de compte, ce seront les juges qui décideront du bien-fond de leur protestation.

Pourquoi les femmes ? Parce que ce sont elles qui sont en question ; ce sont elles dont la pub, pour vendre ses produits, propose des images avilissantes. Jamais un homme. Sauf autrefois, des Noirs. Mais la loi anti-raciste a rendu impossible les « Banania-y'a bon « de mon enfance. On nous dit que les lois ne peuvent rien, que le racisme est demeuré aussi vivace depuis la loi anti-raciste. Il y a mille raisons pour qu'il n'ait pas désarmé. Du moins, ne s'exprime-t-il plus tout à fait impunément. Certaines affiches ont disparu de nos murs. A la suite de quelques procès, les cafetiers n'osent plus refuser de servir des « bicots » ou des « nègres. Une loi ne change pas du jour au lendemain les mentalités, d'accord. Mais elle contribue à les former. Une sotte demandait dans Le Nouvel Observateur : « Suffit-il de brûler les images pour libérer les femmes ? » Non, bien sûr, ce serait trop simple. Mais il n'est pas inutile d'agir sur les images. Les enfants aussi ont des yeux, les images s'impriment en eux. Éviter qu'elles ne leur inspirent le mépris de la femme serait déjà une victoire.

Il paraît inconcevable à ces messieurs qu'un corps de femme puisse être utilisé comme « support publicitaire » sans qu'on lui inflige une attitude dégradante. Refuser cet avilissement serait interdire toute image de femme et, par extrapolation tout image. Un monde sans images ? C'est l'austérité tyrannique des pays de l'Est ! Le goulag n'est pas loin... Ces insinuations absurdes trouvent des oreilles complaisantes chez les ennemis du régime, car il ne faut pas oublier que cette campagne – et peut-être essentiellement – politique.

Cependant, cet aspect est plus ou moins masqué. Ce qu'on dénonce bruyamment, ce sont les excès auxquels, forte de la loi Roudy, vont se livrer les féministes. Les publicistes répètent à cor et à cri qu'il faut faire confiance aux femmes. Alors ? Alors, les féministes ne sont pas des femmes. On reprend contre elles les arguments les plus éculés. Elles sont « torturées, mal dans leur sexe « , déclare M J-F Fabry, éminent inventeur de la femme ligotée, portant des jeans Buffalo. « Ce sont des intellectuelles qui n'ont pas de contact avec la réalité « diagnostique un autre. Je connais des féministes médecins, avocates, ingénieurs, mères de famille : il ne me semble pas que le directeur d'une agence publicitaire ait, à priori, de meilleurs contacts avec la réalité ; à moins que « réalité » ne signifie pour lui le fric dont il a certainement une expérience plus enrichissante. Quoi qu'il en soit, il faut le répéter, ce ne sont pas les associations qui trancheront, mais des juges. Tout ce que nous espérons c'est que la perspective d'un procès puisse avoir -comme dans le cas du racisme – un effet dissuasif.

Ce qu'il y a de consternant dans toute cette affaire, c'est la vraie raison d'une telle levée de boucliers.

Contraints et forcés, les hommes renoncent à se targuer ouvertement de leur supériorité dans le domaine économique : contre l'égalité des salaires, contre la non discrimination des emplois, ils mènent des luttes plus sournoises. Mais ils demeurent profondément convaincus que la femme est un objet à manipuler, qu'ils sont les maitres de cette manipulation. On ne les changera pas de sitôt. Mais toute démarche qui met obstacle à leur prétention dominatrice devrait être accueillie avec reconnaissance non seulement par les féministes, mais par toutes les femmes, du moins par celles qui refusent de se laisser mener à la baguette, fût elle ornée d'un diamant.

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